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Image: Shutterstock

5 clés pour réussir sa traversée du Léman à la nage

Parti du château de Chillon, un Morgien a rejoint Genève ce samedi. Traverser le lac dans sa longueur est le nouveau défi des meilleurs nageurs romands, mais il n'est pas sans risques. Petit guide pratique.

Julien Caloz
Julien Caloz



C'est une odyssée, une quête intérieure, l'un des plus beaux exploits dont peut rêver un nageur romand: traverser le Lac Léman dans le sens de la longueur, entre l'embouchure du Rhône et le centre-ville de Genève, puis en sortir affamé, épuisé, gelé, groggy. Heureux.

C'est tout cela que Noam Yaron a ressenti samedi matin après avoir pulvérisé le record jusque-là détenu par celui qui est désormais son dauphin (espagnol) au classement.

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Le Morgien au départ vendredi. Il a mis très exactement 19 heures et 53 minutes pour boucher les 75 km séparant la plage du château de Chillon (VD) des bains des Pâquis (GE).

Sa réussite donnera peut-être des idées aux nageurs qui en ont marre de se cogner le bonnet au bout des lignes de piscine. Pourquoi ne pas oser l'expérience? Après tout, aucun de ceux qui l'ont tentée n'étaient des professionnels. Ils ont simplement respecté un plan de bataille, une sorte de guide pratique dont nous vous livrons les principales étapes.

S'entraîner

Et ne pas compter ses heures, même quand on est un excellent nageur. Noam Yaron a été champion de Suisse du 3000 m en eau libre; il lui a fallu pourtant 8 mois d'entraînement intensif pour atteindre la condition physique nécessaire à son aventure, qu'il compare à un marathon de 300 km en course à pied.

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Noam en novembre 2020 à Préverenges. Image: Instagram

Flavie Capozzi s'était également astreinte à une discipline militaire pour rallier Genève après 31h19 d'effort il y a deux ans. Certains jours, elle nageait jusqu'à 25 km, enchaînant deux semaines de préparation intensive et une autre plus calme.

Bien s'entourer

Par mesure de sécurité, chaque nageur d'endurance doit être accompagné par une petite équipe de suiveurs. Noam Yaron était ainsi précédé de deux bateaux: un catamaran et une petite embarcation avec, à son bord, une coach sportive et santé ainsi qu'un nutritionniste.

«Des pauses sont prévues toutes les 75 minutes afin de suivre son état de santé et de lui permettre de manger»

Véronique Lugrin, coach sportive et santé, citée par La Côte.

Deux ans plus tôt, Colin Pesson avait réalisé sa traversée (en 28h) avec son coach de Genève Natation en kayak et des membres de sa famille sur le bateau chargé du ravitaillement.

Choisir sa ligne

Contrairement à la traversée de la Manche, aucune règle ne formate encore celle du Léman: chacun peut donc choisir son point de départ, et déterminer sa ligne d'arrivée. Les nageurs ont toujours suivi le même sens, d'est en ouest, du canton de Vaud à celui de Genève. Certains sont partis de Villeneuve, du Bouveret ou de Veytaux et tous sont arrivés aux Pâquis.

La traversée réussie par Flavie Capozzi en 2019

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Image: DR

Il s'agit ensuite de cibler la fenêtre idéale en tenant compte des évènements météorologiques. Noam Yaron avait prévu de s'élancer à 18h vendredi, mais il a avancé son départ à 15h afin de ne pas être ralenti par la bise annoncée samedi matin. «Nous avons appelé Météosuisse pour pouvoir confirmer le départ», a-t-il dit à La Côte.

Ne rien lâcher

Combien de fois Colin Pesson a-t-il songé à arrêter? Rapidement pris de vomissements, ravitaillé avec de simples morceaux d'orange et des compotes de pommes, la vue brouillée par des hallucinations, le dos bloqué, le Genevois de 17 ans avait mis 28 heures pour rejoindre la côte en 2019.

«Ma réussite tient du miracle. Quand je suis rentré chez moi, j'avais perdu 6 kg. J'ai vomi une dernière fois, puis j'ai dormi 14h»

Colin Pesson

Le meilleur moyen de survivre consiste à poser son cerveau sur le bateau et à mouliner les bras comme un automate, en répétant inlassablement les mêmes gestes.

Accepter l'inconnu

Même en ayant tout planifié, le nageur sera confronté à des problèmes qu'il n'aura pas pu anticiper et c'est normal: il n'y a pas de traversée d'entraînement. Chaque tentative est une première, une découverte de ses propres limites, physiques et mentales.

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Flavie Capozzi a dû maitriser les courants contraires et les vagues de froid. Elle n'en est sortie vainqueur qu'en glissant une bouillotte sous sa combinaison Néoprène et en s'accordant trois turbosiestes de quinze minutes sur le bateau. Image: Facebook

C'est par intérêt pour ces découvertes qu'Alain Charmey a montré la voie en 1986. «Je partais dans l’inconnu mais c’est cet inconnu qui m’attirait, relate le pionnier de la traversée. Je voulais voir ce qui se passe quand le corps lâche, les bras ne répondent plus et qu’on commence à cogiter.»

Il a vu, et n'a rien oublié.

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