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Jan Scherrer a la réputation d'être un collègue agréable qui sait aussi se réjouir des succès des autres.
Jan Scherrer a la réputation d'être un collègue agréable qui sait aussi se réjouir des succès des autres.keystone
Jeux olympiques

Jan Scherrer, ce brave type qui a dû devenir méchant pour avoir une médaille

Le Saint-Gallois de 27 ans a remporté le bronze, vendredi en half-pipe. Le résultat d'un long apprentissage sur la neige mais surtout en dehors. Portrait en cinq chapitres.
11.02.2022, 10:1511.02.2022, 17:35
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Il sait se sublimer le jour J

En bronze lors des Mondiaux 2021, Jan Scherrer a signé vendredi le plus bel exploit de sa carrière. Seulement huitième des qualifications, il a réalisé un deuxième run remarquable pour s'emparer de la médaille.

Jan Scherrer a récolté 87,25 points dans cette deuxième manche. Soit 2,25 de plus que Shaun White, qui a chuté sur son troisième passage et quitte ainsi la compétition sur une décevante quatrième place.

Il a une figure à son nom

Sa médaille de bronze, le snowboarder de 27 ans l'a obtenue grâce à une figure inédite en compétition qu'il a lui-même inventée (Double Rodeo Switch Backside Alley Oop 1080) et qui porte désormais son nom (le «Jan Tonic»).

Cet enchaînement trottait dans sa tête depuis plusieurs saisons. Il l'avait réalisé pour la première fois en 2020 à Saas-Fee (VS). Interrogé par la Fédération à l'époque, il avait expliqué le processus mental qui lui avait permis d'ajouter une nouvelle prouesse à son répertoire:

«Je ne savais pas comment aborder ce saut. Je n’avais aucun modèle ou enregistrement vidéo auquel me raccrocher. Rien. C’est une situation extrême sur le plan psychologique. Car au final, tu lances ton corps dans le half-pipe et tu ne sais pas vraiment comment ça va se terminer»

Il avait avancé par étapes et en tâtonnant, examinant différentes combinaisons de grabs, jusqu’à découvrir une variante avec une formule de rotation intéressante qui puisse également fonctionner sur le half-pipe.

Il est très amoureux

Le Saint-Gallois, originaire du Toggenburg comme Simon Ammann, est en couple avec Sasha, son amie de longue date, sa femme et la future mère de son enfant, attendu au printemps.

Il a dû apprendre à être égoïste

Jan Scherrer a la réputation d'être un collègue agréable, qui sait aussi se réjouir des succès des autres. «Il n'a pas la personnalité de compétiteur acharné que certains snowboarders à succès cachent derrière une tenue décontractée, et libèrent dès qu'il y a quelque chose à gagner», relevait la NZZ dans un portrait paru en 2020.

«Pour moi, il ne s'agit pas de surpasser les autres. Je veux avant tout être fier lorsque je me regarde performer»
Jan Scherrer

Cette décontraction lui a parfois porté préjudice. Scherrer aurait aimé être plus méchant. Il a longtemps été dans l'ombre de riders comme Podladtchikov et Burgener. «Je regardais les autres coureurs et je me disais: tu dois devenir plus comme eux. Plus ambitieux, plus compétitif. Mais ces sentiments ne se commandent pas comme ça.» Il y est arrivé après un long cheminement personnel, évoqué dans le Toggenburger Tagblatt en 2019. «J'ai dû apprendre à penser de manière égoïste le jour de la compétition, à ne regarder que moi.»

Il a choisi le snowboard à 7 ans

Sa première course.
Sa première course.

Scherrer a toujours aimé pratiquer de nombreux sports (football, volley-ball, tennis, skateboard ou encore course en montagne). Mais il a su qu'il voulait faire du snowboard lors d'une sortie à skis avec sa famille. Il avait sept ans et trouvait que les planches laissaient de plus jolies traces dans la neige que les skis. Il a alors demandé à ses parents de changer de discipline.

Sa voie était toute tracée.

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Ces Jeux olympiques en Chine ont été largement critiqués, à juste titre. Mais, pour une fois, on peut poser un regard clément dessus: ils ont permis d'oublier l'angoisse de la guerre et ont prouvé l'incroyable faculté d'adaptation de l'être humain, même dans le pire.

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