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Analyse

Pourquoi il faut s'inquiéter de la hausse du prix de l'énergie

Image: Keystone
Alors que l'hiver approche, les prix du gaz, du pétrole et du charbon explosent partout dans le monde. La situation pourrait bientôt devenir critique.
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10.10.2021, 11:4510.10.2021, 17:18
Philipp Löpfe
Philipp Löpfe
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Qu'il s'agisse de pétrole, de gaz ou de charbon, les prix ne connaissent actuellement qu'une seule direction: la hausse. Et lorsque les prix de l'énergie explosent, les conséquences sont considérables.

  • La partie la plus pauvre de la population doit choisir entre manger ou geler.
  • Les nobles objectifs de lutte contre le réchauffement climatique sont remis en question.
  • Les régimes autoritaires comme la Russie ou l'Iran gagnent du terrain.

L'hiver qui vient sera-t-il orageux? «Oui», assure Thomas Friedman, «ça va péter». D'accord, le chroniqueur du New York Times est parfois enclin à l'exagération. Mais cette fois, il a de bonnes raisons d'avoir peur.

Pénurie de pétrole et gaz

La hausse des prix de l'énergie a en fait une cause positive. L'économie mondiale se remet de la crise du Covid-19 beaucoup plus rapidement que prévu. Cependant, l'industrie de l'énergie n'est pas en mesure de satisfaire la demande qui augmente rapidement.

Dans le monde entier, il y a donc une pénurie de pétrole et de gaz. Même le charbon est à nouveau en demande. Les conséquences de cette situation sont évidentes, explique Thomas Friedman:

«Si tous les pays sont touchés en même temps, les prix s'affolent. Ou les lumières s'éteignent»

C'est déjà le cas en Chine. Les usines ont dû être fermées pendant plusieurs jours en raison du manque d'électricité. En Europe, la situation devient également critique. Les gouvernements d'Espagne, d'Italie, de France et de Grèce ont déjà décidé de subventions pour les ménages. L'objectif est d'éviter une répétition des manifestations des gilets jaunes qui ont secoué la France à la fin de l'automne 2018.

«Cet hiver mettra le Royaume-Uni à genoux»

Le Royaume-Uni a été particulièrement touché. Selon un bulletin financier de Blain's Morning Porridge, les conséquences pourront être désastreuses:

«Les gens vont mourir de froid cet hiver. La hausse des prix de l'énergie affectera de manière disproportionnée les plus pauvres. Cet hiver mettra le Royaume-Uni à genoux. Nous allons mendier de l'énergie partout où nous le pouvons. L'Europe sera également en grande difficulté. Les cheiks du pétrole du Moyen-Orient exigeront tout ce qu'ils peuvent obtenir, et leur capacité est limitée. Vladimir Poutine se frottera les mains. Il s'en prendra à tous les chefs d'Etat européens un par un, leur demandant d'une voix menaçante pourquoi il devrait ouvrir le robinet du gaz pour leur pays en particulier. Ne vous méprenez pas, cet hiver sera choquant. Habillez-vous chaudement»

Les Britanniques sont particulièrement dépendants du gaz naturel, dont le prix a grimpé en flèche et est actuellement à peu près équivalent à celui du pétrole. La capacité de stockage étant limitée au Royaume-Uni, le gaz doit être acheté à des prix exorbitants.

Le gouvernement a aggravé la situation. Environ 1,3 million de travailleurs étrangers ont été renvoyés chez eux en raison du Brexit. Il y a maintenant une pénurie de chauffeurs routiers et d'ouvriers agricoles. De longues files d'attente se forment devant les stations-service, les rayons des magasins sont vides et, dans les campagnes, les porcs et les dindes doivent être abattus d'urgence en raison du manque de personnel.

Fonte du permafrost

L'explosion des prix de l'énergie se fait également sentir sur les marchés financiers. Les taux d'intérêt des obligations d'Etat augmentent, car la crainte de l'inflation est alimentée. Certains économistes craignent déjà une nouvelle stagflation. Les deux chocs pétroliers des années 1970 ont entraîné ce phénomène – stagnation plus inflation – et déclenché une grave crise économique dans les pays industrialisés.

La 26e conférence sur le climat débute à Glasgow début novembre. Les discussions sur les centrales nucléaires vont reprendre. Les promesses de décarbonisation de l'économie vont être remises en question. Le président Poutine se réjouit déjà de constater que la situation difficile de l'Europe est le résultat d'une expansion accrue des énergies renouvelables.

Mais le président russe est aussi aux prises avec les conséquences du réchauffement climatique. En Sibérie, le permafrost fond et menace les infrastructures de l'industrie pétrolière et gazière russe. Le Wall Street Journal décrit la situation comme suit:

«Les entrepreneurs et les scientifiques russes estiment que la fonte du permafrost pourrait affecter plus d'un cinquième des infrastructures de la Russie. Plus de 68 milliards de dollars pourraient donc être perdus d'ici 2050. Le gouvernement souligne également qu'environ 40% de tous les bâtiments et infrastructures situés dans cette zone sont déjà endommagés»

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