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Peu de vitesse, d'identité de jeu ou de moyens: notre championnat ne fait pas rêver, déplore un amoureux du football.
Peu de vitesse, d'identité de jeu ou de moyens: notre championnat ne fait pas rêver, déplore un amoureux du football.
Image: Keystone

Un YouTubeur dit toutes les vérités sur le foot suisse, et ça fait mal

Dans une vidéo postée dimanche, Elias Baillif explique à ses 26 000 abonnés que notre championnat de Super League n'est pas terrible. La voix est posée, les arguments imparables.
06.09.2021, 11:4806.09.2021, 16:57
Team watson
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Journaliste passionné de football et YouTubeur suivi par 26 300 fidèles (le genre de public qui ferait rêver pas mal d'équipes en Suisse), Elias Baillif vient d'avoir deux bonnes idées: lancer une série de vidéos sur les championnats méconnus du grand public et commencer par celui de notre pays.

Elias Baillif face caméra avec une écharpe du Servette FC en arrière-plan.
Elias Baillif face caméra avec une écharpe du Servette FC en arrière-plan.
Image: YouTube

Ce premier épisode dure un peu plus de 17 minutes et répond à une question: que vaut vraiment la Super League? (le championnat suisse, hein, pas celui qu'ont essayé de nous faire avaler certains dirigeants européens). Avec une liberté de ton et des connaissances pointues sur le sujet, Elias Baillif relève trois éléments permettant de se faire une idée, et aucun ne fait vraiment plaisir à entendre!

Droits TV misérables

«Pour répondre à la question du niveau de la Super League, il y a tout de suite un chiffre qu'on peut mobiliser: le montant des droits télé à venir sur la prochaine période. Les clubs suisses devront se partager par saison la somme exorbitante (ironique) de... 21 millions de francs, soit 1,8 millions par club + les primes! Arrêtez de rigoler, c'est très sérieux! Ça veut dire que le foot suisse est peu vu, que les clubs perçoivent peu d'argent et donc qu'ils ont peu de moyens.»

➡️ L'avis de watson: c'est tellement vrai que cela explique aussi pourquoi les clubs suisses perdent de l'argent. Le FC Bâle n'a ainsi jamais cessé de présenter un déficit structurel, même lors de ses plus belles années de domination footballistique. Et en avril dernier, Christian Constantin expliquait dans l'Illustré qu'en Suisse, un président devait être en mesure de mettre 4 millions par année de sa poche.

Peu de créativité

«Si vous comparez avec les grands championnats, ce qui est tout de suite frappant, c'est qu'en Suisse, ça joue plus lentement. Les joueurs pensent et exécutent plus lentement. Il y a aussi pas mal d'erreurs techniques et d'imprécisions. Quand un défenseur central est sous pression, il ne sait pas toujours quoi faire. C'est parfois caricatural, d'ailleurs, on a l'impression que les centraux ne sont pas du tout à l'aise avec le ballon. Il n'y a pas vraiment de grands dribbleurs, pas vraiment d'artistes.»

➡️ L'avis de watson: rien à redire sur le niveau de la plupart des centraux, dont le jeu au pied ne fait pas la réputation. Il est vrai aussi que le championnat manque de créateurs, d'esthètes (on n'a jamais fait mieux en la matière que Yassine Chikhaoui à Zurich), c'est pour cela qu'il faut les exceptions comme Sebastiano Esposito (Bâle).

L'attaquant italien de 19 ans est prêté par l'Inter.
L'attaquant italien de 19 ans est prêté par l'Inter.
Image: Keystone

Un manque d'identité

«Le championnat n'est pas très riche tactiquement. Vous avez 2-3 équipes qui font des choses intéressantes, comme Saint-Gall ou Servette la saison dernière. Mais il y a assez peu d'équipes qui ressemblent à leur entraîneur. En plus, il y a un recyclage chez les coachs, on voit souvent les mêmes têtes de club en club. Et puis, quand vous entendez les discours de certains entraîneurs, vous vous demandez comment ils peuvent entraîner en 1re divison. C'est juste pas possible! À côté, Rolland Courbis c'est Guardiola!»

➡️ L'avis de watson: Lucerne a également montré de belles choses la saison dernière, et on pouvait y reconnaître la patte de son entraîneur Fabio Celestini. Mais il est vrai que les projets de jeu ne sont pas toujours lisibles en Super League, et que la valse des entraîneurs (toujours les mêmes) ne vient pas au service d'une identité forte.

Des motifs de satisfaction quand même:

Elias Baillif ne termine pas sa démonstration sans quelques lueurs d'espoir:

  • «La Super League est un football qu'on peut parfaitement aimer.»
  • «Les joueurs sont moins éloignés du public que dans les 5 grands championnats européens.» Certains clubs multiplient d'ailleurs les initiatives pour entrer en relation avec leurs fans.
  • «Le public peut profiter des pépites avant qu'elles ne rejoignent de grands championnats (c'est d'ailleurs le cas avec Esposito au FCB).»
  • Les distances de déplacement n'étant pas grandes, «les supporters peuvent facilement suivre leur équipe favorite à l'extérieur».
  • «La scène ultra y est florissante.»

La vidéo en intégralité

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