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Devoirs à la maison: «Souvent, ce sont les parents qui les gèrent»

Qui dit rentrée scolaire dit aussi retour des... devoirs à domicile. Pour tenter de faire évoluer ce sujet qui a toujours été sensible, le canton de Vaud lance un projet pilote en vue de les intégrer à la grille horaire des élèves. On a voulu en savoir plus.
27.08.2021, 06:0427.08.2021, 15:44
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Soyons francs: les devoirs, c'est une plaie pour beaucoup de monde. Stress, inégalités, poids sur les épaules des parents, surcharge de travail pour les pour les enseignants, la liste des défauts qui les accompagne est longue. Ils sont pourtant toujours présents dans l’enseignement obligatoire et cèdent difficilement leur place à des alternatives qui font leur preuve. Dernier échec en date: le canton de Berne, qui avait décidé de les supprimer, purement et simplement. Principale raison du fiasco? Des parents stressés par le fait de ne plus suivre correctement l'évolution de leurs enfants.

Sans aller jusqu'à supprimer les devoirs, le département de la formation, de la jeunesse et de la culture du canton de Vaud a décidé de lancer des projets pilotes «pour les intégrer à la grille horaire», comme l’a annoncé 24 Heures cette semaine. Le projet, qui s’étendra sur une période d’environ 3 ans, a pour but de réduire les inégalités et d'améliorer les résultats scolaires de tous les élèves.

On en a parlé avec Sandra Maistrello, collaboratrice pédagogique à la direction générale de l’enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée. L’ex-enseignante, chargée du dossier des devoirs à domicile du canton, est catégorique: les devoirs à la maison ont plus de défauts que de qualités.

Si les devoirs à la maison ont autant de défauts, pourquoi y tient-on encore?
Sandra Maistrello: Ils ont toujours existé. Le caractère répétitif des devoirs à domicile fait partie du processus d’apprentissage et certains enseignants y sont très attachés. Les devoirs permettent aux élèves de travailler l'autonomie, la responsabilisation et de consolider ce qu’ils ont vu en classe. L’objectif des devoirs à domicile n’est pas que les élèves apprennent de nouvelles choses en dehors des cours, mais qu’ils consolident ce qu’ils ont appris pendant la journée.

Les parents qui sont contre l'abandon des devoirs à la maison craignent de perdre de vue l'évolution de leur enfant. On a vraiment une bonne idée du parcours d'un élève avec les devoirs?
Il est réducteur de penser que seuls les devoirs permettent aux parents de suivre le parcours de leur enfant. Les devoirs ne sont pas entièrement représentatifs de ce que fait un élève durant sa semaine. Certains des projets pilotes lancés dans les établissements consistent en une intégration des devoirs à la grille horaire de l’élève. C’est aussi l'opportunité de repenser le lien entre la famille et l’école. Ce lien devrait se faire autrement qu’à travers les devoirs, par exemple au travers de documents qui résument les apprentissages de l’élève durant la semaine ou des projets plus créatifs qui racontent la semaine de l’élève.

C’est le premier projet qui consiste à réorganiser la façon dont les devoirs sont abordés et accomplis. Quel constat vous a permis de proposer ce projet?
Les devoirs à domicile peuvent renforcer les inégalités entre les élèves. C’est largement documenté. L’objectif du Département c’est donc de faire diminuer progressivement ces inégalités. Souvent, ce sont les parents qui gèrent les devoirs à la maison. Certains élèves sont ainsi bien soutenus et d’autres pas du tout. Ceux qui ne le sont pas se trouvent désavantagés. Cela renforce aussi les risques de stigmatisation, car celle ou celui qui n’aura pas fait ses devoirs sera sanctionné.

S'il y a des devoirs, c'est que le gros de l'enseignement se résume à de la théorie à digérer. Pourquoi ne pas privilégier la pratique durant les cours?
Pendant les cours, le but est de transmettre de la matière et les devoirs sont là pour consolider cette matière. Le projet pilote propose d’intégrer les devoirs à la grille horaire de l’élève avec un encadrement assuré par des professionnels de l’enseignement, ce qui permet d’améliorer l’encadrement et de favoriser l’autonomie des élèves.

Sans devoirs, les enfants sont-ils incapables d'assimiler de la matière?
Ces projets pilotes ne visent pas à supprimer les devoirs, mais à mieux les intégrer à la grille horaire. Quand l’enfant rentre à la maison, il faut qu’il ait le temps de se consacrer à d’autres activités de son choix, aux loisirs ou aux amis. La question de la suppression des devoirs ne se pose pas, car ils sont inscrits dans la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO).

Pourquoi le sujet est aussi clivant entre parents mais aussi entre enseignants?
D’après moi, ce n’est pas un sujet clivant. Il est difficile de se prononcer quant au souhait des parents, car les données manquent. Néanmoins, d’après les retours que nous avons du terrain, leurs avis sont très contrastés.

Comment le confinement a-t-il redessiné le débat selon vous?
Je ne pense pas que le confinement ait redessiné le débat. En revanche, il semble avoir renforcé les inégalités déjà présentes pour la gestion du travail à domicile et du soutien dont les élèves ont pu bénéficier durant cette période.

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