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Jean Michel Cina, Verwaltungsratspraesident der SRG spricht an einer Medienkonferenz, am Freitag, 16. April 2021, in Bern. Die Leitung der SRG nimmt Stellung zu Belaestigungsvorwuerfen vom November 2020. (KEYSTONE/Peter Schneider)

Jean-Michel Cina, président du Conseil d’administration de la SSR. Image: KEYSTONE

Interview

«Nous ne pouvons pas faire table rase du passé!»

A la suite de l’annonce des premiers résultats des enquêtes sur les cas de harcèlement à la RTS, le président du Conseil d’administration de la SSR défend ses décisions, dont celle de maintenir Gilles Marchand à la direction générale.

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Six mois après l’enquête du Temps, il y a enfin les premiers résultats des expertises. Avez-vous le sentiment du devoir accompli?
Jean-Michel Cina: Non, le devoir n’est pas accompli, car nous allons désormais intégrer les mesures décidées sur la base des enquêtes que le Conseil d’administration de la SSR a diligentées, notamment celle qui concerne les outils de lutte contre le harcèlement au sein de la SSR. Dans ce cadre, nous avons déjà proposé de créer des postes, qui seront occupées par des personnes de confiance internes à la SSR, et cela pour chaque unité d’entreprise.

En plus, nous prévoyons de créer des postes de médiateur externe dans chaque région vers lequel pourront se tourner les collaborateurs de la SSR. Nous souhaitons encore développer d’autres mesures, en partenariat avec notre partenaire social SSM et les collaborateurs pour améliorer le système. Le Conseil d’administration continue donc à accompagner ce changement de culture que nous souhaitons tous.

Au final, il n’y a pas vraiment de sanction, à part pour Georges qui reçoit un blâme. Cela paraît peu par rapport aux souffrances des employés provoquées par certains agissements de cadres de la RTS. Comment vous l’expliquez?
Sur les trois cas analysés, deux ont été sanctionnés dont un quitte l’entreprise, l’autre a reçu une sanction formelle. Le troisième a été blanchi. Nous continuerons à analyser les témoignages déposés auprès du Collectif de Défense, bien que celui-ci nous ait confirmé qu’il n’y avait pas lieu de mener d’autres enquêtes.

L’enquête du Temps n’était donc qu’un tissu de mensonges?
Ce n’est pas mon rôle d’interpréter le travail du «Temps». Le Conseil d’administration de la SSR et la direction de la RTS se sont basés sur des expertises indépendantes, limitées à un périmètre défini.

Il a quand même été dit qu’il était possible qu’il y ait un dépôt de plainte contre «Le Temps»…
C’est une question que la direction de la RTS va analyser. Par ailleurs, Darius Rochebin a déjà déposé plainte contre «Le Temps».

Concernant Gilles Marchand, le rapport évoque des fautes, certes secondaires. Quelles sont-elles?
L’évaluation des experts relève d’une «responsabilité secondaire de supervision» qui, dans un cas, qui n’a pas été suffisamment exercée. Toutefois, cela n’est pas considéré comme une erreur grave dans l’évaluation. Sur cette base, le Conseil d’administration a réitéré sa confiance envers Gilles Marchand et estime, en collaboration avec le comité de direction de la SSR, qu’il est la bonne personne pour mettre en œuvre avec succès les changements requis dans la culture d'entreprise de la SSR.

Mais quand même: le poste occupé par Gilles Marchand est très important. N’a-t-il pas un devoir d’exemplarité?
Oui, mais son erreur de jugement n’est pas considérée comme grave par les experts. Par ailleurs, nous n’avons pas d’élément permettant de douter de l’intégrité de Gilles Marchand. Aussi, sur la base des expériences et des engagements déjà pris par Gilles Marchand – je pense notamment aux questions de diversité de genre et d’équité salariale ou de la part des femmes parmi les cadres (30% au sein de la SSR) – nous considérons qu’il pourra travailler avec les différentes directions du groupe pour mettre en œuvre ce changement de culture. Enfin, l’engagement de Gilles Marchand pour le service public démontre qu’il est l’homme de la situation pour affronter les défis futurs de la SSR.

Comment pouvez-vous justifier cela alors que Gilles Marchand était au courant des agissements de certains employés comme Robert, à l’époque où il dirigeait la RTS?
Encore une fois, nous nous sommes basés sur le rapport d’expertise pour évaluer la situation du directeur général. Nous nous basons uniquement là-dessus et non pas sur des jugements de valeur.

«Maintenant, c’est le travail des chefs des unités d’entreprise de mettre en œuvre les mesures pour aller de l’avant avec le changement de culture d’entreprise voulu par le Conseil d’administration. Nous ne pouvons pas faire table rase du passé»

Par rapport aux employés: dans l’émission «Mise au Point», Gilles Marchand a dit qu’il n’était pas au courant de certains agissements alors que c’était pourtant le cas. Il a donc menti à ses employés. Dès lors, comment la confiance peut être rétablie?
Le directeur de la RTS de l’époque (réd: Gilles Marchand) était informé des accusations contre ce collaborateur puisqu’il a accepté de lancer une enquête externe à son sujet. Ce que Gilles Marchand a dit ne pas connaître en 2014, c’étaient les agissements de ce collaborateur dans la période 2008-2010. C’était une erreur de pas avoir étendu l’enquête entre 2008 et 2014. Gilles Marchand l’a reconnu et s’en est excusé. Une mauvaise décision n’est pas un mensonge.

C’est pourtant comme cela que certains le ressentent…
Nous nous basons sur les résultats des enquêtes. Nous prenons des décisions sur des enquêtes menées de manière indépendante, professionnelle et rigoureuse et non sur des jugements de valeur.

Après six mois de crise, quels sont les dégâts sur la crédibilité de la SSR et des différentes sociétés du groupe? Nous avons ce devoir d’être exemplaires. Aujourd’hui, il y a des éléments que nous devons et voulons changer. Nous allons désormais investir dans les mesures concrètes afin de changer la culture d’entreprise. Le Conseil d’administration contrôlera et suivra ces changements de près.

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