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La gestion de la crise liée au Covid-19 coûte des milliards à l'Etat, ici le ministre des Finances, Ueli Maurer. Et il faudra bien que quelqu'un paie.
La gestion de la crise liée au Covid-19 coûte des milliards à l'Etat, ici le ministre des Finances, Ueli Maurer. Et il faudra bien que quelqu'un paie.
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L'Etat dépense des milliards pour lutter contre le Covid-19. Qui va payer pour ça?

Des milliards de francs ont déjà été dépensés par l'Etat. Le Conseil national en demande plus. De combien d'argent parle-t-on? Et qui paiera?
11.03.2021, 06:0011.03.2021, 17:00
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La crise liée au Covid-19 est en train de dévaster l'économie. Des gens perdent leur emploi, d'autres se voient contraints de licencier du personnel ou de fermer leur entreprise, d'autres encore nagent en pleine incertitude depuis des mois et des mois. Dans le pire des cas, certains se donnent la mort.

Du côté de l'Etat, les coûts des mesures visant à limiter les dégâts et à lutter contre le virus se comptent en milliards. On évalue ce montant à 25 milliards de francs rien que pour l'année 2021. C'est l'info développée le 10 mars par la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) sur la base de nouvelles données.

Soyons francs, ce chiffre ne nous dit pas grand chose, même s'il paraît grand. Or, l'affaire nous concerne tous. Parce que:

  1. Les mesures du Conseil fédéral ont un impact direct ou indirect sur notre quotidien.
  2. Une fois actifs professionnellement, nous contribuons au financement de l'Etat via nos impôts.
  3. Nos représentants du Conseil national ont plaidé à Berne pour une augmentation des indemnités, proposition que la chambre haute (le Conseil des Etats) a refusée en l'état ce mercredi 10 mars.

Regardons donc tout cela de plus près, en cinq questions (et cinq réponses, dont la majeure partie de la matière est tirée de l'article pré-cité de la NZZ):

Combien coûte le Covid à la Confédération?

  • La Confédération supporte environ 90% des dépenses spéciales du Covid-19.
  • En 2020, ces dépenses représentent un déficit de 18 milliards de francs et 25 milliards sont estimés pour 2021.
  • Ces montants équivalent à peu près aux dépenses annuelles de la Confédération pour la sécurité, la diplomatie ainsi que la formation et la recherche (tout cela ensemble).
  • Si l'on prend seulement l'aide d'urgence, son renforcement voulu par le Conseil national aurait représenté une dépense supplémentaire de 9 milliards de francs pour la Confédération, selon le ministre des finances Ueli Maurer.
  • Toutefois, ce mercredi 10 mars, le Conseil des Etats a rejeté cette revendication. Le projet repart à la chambre basse.

Quant aux cantons?

  • Les cantons ont dû prendre en charge beaucoup moins de coûts liés à la crise que le gouvernement fédéral. On parle de 1% de leur recette (presque 25% pour la Confédération).
  • Pour l'exercice 2020, la Banque nationale suisse (BNS) distribuera une aide de 6 milliards de francs, dont deux tiers aux cantons.

D'où vient l'argent?

  • Des réserves de la Confédération. Or, les nombreuses liquidités disponibles n'ont de loin pas été suffisantes. La preuve, la dette publique (l'argent que l'Etat doit rembourser après l'avoir emprunté) se creuse. On s'attend à une augmentation de 35 à 40 milliards de dette d'ici à deux ans.
  • De créanciers, à savoir justement d'institutions à laquelle l'Etat emprunte de l'argent sur le marché financier. Typiquement, des banques.
  • De coupes dans les dépenses: même si cela reste minime, les contraintes engendrées par les mesures sanitaires ont réduit de facto certains coûts liés par exemple à la tenue d'événements.

A quoi sert-il?

  • Les dépenses spéciales Covid-19 de la Confédération concernent les aides aux entreprises, l'allocation du chômage partiel, les dépenses pour les vaccins, les tests, etc.
  • Les cantons, quant à eux, ont globalement fourni des paquets de soutien à l'économie et ont chacun leurs postes de dépenses plus spécifiques liés au Covid-19.
  • Cela peut être un soutien à l'apprentissage comme dans le canton de Vaud, une en place de mesures visant à faire face à une probable très forte progression du nombre de poursuites et de faillites suite à la pandémie comme dans le canton du Valais, etc.

Qui devra payer?

  • Pour rembourser la dette, il n'y a pas trente-six mille solutions: réduire les dépenses ou augmenter les recettes.
  • Cependant, le Conseil fédéral dit vouloir «éviter autant que possible de réduire la croissance des dépenses ou d'augmenter les impôts en cette période de récession».
  • Quelle autre solution reste-t-il? Demander à la BNS d'imprimer des billets? Ce n'est pas son rôle. Cette banque indépendante a pour fonction de garantir la stabilité des prix.
  • Alors, qui va passer à la caisse? Le Conseil fédéral devra se prononcer sur cette question d'ici à l'été.
  • (Allez, on lance les pronos? Je parie que ce sera nous!)

T-shirt polémique de Maurer: Parmelin défend son collègue

Le conseiller fédéral Ueli Maurer (UDC) a récemment mis en doute la politique sanitaire du Conseil fédéral. Le Parti socialiste l'accuse d'avoir bafoué le principe de collégialité. Mais le président Guy Parmelin a préféré défendre son collègue de parti.

Ils incarnent l'opposition la plus virulente à la politique Covid du Conseil fédéral: les «Freiheitstrychler» («marcheurs pour la liberté»), vêtus de leurs maillots blancs, protestant contre les mesures sanitaires, tantôt avec autorisation, tantôt sans.

Ces derniers temps, les rassemblements ont dégénéré, comme jeudi dernier à Berne, où les images de la «prise du Palais fédéral» ont fait le tour du monde.

Le dimanche précédant cet incident dans la capitale fédérale, Ueli Maurer s'est affiché …

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