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Comment les étrangers d'origine travaillent-ils en Suisse? La réponse en 7 points

Près de 40% de la population suisse est issue de la migration. D'où viennent-ils et comment sont-ils intégrés sur le marché du travail? La réponse en six graphes.
30.11.2021, 16:1130.11.2021, 18:04

«En Suisse, 38% de la population résidente permanente de quinze ans ou plus était issue de la migration en 2020 (2 766 000 personnes)», explique l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans un dossier publié mardi. Ce nombre reste malgré tout stable année après année, ainsi «par rapport à 2019, cela représente une augmentation de 0,3 point de pourcentage».

Passé le simple constat, il est intéressant de se pencher sur quelques graphiques qui permettent de situer cette population parmi le reste des Suisses, et plus particulièrement sur le marché de l'emploi.

Quel est le top 10 des nationalités représentées en Suisse?

Avant de se plonger dans le rapport entre les Suisses et les étrangers d'origine sur le front du travail, voyons comment la population de plus de quinze ans issue de l'immigration se répartit en Suisse. L'OFS note que la plus grande proportion, soit 36%, a la nationalité Suisse. Viennent ensuite les nationalités italienne (10%) et allemande (10%). Voici les dix nationalités les plus représentées:

Les dix nationalités les plus représentées parmi la population issue de la migration de quinze ans ou plus.
Les dix nationalités les plus représentées parmi la population issue de la migration de quinze ans ou plus.source: OFS

Comment se répartissent la 1ère et la 2e génération d'étrangers?

Parmi la population issue de la migration, on peut encore noter que:

  • 80% des personnes sont nées à l’étranger et appartiennent à la première génération (2 236 000 personnes).
  • 20% sont nés en Suisse et appartiennent donc à la deuxième génération (530 000 personnes).

On peut encore noter des différences quant à l'origine de ces première et deuxième générations:

Population issue de la migration selon la nationalité en 2020.
Population issue de la migration selon la nationalité en 2020.source: OFS

Maintenant que les bases sont posées, voici comment se répartissent les étrangers, en Suisse, dans l'économie.

La population étrangère est celle qui vit les pires horaires de travail

L’intégration de la population issue de la migration sur le marché du travail est un des aspects étudiés par l'OFS dans son rapport. Cette population occupe, en 2020, une place particulière – et souvent moins favorable – en comparaison avec le reste de la population. Par exemple en ce qui concerne les horaires de travail dits «atypiques»:

On remarque, sur cette image,  que les étrangers de la première génération arrivent en tête partout lorsqu'il s'agit d'horaires irréguliers. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.
On remarque, sur cette image, que les étrangers de la première génération arrivent en tête partout lorsqu'il s'agit d'horaires irréguliers. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.source: ofs

Les étrangers sont souvent surqualifiés par rapport aux postes qu'ils occupent

Un autre point notable dans les dossiers de l'OFS est celui du rapport entre études et emploi. Ainsi, la première génération est plus touchée par la surqualification en comparaison aux gens non issus de la migration, mais aussi par rapport à la deuxième génération. Le graphe suivant montre le taux de salariés issus d'une formation tertiaire, mais qui exercent une profession ne requérant pas un tel niveau de formation:

Cette image permet de comparer le taux de salariés issus d'une formation tertiaire et exerçant une profession ne requérant pas un tel niveau de formation. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.
Cette image permet de comparer le taux de salariés issus d'une formation tertiaire et exerçant une profession ne requérant pas un tel niveau de formation. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.source: ofs

Le chômage touche largement plus les étrangers

Autre élément notable de ce rapport, les gens issus de la migration, quelle que soit leur génération, sont victimes d'un taux de chômage qui s’élève à plus du double du reste de la population (7% contre un peu moins de 3%). Cela s'illustre par ce graphe:

Cette image permet de comparer le taux de chômage entre les étrangers d'origine et le reste des actifs. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.
Cette image permet de comparer le taux de chômage entre les étrangers d'origine et le reste des actifs. L'intervalle de confiance est un indicateur qui permet de chiffrer la zone d'incertitude.source: ofs

Chez les cadres supérieurs, comment se répartissent les étrangers?

La proportion de gens qui occupent une fonction dirigeante est légèrement plus faible parmi la première génération (32%) que parmi la population non issue de la migration (35%), mais comparable à celui de la deuxième génération ou plus (33%), comme le montre cette image:

Cette image permet de comparer le taux de salariés ayant une fonction dirigeante qui sont issus de la migration et les autres.
Cette image permet de comparer le taux de salariés ayant une fonction dirigeante qui sont issus de la migration et les autres.source: ofs

Comment comprendre cette étude de l'OFS

«[Bien qu’]au centre de ces analyses, le statut migratoire ne peut en aucun cas être considéré comme le seul facteur explicatif des différences relevées entre ces groupes», explique l'OFS. Quels seraient donc les autres éléments qui pourraient avoir un impact? «D’autres variables telles que l’âge et le niveau de formation peuvent également expliquer ces différences», précise l'OFS. (jah)

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