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Novak Djokovic avec un tableau représentant l'ancien patriarche serbe Varnava Rosic, à Pljevlja.
Novak Djokovic avec un tableau représentant l'ancien patriarche serbe Varnava Rosic, à Pljevlja.image: twitter

Novak Djokovic se réconforte avec un voyage religieux dans les Balkans

Expulsé d'Australie, le numéro un mondial de tennis, très croyant, a visité plusieurs églises et monastères orthodoxes en Serbie et au Monténégro. Il y est accueilli les bras ouverts.
25.01.2022, 12:1425.01.2022, 12:37
simon häring / ch media

L'Australie a déclaré Novak Djokovic «icône pour les opposants à la vaccination» et «danger pour la sécurité publique». Elle lui a retiré son visa et l'a expulsé. Le numéro un mondial est rentré à Belgrade via Dubaï il y a une semaine, et il a affirmé vouloir se reposer. Il a précisé qu'il ne s'exprimerait pas sur cette affaire avant la fin de l'Open d'Australie.

Mais Djokovic ne s'est pas retiré de la vie publique pour autant. Au lieu de ça, il s'est lancé dans un pèlerinage spirituel à travers la Serbie et le Monténégro. Il s'est d'abord rendu à l'église orthodoxe serbe de Sainte Petka, située dans la forteresse de Belgrade, au-dessus de l'embouchure de la Save dans le Danube. Pour les chrétiens orthodoxes, l'eau de la source qui s'y trouve a des pouvoirs de guérison. Sainte Petka a vécu au 10e siècle et est partie, à l'âge de 15 ans, dans le désert jordanien pour y mener une vie ascétique, en ermite.

Sa dépouille a ensuite été transférée dans la ville roumaine de Iasi. A Belgrade, il y a deux doigts qui, selon la tradition, font partie des ossements de la sainte et sont aujourd'hui considérés comme des reliques.

Le même jour, Novak Djokovic s'est encore entraîné quelques heures dans son académie, où il avait accordé une interview au média sportif français L'Equipe le 18 décembre. Alors même qu'il se savait déjà contaminé par le Covid-19.

Dans les rochers

Le tennisman de 34 ans a ensuite quitté la capitale serbe pour se rendre au monastère d'Ostrog au Monténégro, construit dans les rochers. Un lieu considéré comme le centre de l'Eglise orthodoxe serbe.

Le monastère, bâti dans l'un des flancs du Mont Prekornica, a été fondé au milieu du 17e siècle par Saint Vasijlie. On attribue à ce dernier de nombreux miracles. Son corps n'aurait pratiquement pas changé depuis sa mort en 1671 et aucun processus de décomposition n'aurait commencé. Ses reliques, conservées dans le monastère, auraient des pouvoirs de guérison.

En 2005, ce monastère a fait les gros titres de la presse internationale: il était soupçonné d'être la cachette de l'ancien chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, condamné plus tard pour crimes de guerre. La direction du monastère a rejeté cette accusation. Le métropolite de l'Eglise orthodoxe serbe du Monténégro à ce moment, Amfilohije Radovic, considéré comme un allié de Karadzic, lui a publiquement demandé de se rendre. «Si j'étais à sa place, j'irais à La Haye», avait tranché le religieux. Radovic est décédé en octobre 2020, à l'âge de 82 ans.

Djokovic a été reçu au monastère d'Ostrog par Joanikije II, le métropolite de l'Eglise orthodoxe serbe du Monténégro. De quoi ont-ils discuté?

«Nous avons parlé de tout ce qui s'est passé récemment, des souffrances par lesquelles Novak est passé ces derniers mois»
Joanikije II, métropolite de l'Église orthodoxe serbe du Monténégro

Le religieux souhaite que Djokovic revienne le plus rapidement possible sur les courts de tennis, où «il pourra faire des choses qui lui permettront non seulement de se célébrer lui-même, mais aussi de célébrer son peuple et sa nation».

Novak Djokovic en visite au monastère d'Ostrog, avec Joanikije II.
Novak Djokovic en visite au monastère d'Ostrog, avec Joanikije II.image: twitter

«Elu de Dieu»

Le numéro un mondial s'est ensuite rendu dans la ville côtière monténégrine de Tivat, où il possède un appartement, puis dans les petites bourgades de Zabljak et Pljevlja. Là aussi, on a tenté de réconforter le tennisman avec des objets religieux. Il a, par exemple, reçu un tableau à l'effigie de l'ancien patriarche serbe Varnava Rosic.

Djokovic s'engage depuis des années pour la préservation des églises et des monastères. En 2011, il a fait don de 100 000 dollars au monastère de Gracanica, au Kosovo, et a été décoré de l'ordre de Saint-Sava, la plus haute distinction de l'Eglise orthodoxe serbe. Après quoi, il a déclaré:

«C'est le titre le plus important de ma vie. Avant d'être un sportif, je suis un chrétien orthodoxe»
Novak Djokovic, à propos de sa décoration de l'ordre de Saint-Sava

Souvent, même pendant ses matchs, Novak Djokovic porte une croix en bois du monastère grec de Hilandar, et il prie presque tous les jours.

Novak Djokovic et sa croix en bois, lors d'un match à l'Open d'Australie 2012.
Novak Djokovic et sa croix en bois, lors d'un match à l'Open d'Australie 2012.

Ses parents ont élevé leur fils, lui même, au rang de saint. Son père, Srdjan, l'a consacré «Spartacus du nouveau monde, qui ne tolère pas l'injustice, le colonialisme et l'hypocrisie» et l'a comparé au Christ: «Jésus a été crucifié, on lui a tout fait, et il a supporté ça et vit encore parmi nous. Maintenant, ils essaient de crucifier Novak de la même manière.» Sa mère, Dijana, est dans le même registre. Elle a avancé, il y a un an et demi, que «Novak se sent choisi par Dieu».

Djokovic devrait retourner à Belgrade après son pèlerinage. On ne sait pas quand et où il reviendra sur le circuit du tennis. Pour jouer les deux Masters 1000 de mars aux Etats-Unis, Indian Wells et Miami, il doit être vacciné contre le coronavirus. Reste à savoir s'il pourra quand même y participer, en étant considéré comme guéri.

Adaptation en français: Yoann Graber

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