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Genève, «ce petit bout de terre qui rayonne dans le monde»

Ce sommet Poutine-Biden, c’est du pain béni pour l’image de Genève. On parle du bout du lac autrement que par l’«affaire Maudet» ou les rigolotes «Genferei». Et pas qu’en Suisse: dans le monde entier! Interview avec le président du Conseil d'Etat.



Il a eu la chance d’être présent sur le tarmac, quand le président américain Joe Biden a posé les pieds sur «son» sol. C'est même celui qui a parlé le plus longtemps avec l'Américain. Le président du Conseil d’Etat genevois est bien entendu ravi de voir son canton à la Une de tous les médias occidentaux.

watson a réussi à l’attraper alors que Vladimir Poutine et Joe Biden discutaient derrière les murs de la villa La Grange. Interview!

Serge Dal Busco, êtes-vous un homme fier aujourd’hui?
Nous sommes honorés que les deux délégations aient choisi la Suisse, et Genève, pour se rencontrer. Cela dit, pour l’heure, nous restons concentrés sur la réussite opérationnelle du sommet et le serons jusqu'au dernier moment. En ce moment même des milliers de collaborateurs de la Confédération, du canton et de la ville travaillent encore d’arrache-pied pour que la Suisse et Genève soient à la hauteur de leur réputation. Nous pouvons compter sur leur diligence et leur expérience. Il faut les remercier de contribuer à faire rayonner ce petit bout de terre si particulier partout dans le monde.

Le souffle va vite retomber une fois les deux présidents seront partis. Comment capitaliser sur cet événement exceptionnel?
Nous avons démontré une fois de plus notre réactivité, notre capacité à nous organiser et à nous coordonner à tous les niveaux. C’est une excellente chose pour la Genève internationale. N’oublions pas qu’en temps normal, ce sont plus de 4 000 personnalités (chefs d’Etat, chefs de gouvernement, ministres, etc.) qui viennent à Genève chaque année.

Est-ce qu’on parlera de Genève pendant des décennies, comme c’est le cas pour le sommet de 1985?
L’avenir nous le dira. Nous sommes déjà heureux de ce qui se passe aujourd’hui.

«Ce sommet est un formidable coup de projecteur sur Genève, sa région, et une reprise d’activité bienvenue pour des hôtels genevois qui ont été sérieusement affectés par la pandémie»

C’est une aubaine car l'activité conférencière à Genève est permanente et génère d’importantes retombées économiques.

On ne se souvient pas du président du Conseil d’Etat de l’époque. Est-ce qu’on se souviendra de vous grâce à ce moment historique?
Je n’ai pas de telles prétentions. Le Conseil d’Etat oeuvre au quotidien pour les habitants du canton. C’est un jour particulier pour Genève et c’est cela dont il faudra se rappeler.

Ce moment coute cher. Ça vaut la peine? C’est mieux qu’une campagne de promotion touristique?
Il est trop top pour estimer les coûts, qui pourront d’ailleurs encore varier jusqu'au tout dernier moment, en fonction des demandes des délégations. Ces coûts seront pris en charge par la Confédération, le canton et la ville. Mais n’oublions pas qu’un tel sommet illustre une des raisons d’être de la Genève internationale, qui est de faciliter le dialogue entre les Etats qui composent la communauté internationale.

«ll s'agit d'offrir une plateforme pour répondre à des problématiques qui dépassent la compétence d’un seul pays. Il est indispensable que la Genève internationale demeure attractive»

Le nombre d’entités qui la composent – quelque 600 – et le nombre de personnes qui travaillent pour elle – plus de 30 000 – n’ont d’ailleurs jamais été aussi importants. Aucun autre lieu au monde ne concentre autant d’acteurs globaux.

Vous avez rencontré Joe Biden. Mais avez-vous rencontré Vladimir Poutine. Si oui, c’était comment? Si non, êtes-vous frustré?
S'agissant de Vladimir Poutine, la demande était différente de celle de Joe Biden Biden et il n'y a pas eu d'accueil protocolaire à proprement parler. Nous respectons entièrement ce choix. Il faut rappeler ici un point important: il ne s’agit pas d’une visite des chefs d’Etat américain et russe à la Suisse mais d’un sommet entre eux qui se tient sur un sol neutre la Suisse. La différence paraît peut-être subtile mais en matière de protocole, elle est énorme.

Le sommet Biden-Poutine à Genève

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Le sommet Biden-Poutine à Genève
source: sda / saul loeb
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