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Comment un ado a vendu 4 millions d'euros de drogue depuis sa chambre

Le business de la drogue permettant au jeune Maximilian Schmidt de réaliser jusqu'à 100 000 euros de chiffre d'affaires par jour.
Le business de la drogue permettant au jeune Maximilian Schmidt de réaliser jusqu'à 100 000 euros de chiffre d'affaires par jour.
Image: netflix
Maximilian Schmidt a trafiqué de la drogue pour 4,1 millions d'euros depuis sa chambre jusqu'à son arrestation, en 2015. Dans un nouveau documentaire, Netflix décrit son ascension et sa chute, en le présentant comme une sorte de héro.
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15.08.2021, 18:16
Chantal Stäubli
Chantal Stäubli
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Il recevait de l'argent de poche et tenait un commerce de drogue en ligne dans sa chambre. Un business qui lui permettait de réaliser jusqu'à 100 000 euros de chiffre d'affaires par jour. Maximilian Schmidt, alors âgé de 19 ans, empaquetait des drogues comme de la coke ou de la MDMA dans sa chambre et se chargeait lui-même de la livraison. Pendant plus d'un an, il a vécu en commettant un crime après l'autre, jour après jour.

Si c'était un épisode d'une série télé, on l'aurait certainement considéré comme inventé de toute pièce. Comment la drogue est-elle arrivée dans sa chambre? Ses parents n'ont rien remarqué? Et surtout, comment est-il tombé par hasard sur un tel commerce en ligne? Dans un nouveau documentaire Netflix, le trafiquant lui-même raconte comment il a pu vendre de la drogue à grande échelle. Un court résumé de cette histoire inimaginable.

Comment tout a commencé

Maximilian se considère comme une personne calme, qui aime passer du temps devant son ordinateur. Il socialisait principalement en ligne. En 2013, il a discuté avec un inconnu sur un forum de Silk Road - une boutique en ligne qui propose toutes sortes de drogues.

Le passionné d'informatique, qui a appris à pirater des mots de passe à l'âge de 14 ans afin d'installer des chevaux de Troie pour le plaisir, ne s'intéressait pas du tout à la drogue. Il a plutôt été attiré par l'idée de créer lui-même une telle boutique en ligne. Surtout quand il a réalisé combien d'argent on pouvait gagner avec.

Il a parlé à plusieurs personnes sur Internet et a suivi leurs conseils pour développer sa propre boutique en ligne. Au début, il ne voulait pas s’impliquer dans la vente de drogues. Cependant, il n'a trouvé personne qui veuille gérer le site. Il a donc dû s'occuper lui-même du commerce. À cette époque, Max ne connaissait même pas de trafiquant.

Mais là aussi, le World Wide Web s'est avéré utile pour lui. Il a pris contact avec un trafiquant et a commandé de la cocaïne et de la MDMA pour 1700 euros. Moyen de paiement: Bitcoin.

Quand la livraison est arrivée, il a tripatouillé la drogue. «Tu ne trouves pas d'instructions sur Internet sur la façon de faire de la MDMA en petite quantité ou de portionner la cocaïne», déclare Max dans le documentaire Netflix. Son fournisseur lui a ensuite progressivement tout appris par SMS. En repensant à cette période, Max affirme:

«Au début, je faisais ça comme un débutant»

Comment sa «boutique en ligne» fonctionnait

De la cocaïne à la méthamphétamine en passant par l'ecstasy: Max vendait toutes sortes de drogues ainsi que des médicaments sur ordonnance sur sa plateforme en ligne «Shiny Flakes», qui pouvait être trouvée par une simple recherche sur Google. Il s'est abstenu de vendre de l'héroïne. Il n'en avait entendu que du mal.

Il s'est procuré les drogues et les médicaments auprès de quelques connaissances sur Internet. Il était chargé de les expédier lui-même. Il emballait les marchandises dans de petits sacs, qu'il mettait dans des enveloppes et qu'il apportait dans différentes boîtes aux lettres pour les envoyer. «Les facteurs étaient mes livreurs/coursiers, pour ainsi dire», raille Max devant la caméra.

Dès le premier mois, Max a fait fortune avec une dizaine de commandes par jour. Son chiffre d'affaires: 15 000 euros. Dès lors, la demande a augmenté rapidement. Au bout de neuf mois, le tout nouveau trafiquant traitait déjà 50 commandes par jour. Même de Chine et d'Indonésie.

«Il y a eu une commande de Colombie. Ça m’a surpris. Ils ont certainement assez de drogues là-bas»

Sa boutique en ligne était clairement différente de toutes les autres. Avec Max, vous pouviez évaluer «la marchandise». Comme sur Amazon. On pouvait y lire des commentaires tels que «bon produit», ou «livraison rapide».

Après presque six mois, Max s'est progressivement retrouvé dépassé par les événements. Il ne dormait que trois heures par jour pour suivre ses livraisons. La demande de commandes a triplé. Il n'a cherché aucun soutien et empochait lui-même les 100 000 euros de chiffre d'affaires par jour via un portefeuille Bitcoin.

Comment il s’est fait pincer

Max ne pouvait cependant pas travailler entièrement seul; il dépendait de quelques fournisseurs. L'un d'eux a été arrêté en 2014 après avoir été observé par la police pendant une longue période. En raison de nombreuses commandes suspectes, les enquêteurs sont aussi tombés sur Max.

Après 14 mois dans le commerce de la drogue, c'était fini pour lui. La police a fait irruption dans sa chambre et a saisi plus de 100 kilogrammes de drogue. C'était l'une des plus grandes découvertes de drogue jamais faites en Allemagne. À ce moment-là, il avait déjà vendu plus d'une tonne de drogue en ligne.

Max a été condamné à une peine initiale de sept ans de détention pour mineurs, alors qu'il avait déjà 21 ans à l'époque. L'un de ses examinateurs a expliqué: «S'il y a un doute sur la maturité morale, le Code pénal pour adultes n'est pas appliqué». En raison de son bon comportement, il a été libéré en 2019 après 4 ans et 7 mois.

Des questions restent ouvertes

Mais l'affaire soulève encore plusieurs questions. Comment a-t-il pu cacher la drogue à sa mère pendant si longtemps? Et où est l'argent? D'après ses propres déclarations, le commerce de la drogue ne lui a pas rapporté un centime. La police n'a pas réussi à saisir tous ses portefeuilles de bitcoins.

Et que fait-il maintenant?

Après sa libération, Max a travaillé dans un «garage automobile», selon ses propres déclarations. Il n'a pas voulu donner de détails plus précis sur son travail.

Depuis août 2020, une nouvelle enquête est en cours contre lui. Il aurait à nouveau fait marcher une boutique en ligne qui vendait des drogues illégalement. Le site web aurait fortement ressemblé à celui de «Shiny Flakes». Les enquêtes du ministère public ne sont pas encore terminées.

Article traduit de l'allemand par Anne Castella

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Euro 2021: La victoire de l'Italie, en images
source: sda / walter bieri
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