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En Afghanistan, les femmes journalistes sont (déjà) radiées

Les forces talibanes ont interdit récemment à deux journalistes de télévision vedettes Khadija Amin et Shabnam Dawran de se rendre sur leur lieu de travail. Mais elles seraient en réalité bien plus.
26.08.2021, 08:5716.09.2021, 16:55

Les femmes sont des cibles prioritaires de la doctrine des talibans. Et même si le mouvement islamiste travaille son discours, en assurant que leurs droits ne seront pas bafoués, leurs actions montrent tout le contraire.

Khadija Amin, journaliste à la télévision afghane, fait partie des premières personnalités publiques à subir les conséquences du nouveau régime. Ainsi, quelques jours seulement après l'arrivée des talibans à Kaboul, elle s'est vu démettre de ses fonctions.

Remplacée du jour au lendemain

La voix pleine de sanglots, la journaliste s'est confiée sur les conditions de son éviction dans une vidéo postée sur internet. 👇

Vidéo: YouTube/NDTV

Elle raconte qu'une fois sur son lieu de travail, un taliban lui a barré la route et lui a demandé de «rester à la maison quelques jours de plus». Une fois chez elle, Khadija a allumé la télévision et, a aperçu, un homme portant un turban et une longue barbe noire: C'était le nouveau présentateur du journal. Elle s'est insurgé:

«Je suis une journaliste et je n’ai pas le droit de travailler. Que vais-je faire? La prochaine génération sera sacrifiée. Tout ce que nous avons accompli pendant 20 ans est parti en fumée. Les talibans sont les talibans: Ils n’ont pas changé»
Khadija Amin, journaliste à la télévision afghane

Sur Clubhouse, la journaliste a confié également que d’autres femmes travaillant pour la chaîne avaient été suspendues pour une durée indéterminée.

«Rentrez chez vous»

Steven Butler, coordinateur du programme Asie du comité de protection des journaliste (CPJ) a réagi dans un communiqué:

«Dépouiller les médias publics des éminentes présentatrices de nouvelles est un signe inquiétant que les dirigeants talibans afghans n'ont aucune intention de tenir leur promesse de respecter les droits des femmes, dans les médias ou ailleurs»

Et puis il y a aussi, Shabnam Dawran, une journaliste qui travaille depuis six ans pour la télévision publique RT. Mais ça c'était avant. Dans une vidéo publiée sur internet, elle a partagé son désespoir.

Le régime a changé. «Vous n'êtes pas autorisé à entrer ici. Rentrez chez vous», lui a-t-on notamment déclaré. Cela, alors même qu'elle portait un hijab et une pièce d'identité.

«Ceux qui m’écoutent, si le monde m’entend, s’il vous plaît, aidez-nous, car nos vies sont en danger»
Shabnam Dawran, journaliste afghane

Dans certaines zones du pays en main des talibans, les ONG alertent sur les violations des droits des femmes. A tel point qu’une large majorité d’Afghanes s’est remise à porter la burqa, qu’elles avaient en partie délaissé depuis 2001.

Par ailleurs, selon l'ONU, les droits des femmes constituent une «ligne rouge» à ne pas franchir. Pour rappel, lors de précédente prise de pouvoir des talibans, entre 1996 et 2001, les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier. (hkr)

« S'il vous plaît, aidez-nous » - deux victimes de Kaboul témoignent

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