DE | FR

Propos «racistes» de Thomas Aeschi: l'UDC s'en prend (encore) à la SSR

Les propos controversés du chef de groupe UDC au Parlement Thomas Aeschi sont indirectement à l'origine de la nouvelle attaque du parti contre la SSR.
Les propos controversés du chef de groupe UDC au Parlement Thomas Aeschi sont indirectement à l'origine de la nouvelle attaque du parti contre la SSR.Image: Keystone/watson
Le parti de droite a décidé de boycotter l'émission politique phare de la SRF, «Arena»: son présentateur a affirmé que les propos tenus par l'élu UDC sur les réfugiés ukrainiens étaient «racistes».
24.03.2022, 07:1124.03.2022, 11:32
Suivez-moi

Nouveau rebondissement dans l'«affaire Aeschi». L'UDC a annoncé mardi qu'elle allait boycotter «jusqu’à nouvel ordre» l'émission «Arena» de la SRF. La raison? Le parti n'a pas apprécié les propos du présentateur Sandro Brotz, qui est revenu vendredi dernier sur les déclarations polémiques du chef de groupe UDC au Parlement au sujet des réfugiés ukrainiens.

Tout commence la semaine passée. Mercredi 16 mars, lors d'un débat urgent au Parlement sur l'Ukraine, Thomas Aeschi déclare: «Il est inadmissible que des Nigériens ou des Irakiens avec des passeports ukrainiens violent des Ukrainiennes de 18 ans». Des propos jugés «racistes», qui choquent de nombreux élus et internautes.

Deux jours plus tard, Thomas Aeschi participe à l'émission Arena de SRF, l'équivalent alémanique d'Infrarouge. Au cours de la soirée, l'animateur Sandro Brotz insiste sur le caractère raciste des déclarations de l'élu UDC, un avis que ce dernier ne partage pas. Brotz affirme:

«Nous constatons ce soir que ce que vous avez dit est raciste, un point c'est tout. On a parlé avec des experts en droit pénal et avec la commission fédérale contre le racisme, il n'y a rien à redire à cela»
Sandro Brotz

«Inacceptable»

Pour l'UDC, cela ne passe pas. Dans un communiqué incendiaire publié mardi, la formation parle de «dérapage malhonnête» et de «dépassement flagrant des limites».

«Sandro Brotz s’est posé en juge face au chef du groupe UDC Thomas Aeschi»
UDC

Cela n'est pas seulement «inacceptable» aux yeux de l'UDC, ce n'est surtout «pas conforme aux devoirs délivrés par le mandat légal de la SSR qui consiste à présenter des contenus de manière objective et neutre», assure le parti, qui a donc décidé de prendre des mesures:

  1. L'UDC renonce «jusqu’à nouvel ordre» à participer à l’émission Arena.
  2. L’UDC demande à la direction de la SSR de «s’expliquer» et de «faire des propositions sur la manière dont la chaîne peut garantir le retour d’une présentation appropriée et neutre» de l’émission.

Réduire la redevance

Ce n'est pas la première fois que le parti s'en prend à la SSR. L'été passé, sa section tessinoise avait décidé de boycotter la radiotélévision de Suisse italienne RSI, coupable de ne pas avoir couvert le congrès tenu par le parti le 1er août.

L'UDC avait même exigé la démission du chef de l'information de la RSI, Reto Ceschi, pour «partialité manifeste».

De manière générale, le parti accuse la SSR de «décrire le monde majoritairement sous un angle de gauche», avait déclaré son président Marco Chiesa à CH Media. «C'est inacceptable à tous points de vue».

Les opposants sont déjà passés à l'acte, une offensive se prépare. Début mars, l'UDC, l'Union suisse des arts et métiers (Usam) et les Jeunes PLR ont lancé une initiative qui veut abaisser la redevance de 335 à 200 francs par an. La récolte de signatures va bientôt commencer.

[NON-TEXTÉ] Thomas Aeschli durant le débat urgent à propos de la guerre en Ukraine

Video: watson
3 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
3
Pénurie de gaz: pourquoi l'UDC n'a pas totalement tort d'attaquer Sommaruga
Simonetta Sommaruga devrait passer le dossier de l'énergie à son collègue Ueli Maurer, demande le chef du groupe UDC Thomas Aeschi. Il faut dire que l'inaction de la Suisse en matière d'économie de gaz n'irrite pas que lui.

Aucun pays n’a protesté aussi violemment que l’Espagne lorsque la Commission européenne a demandé à ses membres de réduire leur consommation de gaz de 15%. Madrid a piqué l'Allemagne au vif en décrétant avoir fait ses devoirs. En effet, le gaz russe ne joue qu'un rôle mineur en Espagne.

L’article