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Vous avez loupé la finale de l'Eurovision? Nous pas et c'était super (kitsch)

Comme des centaines de millions de téléspectateurs européens, j'ai suivi avec délectation la 66e édition de l'Eurovision. Paillettes dans les yeux et sur scène. Vous l'avez manquée? Voici un résumé (très subjectif).
15.05.2022, 09:0515.05.2022, 20:21
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21 heures 02. Merde, ça a commencé!

«Allumez la téléééééééé!»

On abandonne la table et la vaisselle, direction toute sur la télévision. (L'éternel) Jean-Marc Richard a déjà débuté son speech, depuis au moins quinze bonnes minutes, accompagné de Gjon's Tears, candidat émérite suisse de l'année passée. Jean-Marc annonce déjà la (décevante) couleur de cette édition:

«Ce ne sera pas tant kitsch ce soir»

Pardoooon?!

«Ouais, les trucs très kitsch se sont déjà tous fait virer lors de la demi-finale»

Mais Jean-Marc tient quand même à préciser:

«Mais rassurez-vous, il y en aura quand même!»

Alors, tout va bien.

Sur la scène, à Turin, les présentateurs (dont l'inoubliable Mikaaaaa) rappellent les règles: les téléspectateurs ont le droit de voter, mais pas pour leur propre pays. Trêve de discours, c'est parti!

«Are you readyyyy?»

La République tchèque ouvre le bal. Résumé de cette première chanson: une pâle copie de Lady Gaga coincée quelque part au milieu des années 1990. Mouais. Même le juste et très conciliant Gjon's Tears l'affirme: «C'était moins bien que pendant la répétition».

Puis c'est la Roumanie, et là encore, c'est pas gagné. Jean-Marc souligne, laconique: «Nous, on n'a pas vraiment d'avis». Oulà. Heureusement que le présentateur de la RTS nous avait avertis que ce ne serait pas trop «kitsch». Il faudra qu'il nous refournisse sa définition. Tout y est pourtant: les volants, les brillants, le cuir, le latex et la chorégraphie endiablée. «On est sur des paroles profondes», rigole Gjon's Tears au sujet des «olalala ba-baby-baby».

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A la Roumanie succède le Portugal. Bon, bon, bon... Déjà, ce kimono bizarre, ça ne va pas du tout.

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«C'est beaucoup trop sobre!» s'écrie mon père (qui a l'Eurovision en horreur parce qu'il trouve ça «surfait»). «Performance extraordinaire!» se réjouit, pour sa part, notre présentateur national Gjon.

Arrive la Finlande. Aïe. Ouïe! «Qu'est-ce qui se passe avec son visage?» s'enquiert mon compagnon en fronçant les sourcils, perplexe devant le chanteur en ciré jaune (à ce moment-là, on n'a pas encore reconnu Rasmus, le groupe mythique). Lequel s'est reconverti dans un mix douteux entre chanson française et punk à la sauce finlandaise. En tout cas, Gjon est excité: «Le public est en chaleur»! Moi, moins.

Vient ensuite la Suisse avec Marius Baer, et une chanson sur le thème du harcèlement. «Parce que c'est important», approuve Jean-Marc. Perso, je ne vois qu'une pâle copie de la performance de Gjon's Tears de l'année dernière. «Entièrement faux!» conteste mon chéri. «La qualité était là», souligne le principal concerné, en direct de Turin.

Marius Baer en 2022.

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Gjon's Tears en 2021. Avouez, y'a un truc.

«Cette réalisation, en revanche, est complètement aléatoire», précise l'animateur en herbe. «Mais ça, c'est la télévision italienne», précise Jean-Marc. En effet, il faudra qu'on prenne une seconde pour parler des intermèdes vidéo qui sont vraiment, vraiment gênants.

Puis arrive la France, qui, comme d'hab', surpasse tout. Euh... en fait, non, j'ai rien dit. Le breton, c'est joli quand c'est chanté du sommet d'un phare. Gjon, lui, est implacable:

«C'était vraiment particulièrement moins bon que lors des répétitions»

Survient ensuite la Norvège, présenté comme un groupe «interstellaire», «venu de la lune». Des bananas au milieu d'un décor galaxie, en costume et masque de loup qui évoquent vaguement Daft Punk. Fou furieux, mais ça fonctionne. «Daft Punk qui aurait piqué des déguisements de la fête des écoles», commente froidement mon mec, avant d'adhérer à son tour.

Maintenant vient l'Arménie, mélange tristounet entre Adèle et Birdie en pyjama, allongée sur un lit en papier toilette. «Un arrangement assez moderne», mais qui relève du «plagiat», indique Gjon avec un petit rire taquin.

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Au tour de l'Italie, qui rappelons-le, est la grande vainqueure de l'édition précédente. Insupportable, roudou, dégoulinant... bref, j'a-dore. Ils sont trop chous.

Elle est suivie de l'Espagne, qui enchaîne avec une belle chorégraphie sur des talons aiguilles de 28 centimètres. La prouesse pousse à l'admiration, mais... non. D'ailleurs, Jean-Marc est de mon avis: «J'admets que je suis un peu prude, mais je trouve ça assez vulgaire».

Succède les Pays-Bays. Si le bide de la chanteuse est très exposé, sa performance en est loin. C'est sobre et sublime - presque un peu trop pour l'Eurovision.

Puis l'Ukraine, forcément très attendue au vu du contexte. Le groupe, Kalush Orchestra, balaie mes craintes en moins de temps qu'il n'en faut pour être aveuglé par le bob flashy de son chanteur. A noter que le groupe a manqué de peu la disqualification pour avoir revendiqué son soutien envers son pays. Brisant la règle numéro une: on ne parle pas politique à l'Eurovision.

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L'Allemagne me convainc modérément. Le chanteur évoque un Bastian Baker 2.0 - sauf qu'il est moins sexy.

Vient le tour de la Lituanie. Déjà, mention spéciale pour la robe de sirène lamée frappadingue, très Eurovision pour le coup. «Je continue à affirmer que c'est trop sobre!» appuie mon père, dont les yeux fragiles ont visiblement été accoutumés aux paillettes. La performance se déroulera en même temps qu'un débat animé sur le thème:

«Est-ce que la chanteuse porte une perruque?»
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Jean-Marc balaie nos doutes à la fin de la chanson: «Oui oui, il faut préciser que c'est une perruque».

Vient l'Azerbaïdjan. «Une histoire d'amour douloureuse qui finit mal», note Jean-Marc. Pendant que je m'extasie sur cette très belle chanson, quoique presque aussi déprimante que le costume de son interprète, mon père et mon mec se lancent dans un débat sur l'emplacement de l'Azerbaïdjan en Europe (pour votre culture générale, l'Azerbaïdjan est un pays asiatique, mais membre du Conseil de l'Europe).

Puis la Belgique (qui ne sera pas perturbée par des questions géographiques). Personnellement, je suis convaincue. Mes voisins, un peu moins: «C'est vachement cul-cul, non?» Pff, jamais contents.

Entre-deux prestations, Mika s'est changé et il a enfilé un magnifique costume rose fluo pour le moins... clinquant. Comme d'habitude, il est sublime. Votez Mika.

«Ils sont mieux habillés que nous», reconnaît Jean-Marc lui-même.

C'est maintenant au tour de la Grèce. Mention spéciale pour la robe d'extraterrestre. Musicalement, ça tombe à plat. «On a vu disparaître de très belles chansons au profit de chansons plus boom boom», déplore Jean-Marc.

L'Islande, c'est l'inverse: même si les costumes sont tout simplement AFFREUX, la chanson est super. On a envie de piquer le chapeau de cow-boy moche des trois interprètes pour partir en road trip à bord d'une caisse pourrie.

Avec la Moldavie, on part sur un tout autre délire. Un mélange (pas) sobre de jodel, rap, punk, rock'n'roll et danse folklorique à la fête du village. Mon compagnon résume le tout:

«C'est comme les enfants avec les crêpes: ils mettent du jambon, avec du Nutella et du lard.»

«Ça fait du bien d'avoir de la bonne humeur comme ça», commente sobrement Gjon. En tout cas, moi, ils me donnent envie de prendre le prochain vol pour découvrir la Moldavie.

Puis la Suède. Lana del Rey avec une coupe de Karen et un peu plus de peps. Pendant ce temps, Jean-Marc comble les entres-shows: «Pendant que Mika nous dit ce qu'il pense de l'Eurovision, nous on va revenir sur une mini-polémique: la disqualification d'Israël».

Vient ensuite l'Australie (là, je ne comprends plus rien au concept de «l'Eurovision»). Une de mes prestations préférées. Le costume est dingue, la chanson est dingue, le mec est dingue, tout est dingue.

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«C'est une Karen aussi», fait remarquer mon voisin de canapé constamment mécontent en arquant un sourcil lorsque l'intéressé retire son masque couvert de strass argentés. Gjon, pour sa part, est univoque: «C'est ce qu'on appelle la perfection vocale».

L'animatrice (à savoir Laura Pausini) s'est (encore) changée. Son costume est toujours aussi moche, mais comme elle chante très bien, je suis obligée de me taire.

Vient le Royaume-Uni. «On entend un peu de tout», résume très bien Gjon. David Bowie, le barde Assurancetourix et Sam Smith. Méfiance. Nous découvrirons par la suite que si le public a été moyennement emballé par la performance, les juges l'ont l'adorée.

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Puis c'est la Pologne, qui arrache un commentaire ronchon à mon partenaire:

«Ils chouinent tous cette année, nan?»

C'est vrai que c'est un peu tristounet. «Incroyable voix!» s'enthousiasme pour sa part Gjon.

Vient ensuite la Serbie, plus «conceptuelle», prévient déjà Jean-Marc. «Une chanson autour du Covid, de se laver les mains, de thèmes bizarres comme le shampoing de Meghan Markle», précise encore notre animateur, quelque peu désarçonné devant ses feuilles. Apparaît alors sur scène une sorte d'Amélie Nothomb ou de Marilyn Manson version féminine, mi-bonne-sœur, mi-infirmière.

Et non, il ne s'agit pas d'une pièce dans un petit théâtre indé de La Chaux-de-Fonds.
Et non, il ne s'agit pas d'une pièce dans un petit théâtre indé de La Chaux-de-Fonds.Image: sda

Bizarre, mais super original. «Des incantations d'hygiène des mains qui ne nous viennent pas d'Alain Berset, ni de Didier Pittet!» se réjouit Gjon.

Juste derrière, l'Estonie a l'air beaucoup plus fade. «Ça chante faux et c'est pas beau». Je confirme, le guitariste a beau être plein d'énergie et de bonne volonté, il ne déborde pas d'énergie. «Il a fait un effort et c'est super!» s'enthousiasme Gjon. «On a presque compris 25% des paroles!» Eh ben, c'est super.

On commence à trouver tout ça un peu long quand Måneskin (les Italiens qui ont remporté le titre de l'édition précédente) fait irruption pour un intermède musical - et vient nous secouer un bon coup avant la dernière ligne droite.

23 heures 30. Le moment de l'attente (impatiente) des résultats.

Mais aussi la diffusion d'images qu'on ne peut voir qu'à l'Eurovision.

capture d'écran

Pendant ce temps, Gjon et Jean-Marc meublent en évoquant ce grand moment de «mode» qu'est le concours de l'Eurovision. Ils ouvrent les paris: l'Ukraine va-t-elle gagner en misant sur l'élan de la solidarité des autres pays?

Vers minuit, les résultats et les points du jury commencent à tomber (trop) lentement. Première ébauche d'un classement avec lequel nous ne sommes, forcément, pas du tout d'accord. «Le public est scotché», précise justement Jean-Marc. Le suspens est à son comble.

Minuit et 30 minutes, je manque de m'endormir sur mon canapé.

Une heure deux. Entre deux bâillements, l'Ukraine rafle la victoire attendue grâce à la ferveur populaire et la Suisse le noble score de 0 point du public. Tout est rentré dans l'ordre. Conclusion: c'est la première fois que l'Europe de l'Ouest vient de comprendre que, oui, évidemment, l'Eurovision, c'est politique.

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Top 7 des pires galères qui peuvent arriver avec votre passeport
Si vous ne cochez aucun de ces sept points, vous êtes prêt pour les vacances, bravo! (Sauf si votre maison dans le sud est infestée de sauterelles, mais ça, ça n'a surtout aucun rapport avec votre passeport.)

Vous voulez aller admirer des lions, des ours, des baleines et autres animaux sauvages quelque part sur cette planète cet été? Assurez-vous que votre propre bête féroce n'ait pas eu d'autres projets pour vous, genre vous faire faire le tour du pâté de maisons et jouer à la baballe dans le jardin. Rangez votre passeport dans un lieu sûr, votre chien ne veut pas aller au chenil pendant que vous vous la coulez douce et fera tout pour ruiner vos vacances.

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