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Patrick Emond, head coach of Swiss National League ice hockey club Geneve-Servette HC, poses for a photograph in the locker room of the team the Vernets stadium in Geneva, Switzerland, on September 10, 2019. (KEYSTONE/William Gammuto)

Patrick Emond, entraineur Geneve-Servette HC, pose pour le photographe le 10 septembre 2019 a la patinoire des Vernets a Geneve. (KEYSTONE/William Gammuto)

Pat Emond est l'entraîneur des Grenat depuis deux ans. Image: KEYSTONE

Interview

«Diriger des hockeyeurs ou des chauffeurs poids lourd, ça se ressemble»

Patrick Emond (coach de Genève-Servette) a développé sa science du management en dirigeant quarante camionneurs au Québec. Il raconte cette tranche de vie avant le troisième acte de la finale contre Zoug, ce vendredi.

Julien Caloz
Julien Caloz



M. Emond, doit-on vous appeler Patrick ou Pat?
Comme vous voulez! Mon nom est Patrick, mais beaucoup de gens m'appellent Pat, ça ne me dérange pas.

Fiche bio

👶 Patrick Emond est né le 31 janvier 1965.
🏒 Il a vécu une brillante carrière chez les juniors. Drafté par Pittsburgh en 1983, il n'a pourtant jamais évolué en NHL.
👨‍🏫 Il a débuté son parcours de coach en 1991 à l’Université de Trois-Rivières (Canada). Il a ensuite entraîné Lugano et Genève-Servette, avant de retourner en Amérique du Nord pour «raisons personnelles».
🇨🇦 Il a travaillé dans deux entreprises québécoises entre 2002 et 2010.
🇨🇭 Il a retrouvé le chemin des Vernets en 2010, dans le costume de coach des juniors, puis dans celui de la première équipe. Son contrat court jusqu'en 2023.

Racontez-nous vos six ans (2002-2008) au sein de l'entreprise de transport Déménagements côté. Quel était votre rôle?
J'ai commencé en tant que représentant aux ventes. Puis j'ai rapidement gravi les échelons, jusqu'à devenir directeur des opérations. J'avais une quarantaine d'employés sous mes ordres.

Vous adressiez-vous à eux de la même manière qu'à des hockeyeurs?
Les sujets de conversation étaient différents, mais il y avait beaucoup de similitudes dans l'approche avec les gens. Comme je le fais avec mes joueurs, je m'asseyais en début d'année avec mes employés pour définir leurs rôles et fixer les objectifs. Sauf qu'on ne parlait pas de résultats sportifs, mais de revenus financiers.

«Quand j’ai arrêté de jouer au hockey, je n’étais pas la personne qui avait le plus confiance en ses moyens. Mais les expériences que j’ai vécues au niveau professionnel ont changé ma personnalité»

On imagine que les problèmes n'étaient pas les mêmes.
C'est vrai. Avec les hockeyeurs, on parle parfois de problèmes personnels, mais surtout de thématiques sportives. Au Canada, il fallait gérer des soucis... (il s'interrompt). Le milieu des transports est dur. J'ai été confronté aux problèmes d'alcool et de toxicomanie chez certains de mes gars.

Geneve-Servette's Head coach Patrick Emond instructs his players, during a training session, at the ice stadium Les Vernets, in Geneva, Switzerland, Tuesday, August 6, 2019. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Pat Emond est une personnalité écoutée et respectée dans le milieu du hockey sur glace. Image: KEYSTONE

Comment les gériez-vous?
J'ai toujours travaillé sur les solutions plutôt que sur les soucis. Un bon chef d'équipe, un bon coach, c'est celui qui aide ses employés, ou ses joueurs, à s'en sortir quand ça va moins bien. C'est action, réaction. Il faut que ce soit rapide. Dans mes deux métiers, je n'ai jamais eu du temps pour trouver une solution. Les réflexes que j'ai dû adopter sont assez semblables, c'est pour cela que mon vécu chez Déménagements côté me sert dans mon rôle de coach.

La différence entre les deux tient surtout dans la gestion des egos. Il n'y a pas de stars dans le transport, alors que dans un vestiaire de sport...
C'est «LA» grosse différence. Sur tes 40 chauffeurs de camion, quelques-uns auront plus d'expérience, mais ils sont finalement tous au même niveau. Alors que dans une équipe de hockey, il faut tenir compte des différences d'âge, de statuts (mariés ou pas), de salaire, etc. Ce n'est pas pareil, mais je suis à l'aise avec ça aussi. Il s'agit d'être juste. Pas égal, mais équitable. Ce sont deux choses distinctes.

«Peu importe son secteur d'activités, un bon chef doit avoir ces qualités: passion, dévouement, travail. Les semaines durent plus que 40h»

Exploiter le 100% d'un groupe, même sur une courte période, c'est possible?
Oui, cela arrive. Bien sûr, si on parle de hockey, tous tes joueurs ne seront pas au top en même temps et sur le même match. Mais il y a des soirs, l'année dernière par exemple, où je pense que nous avons été parfaits. On aurait pu jouer 24 heures de plus, personne ne nous aurait battus. Ce degré de performance, c'est le but ultime. Dans les séries finales de cette saison, on a disputé de sacrés bons matches. Il y a des jours... Ouais, on était vraiment inspirés!

Vous êtes un coach passionné. Franchement, qu'est-ce qui vous faisait vibrer dans une société de transport?
Le fait de diriger, d'amener un groupe à se dépasser pour atteindre ses objectifs. Mais c'est encore plus passionnant à faire dans le hockey, c'est certain. Parce que c'est le sport dans lequel je baigne depuis tout petit, et parce qu'il te permet de ressentir la pression. On a parfois 48h pour préparer un match, faire monter son équipe crescendo jusqu'au premier lâcher de puck. C'est quelque chose qui te nourrit. Quand tu as connu ça avec une équipe professionnelle, quand tu es passé par là une fois, tu en veux tout le temps. C'est de la pure émotion.

Vous ne pourriez plus faire le chemin inverse, retourner au Québec dans une compagnie de transports.
Non. Non, non.

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