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Les jeunes face au Covid: une génération sacrifiée? «Non, ce serait exagéré»

Le Président de la Confédération Guy Parmelin répond aux jeunes suisses.

Image: watson

Le président de la Confédération Guy Parmelin a reçu «watson» à Berne pour répondre aux préoccupations des jeunes touchés de plein fouet par la pandémie: souffrances psychologiques, vaccins, études, marché du travail. Interview!



C’est une année toute particulière: vous êtes président de la Confédération, la crise du Covid continue, d’importantes votations sont prévues le 13 juin. Comment allez-vous?
La pression est de tous les instants. Nous avons eu tellement de surprises, souvent négatives, avec ce virus. Trouver l’équilibre entre les aspects sociaux, économiques et sanitaires est une discussion permanente. En tant que Président, je dois faire en sorte que le Conseil fédéral puisse travailler le plus efficacement possible. J’ai du plaisir, mais c’est un certain stress.

Depuis le début de la pandémie, une partie de la jeunesse se sent oubliée, laissée pour compte. Les dépressions et les suicides ont augmenté. Prenez-vous la mesure de ce désespoir?
Je pense que oui. Cette génération me tient à cœur, tout comme elle tient à cœur au Conseil fédéral. Je n’ai moi-même pas d’enfants, mais j’ai des neveux et nièces et je vois les difficultés qu’ils ont. J’ai aussi été étonnamment surpris par la façon dont les jeunes ont empoigné le problème: Beaucoup d’entre eux ont compris que la priorité était mise sur les personnes à risque et ont pris leurs précautions.

Mais qu’avez-vous fait pour eux?
Au Conseil fédéral, nous avons toujours essayé de leur redonner le plus vite possible de la marge de manœuvre dans l’espace public tout en devant éviter la surcharge du système hospitalier. Avec nos dernières décisions d’assouplissement, nous essayons d’aller encore plus dans leur direction.

«Nous sommes un des pays qui a fermé le moins longtemps les écoles et nous aimerions ne pas prolonger l’enseignement à distance qui pose des problèmes»

Le retour du présentiel dans les universités ou la réouverture des terrasses contre l’avis de certains experts, c’était un «petit sucre» pour la jeunesse?
Le Conseil fédéral fait toujours cette pesée d’intérêts et certains experts l’ont très bien compris. Le gouvernement est responsable. Il peut se tromper et doit en assumer les conséquences s’il a rouvert trop vite ou trop tard. Les aspects économiques et psychologiques ne concernent pas que la jeune génération. Par exemple, des propriétaires de fitness, de restaurants et d’entreprises sont pris à la gorge et ont aussi des problèmes difficiles à gérer.

Vous êtes ministre de l’Economie. Que faites-vous pour les jeunes qui désespèrent de ne pas trouver de travail ou d’apprentissage?
Nous faisons beaucoup! Dès le début de la pandémie, j’ai mis sur pied une task force «Apprentissage». Nous avons essayé de faire en sorte que les contrats en cours puissent se terminer et que les nouveaux contrats puissent être signés. Nous avons eu de beaux succès.

Et aujourd’hui?
Nous sommes dans une phase plus difficile. Nous devons renouveler certains contrats, des entreprises vont peut-être faire faillite, il faudra replacer les jeunes et leur donner une perspective. Raison pour laquelle j’ai prolongé le mandat de cette task force.

«Je crois pouvoir dire qu’entre la Confédération, les cantons et les partenaires sociaux, nous avons tout fait pour que les jeunes ne soient pas laissés sur le côté du chemin»

Une exception pour les réductions d'horaire de travail (RHT) a aussi été autorisée.
Oui, nous avons fait en sorte que les maîtres d’apprentissage et les jeunes puissent en bénéficier. Il fallait que celui qui termine sa formation dans une entreprise puisse y rester l’année suivante et ne se retrouve pas à la rue. D’ordinaire, une entreprise qui bénéficie de RHT n’a pas le droit à ces engagements.

Quid des secteurs particulièrement touchés, comme l’hôtellerie et la restauration?
Ce sont en effet des secteurs très pénalisés. Il ne faudrait pas que certains jeunes qui envisageaient d’y entrer renoncent. Ces milieux cherchent à engager. Faute d’intéressés, ils devront se tourner vers des personnes étrangères et ce serait regrettable. Nous pouvons former les gens au pays.

On entend aussi des patrons dire qu’ils ne veulent pas engager des diplômés de 2020-2021, avec des papiers «au rabais»…
C’est faux! Les diplômes ne sont pas au rabais.

«Nous avons tout fait pour que les papiers universitaires, et les autres, aient la même valeur et soient reconnus sur le marché du travail»

L’employeur qui prend ce prétexte fait un mauvais procès et une erreur fondamentale. En comparaison internationale, je pense même que nos diplômes suisses ont, encore aujourd’hui, plus de valeur.

Peut-on parler d’une génération sacrifiée?
Non, ce serait exagéré. C’est une génération marquée par l’expérience Covid. Il est clair qu’un jeune, en plein apprentissage en 2020-2021 et qui connaît des a-coups dans sa formation, voit son entreprise fermer puis rouvrir et sa vie privée chamboulée, sera plus particulièrement marqué. Ceci même si toute la population a été marquée par l’expérience Covid. Désormais, nous devons retrouver le plus vite possible une situation normale, notamment grâce aux vaccins.

Justement, côté vaccins. Dans certains cantons, on ne sait pas encore quand les jeunes pourront y passer. Que dites-vous à ceux qui craignent de finir en bout de ligne?
Je leur dis que la stratégie du Conseil fédéral est claire: la priorité va aux personnes âgées et à risque, ceci afin d’éviter la surcharge du système de santé. Nous n’avons jamais dit que nous allions par âges décroissants à tout prix. Les cantons sont responsables d’organiser la vaccination. Dans ceux qui ont décidé de l’ouvrir dès 16 ou 18 ans, c’est un signal: les responsables pensent à la jeunesse. Mais comme elle est moins à risque, elle doit prendre peut-être plus de précautions et subir plus de restrictions pendant un certain temps encore.

Mais est-ce juste de raisonner comme cela?
Je ne sais pas si c’est juste ou pas. Dans le cas de la vaccination, c’est mathématique: il y a toujours un premier et un dernier.

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