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Interview

Pandémie et suicide: «Malgré les risques, les jeunes ont appelé à l'aide»

Dans un parc genevois, une exposition aborde le risque suicidaire à l'adolescence. Les dangers se sont accentués avec la pandémie. Point de situation avec Anne Edan de l’Unité de crise Malatavie.
03.06.2021, 17:1003.06.2021, 18:24
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Un labyrinthe en plein air, pour symboliser l'impasse mentale de la crise suicidaire. A Genève, une exposition interactive trône au Parc La Grange depuis ce jeudi.

Organisée par l'Unité de crise Malatavie (HUG) et la fondation Children Action, elle aborde le risque suicidaire à l'adolescence. Elle entend sensibiliser le grand public, à l'heure où la pandémie a fragilisé la santé mentale des jeunes.

Comment vont les ados après 15 mois de Covid-19? Pourquoi avoir organisé une telle exposition? Dre. Anne Edan, médecin-responsable de Malatavie, nous éclaire.

Anne Edan, vous dites que la pandémie accentue le risque suicidaire chez les ados. L'avez-vous observé sur le terrain, dans vos consultations?
Nous avons surtout été inquiets en octobre: nous craignions vraiment une augmentation du nombre de tentatives de suicide. Celles-ci ont finalement été un peu plus nombreuses, mais moins que ce que nous avions imaginé. Les consultations d'urgence ont aussi un peu augmenté.
Les facteurs de risques liés aux mesures sanitaires étaient nombreux: je pense notamment à l'atteinte du lien social et la diminution des activités de loisirs. Pourtant, malgré tout, nous avons vu du côté des lignes de prévention que les jeunes ont été capables d'appeler à l'aide.

«Une belle solidarité de l'entourage leur a aussi permis de trouver le chemin du soin»

L'exposition à Genève illustre les méandres de la crise suicidaire. Qu'est-ce que c'est?
Le terme de crise comporte la notion du danger, mais aussi des opportunités. Une crise compte un début et une fin, un avant et un après. Quand les adolescents y sont plongés, ils omettent bien souvent la notion du temps et peuvent penser que la crise durera toujours. Ce n'est pas le cas: avoir des idées suicidaires un jour ne veut pas dire qu'on va être suicidaire toute sa vie.

L'exposition
Le «Labyrinthe Ado-Les-Sens» est un musée éphémère en plein air. Sur 300 m2, les visiteurs peuvent s'informer, à travers des affiches, des vidéos et des graffitis, sur des thématiques liées à l'adolescence. L'exposition est ouverte tous les jours jusqu'au 13 juin, entre 10h et 19h, au Parc La Grange à Genève.

Pourquoi faut-il parler du risque suicidaire dans l'espace public?
C'est fondamental parce que les plus grands acteurs de prévention, ce sont les adolescents qui se parlent entre eux. Ce sont aussi tous leurs proches, et toutes les personnes du grand public.

«Il faudrait que chacun ose demander à quelqu'un qui semble aller mal "tu penses à te faire du mal?" ou "tu as pensé au suicide?"»

Ça paraît très inquiétant, oui, mais ça peut être libérateur pour un adolescent d'en parler. Ça peut lui sauver la vie.

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Une catastrophe nucléaire à Zaporijia? «Zelensky ne devrait pas jouer avec ça»
Les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) tirent un bilan inquiet et inquiétant de leur inspection de Zaporijia, occupée par les Russes et régulièrement bombardée. La plus grande centrale nucléaire d'Europe risque-t-elle de nous exploser au visage? On a posé la question à l'ancien directeur de l'AIEA, Bruno Pellaud, physicien et vice-président du Forum nucléaire suisse.

L'actuel directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, semble très inquiet concernant la centrale nucléaire de Zaporijia. Vous partagez son avis?
Bruno Pellaud: En tant que directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi doit faire tout ce qui est possible pour combler un vide juridique, c'est-à-dire la question des centrales nucléaires en situation de guerre. Il faut impérativement que toutes les parties belligérantes s'engagent auprès de l'Agence internationale à ne pas utiliser de centrale comme cible ou comme refuge. Si j'étais à la place de Rafael Grossi, j'exigerais qu'un rayon de protection soit mis en place autour de Zaporijia. Il semble que Monsieur Grossi ait effectivement mentionné un rayon de neutralisation de 20 kilomètres. Même s'il n'a pas formellement d'autorité dérivant d'un traité ou d'un accord formel entre Etats pour dire «Il est interdit de faire ci ou ça» avec une centrale, Rafael Grossi a l'autorité morale pour le faire.

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