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Le triathlète suisse est dans la forme de sa vie.
Le triathlète suisse est dans la forme de sa vie.
Image: Keystone

Pas retenu pour les JO, un Vaudois crie à l'injustice

Le triathlète Adrien Briffod estime qu'il avait sa place dans la sélection suisse pour Tokyo. Il se dit «en colère» et accuse la Fédération de favoritisme.
06.07.2021, 11:4606.07.2021, 15:51
Julien Caloz
Julien Caloz
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Adrien Briffod a appris «il y a un peu plus d'une semaine» qu'il n'avait pas été retenu par Swiss Olympic pour participer aux Jeux de Tokyo. Mais il a choisi de ne pas s'exprimer. Pas tout de suite. «Je suis resté absent des médias sociaux étant sous le coup de l’émotion, confus, déçu et en colère. J’avais besoin de digérer cette décision et de prendre du recul

Tout n'est pas encore digéré, mais le Vaudois de 26 ans a le recul nécessaire désormais pour poser un regard sur sa situation. Nous l'avons contacté ce mardi matin pour lui demander par quelles phases il était passé depuis la nouvelle.

😱 Le choc

«Le sélectionneur national et la cheffe du sport d'élite de la Fédération (Swiss Triathlon) ont appelé en vidéo chacun des cinq triathlètes potentiellement sélectionnables pour Tokyo afin de leur communiquer le nom des deux heureux élus. Ils m'ont dit: «Après de grandes discussions, on a décidé que tu n'irais pas aux Jeux.» J'étais sous le choc. Je leur ai répondu: «Ce n'est pas possible!» La séance était en anglais, car le coach national est anglophone. Mais je leur ai expliqué que je ne pouvais pas m'exprimer en anglais. J'étais trop perturbé pour trouver les mots, poser mes questions, essayer de comprendre.»
Le triathlète en juin dernier en Autriche.
Le triathlète en juin dernier en Autriche.
Image: APA/APA

😳 L'incrédulité

«Les quatre autre triathlètes et moi étions tous au même niveau puisqu'aucun de nous n'avait réussi à atteindre le critère 1 de sélection. La Fédération a donc dû faire un choix, et se demander quels étaient les deux meilleurs sportifs pour participer au relais. Le problème, c'est qu'elle ne m'a pas permis de prendre part au seul relais organisé cette année. Comment allait-elle nous départager? Je pensais qu'elle allait tenir compte de nos résultats individuels. Or à chaque fois que j'ai pris un départ sur une course, j'ai terminé largement meilleur Suisse. J'avais un niveau que je n'avais jamais atteint. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire de plus.»

🤬 La colère

«J'ai l'impression que la sélection était déjà faite en début d'année. Car Swiss Triathlon a finalement sélectionné les deux triathlètes qu'elle avait elle-même choisi pour participer au seul relais de 2021. Il s'agit d'Andrea Salvisberg (de Wallisellen) et de Max Studer (de Kestenholz). Je ne sais pas si je paie le fait d'être Romand, ou celui de ne pas être dans le bon groupe d'entraînement parce que sur les quatre (deux garçons et deux filles) triathlètes retenus pour Tokyo, trois s'entraînent dans la même structure. Ce que je sais en revanche, c'est que la Fédération n'a toujours pas réussi à me donner de raisons valables expliquant ma non-sélection. Elle m'a dit: «On a choisi tel et tel car on estime personnellement qu'ils sont meilleurs.»

Swiss olympic réagit

Contactée ce matin, l'instance faîtière du sport suisse ne souhaite pas commenter le choix des athlètes opéré par la Fédération suisse de triathlon mais assure que cette dernière a respecté les critères de sélection.

😢 La déception

«Encore plus que la déception de ne pas pouvoir participer au JO de Tokyo, il y a la désillusion face à ce milieu du sport d’élite. Je suis fâché contre ce système dans lequel les Fédérations ont tant de pouvoir. Il y a eu du favoritisme dans la sélection suisse. Un certain manque d’éthique, d’organisation, de communication et d’honnêteté a rythmé cette sélection et d’autres autour du globe.»

🕯️ L'espoir

«Je suis déçu, triste, et je ne pense pas que je pourrai accepter un jour le choix de Swiss Triathlon. Mais je vais continuer à courir et à tout donner pour être le meilleur. Il est avant tout important de se battre pour respecter ses valeurs, pour faire respecter les valeurs du sport et pour se respecter soi-même. J’irais de l’avant, Paris (où se dérouleront les Jeux en 2024) n'est pas loin!»

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