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Le 7 mars, nous votons en Suisse sur l'introduction d'une identification numérique.
Le 7 mars, nous votons en Suisse sur l'introduction d'une identification numérique.Image: KEYSTONE

Le débat sur l'identité numérique en 3 points

Le 7 mars, on nous demande notre avis. Et pas seulement sur le voile intégral. Tiens, par exemple, quelle est cette idée d'une identification 100% digitale?
01.03.2021, 15:5207.03.2021, 11:27
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Elles sont belles, nos cartes d'identité. Assez classes, avec leur bleu clair, leur format carte de crédit et leurs petites inscriptions mystérieuses. Mais ne serait-il pas temps de se mettre à jour? A l'heure où l'on peut déjà se connecter à des sites comme La Poste avec un login digital, le Conseil fédéral et le Parlement veulent encadrer l'identification numérique pour garantir sa sécurité et sa fillabilité.

En d'autres termes, une forme officielle d'identification électronique doit être introduite. Concrètement, cela permettrait de s'épargner un détour au guichet pour commander un document officiel ou ouvrir un compte bancaire, par exemple. Cette procédure numérique est réglée dans la Loi fédérale sur les services d’identification électronique (LSIE).

Comment ça marche?

Si la loi est acceptée, une personne pourra demander son pass numérique auprès d’un fournisseur d’e-ID certifié. Les fournisseurs transmettent la demande à la Confédération. Celle-ci contrôle l’identité de la personne et envoie les données utiles au fournisseur d’e-ID. Cette transmission de données doit toujours être consentie par le citoyen, et le fait d'utiliser une procédure d'e-ID n'est pas obligatoire.

Oui mais voilà, les choses ne sont pas aussi simples. Un référendum a été lancé pour que le peuple suisse se prononce sur cette loi. Voici les trois thèmes principaux sur lesquels porte la discussion, qui sera tranchée le 7 mars.

Nos données privées logées chez des... privés?

Les partisans laissent la possibilité aux cantons, aux communes et aux entreprises privées d'être des fournisseurs d'e-ID, sous réserve d'un contrôle régulier de Berne.
Les opposants estiment qu'il n'est pas souhaitable d'autoriser des entreprises privées à fournir des pièces d’identité officielles. Il y a un risque d'abus d'utilisation de nos données.

S'aligner sur nos voisins?

Selon les partisans, la Suisse doit se mettre au goût du jour. D’autres pays ont déjà une procédure de contrôle d'identité numérique. Il est temps pour la Suisse de rattraper son retard sur ce plan-là.
Selon les opposants, le contrôle d’identité doit rester une responsabilité de l’Etat et de lui seul. Or, l'Etat n'est pour l'instant pas assez à la pointe en matière digitale dans ce domaine. Il ne faut donc pas agir dans la précipitation.

Facile d'utilisation?

D'après les partisans, l’e-ID suisse apportera plus de sécurité, mais aussi plus de simplicité en ligne. Terminé, le nombre incalculable de mots de passe notés on ne sait où (ou nulle part, d'ailleurs). C'est aussi moins de papier et moins de gens agglutinés devant les guichets.
D'après les opposants, les personnes âgées ont peur que des boîtes privées ne leur imposent l’utilisation de l’e-ID. Le Conseil suisse des aînés, l’Association suisse des aînés et la Fédération des associations des retraités et de l’entraide en Suisse sont opposés au projet.

... Et que disent les sondages, ces augures du nouvel âge?

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