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Le PS trop à gauche pour Mario Fehr? Le conseiller d'Etat démissionne

Le conseiller d'Etat zurichois a annoncé vendredi 18 juin qu'il quittait le PS avec effet immédiat. Il justifie cette décision par d'importantes tensions entre lui et la direction du parti.



Après dix années au gouvernement zurichois, Mario Fehr rompt avec le PS. La poursuite d'une collaboration avec ce parti ne lui semble plus possible, a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse vendredi à Zurich.

«Les tensions avec la direction de plus en plus idéologique et toujours plus à gauche du PS de la ville et du canton ont rendu cette coopération de plus en plus difficile pour moi, voire impossible»

Mario Fehr, conseiller d'Etat zurichois

Mais qu'est-il reproché à Mario Fehr?

Mario Fehr est critiqué depuis des années par l'aile gauche du PS et la Jeunesse socialiste en raison de sa fermeté en matière de sécurité et de ses positions dans le domaine de l'asile. Ses adversaires l'accusent de ne pas représenter adéquatement les valeurs du PS et de la gauche avec des positions jugées trop bourgeoises.

Insultes, plaintes et poursuites pénales

Mario Fehr déplore «l'intolérance croissante» au sein du parti. Il affirme que cette intolérance s'est manifestée sous la forme d'insultes, de plaintes et de poursuites pénales de la part de la Jeunesse socialiste. Laquelle a déposé plainte contre Mario Fehr en juillet 2015, suite à l'achat d'un programme informatique de surveillance. Ce programme était destiné à la police cantonale pour lutter contre le gros trafic de drogue et le blanchiment d'argent.

Le Ministère public a conclu que Mario Fehr n'a pas donné suite à la plainte, estimant qu'il n'y a pas eu d'abus et de récoltes illégales de données, comme l'affirmait la Jeunesse socialiste. Se basant sur les conclusions du Ministère public, le bureau du parlement a refusé, en novembre de la même année, de lever l'immunité du conseiller d'Etat.

Le PS avait désapprouvé la démarche de la Jeunesse socialiste, espérant ainsi que ses relations avec Mario Fehr puissent se normaliser. Mais le conseiller d'Etat a estimé que ce n'était pas suffisant. Il quitte donc le PS après 39 ans. Il assure ne pas avoir l'intention de rejoindre un autre parti politique. Il décidera dans un an au plus tôt s'il briguera un nouveau mandat lors des élections cantonales de 2023, a-t-il précisé.

(ats/mndl)

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