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«Ils nous font chier!»: un Romand troque son resto contre une cantine

Face à l'apparition du certificat Covid, le Chaux-de-Fonniers Loic Liechti avait pris la décision radicale de vendre son restaurant. C'est désormais chose (presque) faite. Dès janvier, il sera à la tête d'une cantine scolaire qu'il compte transformer à son image.
04.12.2021, 08:0104.12.2021, 09:11
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«Ils nous font chier, je vends mon restau ce soir!» C'est par ces mots que Loïc Liechti nous avait accueillis en septembre dernier quand le Conseil fédéral avait décidé d'étendre l'utilisation du certificat Covid au secteur de la restauration. Lassé des mesures et des restrictions, le Chaux-de-Fonniers avait décidé de céder son établissement Scapino, qui jouissait pourtant d'une jolie réputation au sein de la cité horlogère.

Trois mois plus tard, c'est chose presque faite. «Depuis septembre, je bosse uniquement à l'emporter. Il me reste encore la semaine prochaine et ensuite, c'est fini», explique l'entrepreneur, déjà contraint de fermer son entreprise de foodtrucks à cause de la pandémie.

Il en a tellement marre, qu'il est soulagé d'arrêter

Au vu de la situation, le trentenaire a aussi dû se résigner à brader son matériel: «Je le vends pour un tiers de ce que j'aurais demandé avant le Covid», regrette-t-il. Malgré cette fin en eau de boudin, celui qui avait lancé son affaire il y a six ans confie ressentir un certain soulagement à tirer la prise:

«C'est vrai que c'est un peu bizarre, mais j'en ai tellement marre des mesures et du Covid que je suis content d'arrêter»
Loïc Liechti

A ses yeux, le deuil était d'ailleurs déjà fait depuis plusieurs mois. «On a été jusqu'à une trentaine de personnes à travailler pour Scapino durant certains étés. Se retrouver seul, ce n'est plus du tout la même énergie

Que ceux qui appréciaient sa cuisine se rassurent, Loïc Liechti n'a pas définitivement lâché les fourneaux pour autant. Dès le 1er janvier, il reprendra la cantine du Lycée Blaise-Cendrars à La Chaux-de-Fonds. Un poste qui lui permettra de ne plus être dépendant des restrictions du Conseil fédéral, mais aussi de profiter d'horaires plus tranquilles:

«Je serai libre le soir et le week-end. J'ai goûté à ça durant la pandémie et c'est agréable d'avoir du temps à côté du boulot»
Loïc Liechti

Une cantine à sa sauce

Mais ne comptez pas sur le trentenaire pour se la couler douce pour autant. «La bouffe des cantines n'a pas très bonne réputation, donc c'est hyper cool comme challenge de faire une cantine façon Scapino.» S'il a conscience qu'il va devoir réussir à tenir un budget serré, le restaurateur a déjà mille idées et compte, notamment, revoir la décoration de l'endroit pour faire «un truc chaleureux» et acheter des produits «un peu plus respectueux, avec de vrais légumes frais et locaux».

Autre chantier, les boissons: «On va virer toutes les grandes marques comme Coca, etc.», assure-t-il. A la place, Loic Liechti souhaite proposer des limonades et thés froids maison. Un pari qu'il avait déjà fait dans son restaurant. «Au début, les gens ronchonnaient, mais finalement la majorité des clients avaient accepté le concept. On verra bien, mais je pense que ce sera pareil.»

Au moment de changer de fourneaux, le Chaux-de-Fonniers a une pensée pour ses collègues restaurateurs. «Je leur souhaite plein de courage pour traverser cette période. Malheureusement, beaucoup sont en train de perdre la passion.» Une situation qu'il a lui-même connue au cours des derniers mois:

«Mais maintenant que j'ai trouvé une porte de sortie, le plaisir revient vite»
Loïc Liechti

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C'est un jour historique, mais nous sommes dans le déni
Sous des semelles de marathonien de la pandémie, personne ne veut vraiment voir qu'aujourd'hui, mercredi 16 février 2022, on pourra supprimer le certificat Covid de son smartphone. Pourtant, dans quelques heures, le Conseil fédéral pèsera chacun de ses mots pour nous libérer d'un poids. En Suisse, les mesures vont sauter. Et c'est historique.

Parce que les Jeux olympiques battent leur plein. Parce que, hier encore, Poutine et sa clique nous mijotaient une guerre froide 3.0. Parce que le ciel pleure des trombes d'eau. Parce que février, hiver, impôts, déprime. Surtout parce qu'on nous a déjà fait le coup. Et qu'il est hors de question de croire que, cette fois, c'est la bonne et que:

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