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Image: EPA

A Wimbledon, Federer avance avec des questions plein la tête

Nerveux, en manque total de confiance et de rythme, le Maître a surtout évité la défaite grâce à la glissade, puis à l'abandon, d'Adrian Mannarino.
29.06.2021, 19:5530.06.2021, 16:45

Roger Federer a un problème; reste à découvrir lequel. Pour son grand retour à Wimbledon, dans le cloitre qui l'a fait Maître et seigneur, le Bâlois a offert le spectacle un peu triste et inouï d'un champion vanné, sans idée, sans fougue, sans confiance, maltraité par un joueur encore plus tourmenté que lui, le Français Adrian Mannarino, 33 ans. Reste la victoire (sur abandon à 6-4 6-7 3-6 4-2); et des problèmes à résoudre.

Certes, l'instant était sacré et il était difficile de s'affranchir de sa dimension solennelle – car qui sait s'Il reviendra? En temps normal déjà, quand Federer était encore Federer, il entrait dans les Grand Chelem avec des fébrilités de néophyte, et plus encore à Wimbledon, dans cette noblesse de court qu'il vénère par dessus tout.

Au contexte historique, il fallait ajouter la complexité embarrassante d'un adversaire gaucher, et l'asymétrie qui en découle pour un esprit déjà embrouillé. Restent les problèmes... Reste à expliquer autant de fautes directes dans les deuxièmes et troisièmes sets, autant de coups droits décentrés, autant de passivité, autant de raideurs dans les mouvements (genou? dos? manque de rythme?) et les petits pas, autant de retenue sur les jeux de retour, à commencer par les balles de break (4 converties sur 13).

Tout son corps a semblé envoyer des messages de détresse, épaules voutées par le poids de l'enjeu, regard sombre face aux funestes perspectives d'un match qui, dès la fin du premier set, a semblé échappé à sa maestria.

Une vilaine glissade de Mannarino a mis fin au pensum. Et laissé beaucoup de questions en suspens.

«Il aurait pu gagner le match. Il était définitivement le meilleur de nous deux»
Roger Federer à l'interview sur le Centre Court

«J'ai connu beaucoup de hauts et de bas, a encore reconnu le Bâlois. J'ai essayé de raccourcir les échanges dans la quatrième manche, et ça a fonctionné, mais ce n'est pas de cette manière que j'espérais gagner. Ce qui est arrivé à Adrian me rappelle que tout peut aller très vite. Cela me donne aussi l'opportunité de jouer un deuxième match ici.»

Le conseil d'un grand frère

«Il faut que Roger soit tolérant avec lui-même»
Marc Rosset

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«J'ai écrit "Allez Roger" et il m'est arrivé un truc incroyable»
Lors de la finale de Roland-Garros 2011, une ramasseuse de balles n'a pas pu s'empêcher d'écrire un message au Maître. «Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête.» Federer a tout fait pour la retrouver et la récompenser. Elle raconte.

Nous sommes en 2011 à Paris. Kenza a 13 ans, elle est ramasseuse de balles. C'est même l'une des meilleures. Du coup, son responsable lui donne les meilleurs matchs de Roland-Garros. Elle est donc souvent sur le terrain quand Federer se produit. Durant les premiers tours de la quinzaine, elle s'ennuie un peu. Alors elle joue au morpion. «Avec l'autre ramasseur au filet, on dessinait un carré sur la terre battue. On le faisait de l'autre côté de la chaise d'arbitre, pour ne pas se faire attraper, se souvient-elle. Quand on échangeait nos positions après un point, celui qui arrivait sur le jeu ajoutait un rond ou une croix à la grille. Et ainsi de suite.»

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