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Réveil musculaire

Ceux qui n'ont rien vu et ceux qui n'ont rien dit

Vous avez bien dormi? Remettez votre esprit en alerte avec des infos de la nuit à parcourir et quelques questions à soulever.
24.03.2021, 06:4625.03.2021, 15:12

Voir venir 🧐 ou pas 😳

Dans le jargon, on a coutume de dire que les secondes défilent au tableau d'affichage. Mardi soir, certains ne les ont pas vues venir (quand vient la nuit, les secondes, comme des lâches, rampent sans bruit).

Accrochez-vous car tout va très vite dans le football hockey:

  • A Olten (SO), il restait 67 secondes au tableau d'affichage lorsque Sierre (VS) a égalisé (5-5). Puis les secondes ont défilé tambour battant jusqu'à la 89e minute, plus exactement jusqu'à l'heure fatidique de 23h22 (source Le Matin), quand les Soleurois ont sifflé la fin de la récré (5-6). Sierre est éliminé des playoffs.
  • Aux Vernets (GE), Lausanne a mis très exactement 47 secondes à renverser le score (deux buts à la 40e minute) et ruiner les efforts généreux de Genève-Servette (2-3).
  • A Fribourg, Gottéron n'a pas vu le temps passer, ni les secondes défiler (2-5 après 40 minutes) et s'en est inquiété beaucoup trop tard (défaite 5-7 contre Zoug).
  • Ajoie, lui, n'a pas douté une seule seconde: les Jurassiens ont terrassé/crucifié/écrasé Viège 4-0 en quart de finale des playoffs.

Aveuglément, ou presque 😍

L'ordre mondial n'en sera pas tourneboulé mais ceux qui se revendiquent d'un football «couillu», fait de gueulantes puissantes et de mauvaise foi repoussante, seront probablement émus d'apprendre le licenciement cette nuit de Pascal Dupraz, au fond des goals (14e) avec le Stade Malherbe de Caen.

«Pays de merde»

Barbe piquante et verbe las (et réciproquement), Dupraz n'a pas son pareil pour paraître pauvre, provincial et besogneux. Mais les postures victimaires finissent par blaser ceux qui se voient grands et forts, et Caen a tout de même attendu trois mois, une seule victoire depuis décembre, pour ouvrir les yeux.

Le transfert tant subodoré de Pascal Dupraz au FC Sion pourra-t-il enfin se faire?

Qui n'a pas vu verra 🤪 💃

Un baiser sur la bouche en direct et une jupe soulevée avec un air fripon - pour qui l'ignorerait encore. A J+2, tout ce que la France compte de geeks progressistes, de confinés et de cons finis, se houspille encore pour savoir si Pierre Ménès est un gros lourd (discrimination) ou une varlope (langage épicène), s’il a un humour de vieux (59 ans) ou de primate, un pois chiche à la place du cerveau (vegan) ou une braguette à la place des yeux.

C’est un débat de notre temps, forcément bienpensant ou malveillant, résolument manichéen, où il n’y a pas d’entre-deux possible, seulement des avis sans discussion, un jugement définitif dernier. Mais avant de savoir si Pierre Ménès est une ordure ou ses victimes des mijaurées, avant de conclure à un suicide médiatique, demandons-nous pourquoi la réprobation a mis cinq ans à se manifester. Pourquoi l'indignation populaire, ministérielle et confraternelle qui, aujourd'hui, roule des yeux effarés devant ce baiser hideux n'a pas vu le problème en 2016 (1,04 million de téléspectateurs tout de même, sans compter les réseaux sociaux)?

A moins que ce ne soit pas de Ménès ni de ses victimes dont nous parlions, mais de nous-même, pure projection, toutes les fois où n'avons rien osé dire (lourde responsabilité) ou trop osé faire (mœurs légères). Non?

La pensée de circonstance:

«L'amour est borgne, la haine est aveugle»

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