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Nous allons vivre moins longtemps (et c'est la faute du Covid)

Le Covid-19 a considérablement réduit l'espérance de vie des Suisses. Au point qu'une telle diminution n'a pas été observée depuis plus de cinquante ans.
25.10.2021, 11:3725.10.2021, 17:21
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Mauvaise nouvelle: la pandémie nous fera probablement mourir plus jeunes. Ou du moins, l'espérance de vie n'a pas connu de baisse aussi drastique que depuis 1944 (chez les hommes) et 1962 (chez les femmes).

En 2020, année marquée par la pandémie, elle a reculé à 81,0 ans chez ces messieurs et à 85,1 ans chez ces dames. Du coup, nos vies seront respectivement plus courtes de 0,9 et 0,5 année.

Pas grand-chose, me direz-vous? Et pourtant!

Le taux de décès est inédit

En Suisse, depuis quelques années, nous mourrons plus.

Hein? Comment ça? Ben oui, le nombre de décès a tendance à augmenter. Cela s'explique, d'une part, par la croissance démographique, et d'autre part, par l'arrivée des générations nombreuses des années 40-70 à un âge avancé. Logique: plus de population et plus de personnes âgées, ça donne forcément plus de morts au bout du compte.

Mais l'année 2020 a battu tous les records en termes de mortalité. Le nombre de décès s'est élevé à 76 195 (contre 67 780 en 2019). Un chiffre historique: depuis le début des enregistrements par les offices d’état civil en 1876, on n'avait jamais noté de valeur aussi élevée.

La baisse observée est particulièrement inédite chez les hommes. Les femmes, de leur côté, avaient connu une diminution plus importante en 1944 (la faute à un hiver particulièrement rigoureux).

Les cantons champions... de la mortalité

Dans quels cantons meurt-on le plus? Désolée de vous l'apprendre, mais les cantons de Suisse romande se trouvent en bonne place dans le classement de l'augmentation des décès entre 2019 et 2020.

  1. +27%: Jura.
  2. +25%: Genève.
  3. +20% (au moins): Vaud et Fribourg.
  4. +15%: Neuchâtel.
  5. +13% (au moins) dans le Valais.

A l'opposé, l'augmentation des décès de certains cantons au nord et à l’est de la Suisse reste faible. A Nidwald par exemple, le nombre de décès diminue légèrement (-0,3%).

La faute à la pandémie?

L'OFS a effectué une comparaison entre la pandémie de Covid-19 et celle de la grippe espagnole en 1918. Elle montre d'abord quelques différences importantes:

  • Le nombre de décès attribué à chaque pandémie: 22 000 morts en 1918 pour la grippe espagnole, contre 7600 personnes en 2020 pour le Covid.
  • L'impact sur l'espérance de vie: Entre 1917 et 1918, les espérances de vie à la naissance ont chuté de presque 10 ans pour les hommes et de 8 ans pour les femmes. Soit une baisse bien bien plus considérable qu’entre 2019 et 2020.

Mais on a remarqué aussi des ressemblances frappantes:

  • Les deux pandémies ont fait plus de morts parmi les hommes que parmi les femmes.
  • La deuxième vague de contaminations a eu lieu durant les mêmes mois de l’année, avec un pic de décès vers le mois de novembre.
  • Les cantons de l’ouest de la Suisse ont globalement eu des taux de mortalité plus élevés que les cantons de Suisse orientale.
  • Le nombre annuel de décès toutes causes confondues a atteint une valeur record aussi bien en 1918 qu’en 2020.

Pendant ce temps, à Berne, on manifestait contre les mesures Covid...

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Manifestation autorisée contre les mesures Covid à Berne
source: sda / peter schneider
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Et on parie que vous ignorez ce qu'est... le métaverse.

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