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Blé, gaz, médicaments: les besoins vitaux de la Suisse sont-ils assurés?

L'Approvisionnement économique du pays est en première ligne sur les conséquences de la guerre en Ukraine pour la population suisse. Etat des lieux.
16.03.2022, 05:4816.03.2022, 07:25

Il s’en serait sans doute bien passé et les Suisses aussi. L’Approvisionnement économique du pays (AEP) est au centre de toutes les attentions. La raison, on la connaît: la guerre en Ukraine et la fermeture partielle du marché russe suite aux sanctions du Conseil fédéral pour punir Moscou de son agression militaire. Qu’en est-il de notre approvisionnement dans les trois secteurs stratégiques que sont les énergies, l’alimentation et les produits thérapeutiques?

Energies: l’autre nerf de la guerre

  • GAZ La Suisse importe tout le gaz qu’elle consomme. Si elle n’en dépend pas pour la fabrication de son électricité, elle en a besoin pour le chauffage des particuliers et dans le secteur industriel. La moitié du gaz importé en Suisse vient de Russie, via un gazoduc passant par l’Ukraine. Cette source d’approvisionnement est aujourd’hui en sursis: soit que la Russie ferme les vannes, soit que le Conseil fédéral mette le gaz russe sous embargo pour durcir les sanctions.

    Constat préoccupant: la Suisse ne dispose pas de réserves de gaz. Elle possède en revanche une réserve obligatoire de mazout ultra-léger servant de substitut au gaz naturel, indique sur son site l’Office fédéral de l’approvisionnement économique du pays (OFAE). En cas de pénurie, ce stock peut couvrir les besoins pour une période de 4 à 5 mois. Problème, et cela vaut surtout pour l’industrie: les installations dites bicombustibles (les chaudières pouvant brûler du mazout comme du gaz) se font de plus en plus rares.

    Pas de réserves, mais...
    Face aux risques de pénuries, et ce, en vue de l’hiver 2022-2023, le Conseil fédéral a chargé les administrations compétentes de se fournir en gaz de façon à constituer des réserves. Mais où stocker le gaz? Selon René Bautz, directeur général de Gaznat et président du Global Gas Centre, cité par SwissInfo:
«Il va falloir investir davantage dans le stockage. En Suisse, des projets vont être relancés, notamment dans des cavités souterraines en Haut-Valais, dans le massif rocheux du Grimsel. Un projet à 400 millions de francs suisses. Mais il n’y a pas que le gaz. La production électrique dans les principaux pays européens dépend aussi du charbon russe. L’ensemble des énergies provenant de Russie est en cause.»
René Bautz, directeur général de Gaznat et président du Global Gas Centre
  • ELECTRICITE «L’approvisionnement de la Suisse en électricité est à l’heure actuelle assuré pour l’hiver 2021-2022», communique l’OFAE. En février 2022, il a toutefois été décidé de «mettre en place une réserve d’énergie hydraulique pour accroître la sécurité de l’approvisionnement en électricité».
  • PETROLE La Suisse pourrait être tenue de participer au pot commun pour soutenir le marché pétrolier, en conformité avec une décision de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation comptant 29 pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). La Suisse participe à cette action de soutien à hauteur de 1% de ses réserves stratégiques.

Alimentation: huiles sur le feu, jachères maintenues

  • HUILES Rien à signaler ou presque du côté de l’alimentation. Mais cela pourrait changer dans les semaines à venir, notamment dans le secteur des huiles végétales. C’est ce qu’indique à watson un collaborateur de l’OFAE: la Suisse est en train de prendre en considération les inquiétudes allemandes dans ce domaine, qui intéresse l’industrie alimentaire. Mais pour l’heure, l’on se veut rassurant: «L’approvisionnement en denrées alimentaires vitales est actuellement assuré. La production indigène contribue de façon significative à l’autosuffisance», signale l’OFAE.
  • ENGRAIS Des pénuries de gaz pourraient affecter la production d’engrais nécessaire à l’agriculture.
  • PROVISIONS Il est recommandé aux ménages suisses de constituer des provisions, car elles «peuvent toujours être utiles».
  • CEREALES L’approvisionnement en céréales n’est pas impacté pas la guerre en Ukraine. Il y a donc assez de farines pour l’alimentation des personnes et des animaux de ferme. Au besoin, la Suisse en importe de France, du Canada, des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Italie ou encore d’Autriche. Elle n’est ici dépendante ni de l’Ukraine, ni de la Russie. L'obligation de la jachère (le fait de ne pas cultiver des surfaces pour laisser reposer la terre) est pour l'heure maintenue, indique-t-on à l'Office fédéral de l'agriculture.

Produits thérapeutiques: l'iode, c'est tout

  • IODE Il n’y a pas de recommandations dans le domaine thérapeutique en dehors de l’approvisionnement en pilules d’iode pour faire face aux radiations nucléaires (d'origine civile et militaire). Les cantons se chargent de constituer les stocks. Les pharmacie disposent de tels comprimés.

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