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Commentaire

Mariage pour tous: une victoire au goût de retard enfin comblé

Si plus de 60% des citoyens ont plébiscité le mariage pour tous ce dimanche, cette votation rappelle aussi le retard qu'avait pris notre pays face à la plupart de nos voisins européens. Et si la Suisse en profitait pour qu'à l'avenir, elle ne se prenne plus les pieds dans l'évolution naturelle de la société?
27.09.2021, 09:08
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Cette fois c’est clair, net. Les Suisses considèrent qu’une alliance a le loisir de se glisser sur toute phalange désireuse de s’unir pour le meilleur et pour le pire. Quand plus de 60% des citoyens plébiscitent le mariage pour tous, c’est évidemment à considérer comme une écrasante victoire. D’autant que tous les cantons se sont joints à la fête – catholiques y compris – et que le don de sperme, violemment pointé du doigt par les opposants, n’a pas suffisamment effrayé le peuple pour faire capoter le vote. Mais, est-ce vraiment une fête?

Un gros «ouf!»

Soyons francs: jusqu’ici, la Suisse faisait passablement tache sur la carte européenne. Depuis les Pays-Bas il y a pile vingt (longues) années, quinze pays d’Europe occidentale ont franchi le pas avant nous, dont la France en 2013. Certes, les débats ont souvent été autrement plus âpres chez la plupart de nos voisins et la Suisse a su rajouter la PMA au package. Mais notre pays a rejoint dimanche un cortège aux couleurs d'une évolution naturelle de la société qu’elle ne mène pas: nous serons éternellement le 16e pays européen à avoir accepté le mariage pour tous. En comparaison mondiale, nous avons ouvert les yeux après le Brésil (2013), l’Uruguay (2013), la Colombie (2016) ou encore le Costa Rica (2020). Oui, ce résultat est une bonne nouvelle, mais c’est d’abord une victoire qui a le goût d’un retard enfin comblé. Un gros «ouf» de soulagement.

Notre pays célèbre, aujourd’hui, la fin des discriminations juridiques dans l’union entre un être humain et un autre être humain. Il prouve aussi que la Suisse porte un regard naturellement plus normalisé sur l'homosexualité. Mais, entre la large tolérance qui se dégage des urnes et l’acceptation d’une nouvelle idée des sexualités au quotidien, il y a encore du boulot.

Il faut avouer que le retard de la Suisse se lisait depuis plusieurs années dans les priorités plus actuelles de la communauté LGBTQIA+. Un seul exemple parmi d’autres? La transidentité. Et si l’homophobie est aujourd’hui punie par la loi, la transphobie ne l’est, par exemple, pas encore.

On le sait, la loi évoluera toujours plus lentement que la société. Mais il s’agira peut-être pour la Suisse, considérée comme si libérale dans les questions de société, de ne pas s’embourber dans de nouveaux retards, surtout s'ils sont de principe, après avoir enfin comblé celui du mariage. Une étape d'ailleurs déjà ringarde dans l’idée que l’être humain se fait de l’amour et du couple. Quel qu'il soit.

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