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Pandora Papers: de quoi parle-t-on? Rattrapage en 5 points

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Vous n'avez rien suivi des «Pandora Papers»? Rattrapage en 5 points

«Pandora Papers»: vous risquez d'entendre ce nom sans arrêt ces prochains jours. Alors voici quelques explications pour comprendre cette enquête planétaire, qui révèle comment les puissants de ce monde échappent à l'impôt grâce aux paradis fiscaux.
04.10.2021, 10:1805.10.2021, 18:17
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En ce dimanche soir 3 octobre, comme la plupart des gens, vous étiez peut-être trop occupé à digérer votre brunch ou à vous remettre de votre samedi soir pour vous inquiéter de cette affaire au nom mystérieux. Ça tombe bien, on vous propose de vous rattraper, rapidement et efficacement.

On parle de quoi?

Le nom parle de lui-même: il évoque le mythe de la boîte de Pandore, qui, sitôt ouverte, provoque une vague de problèmes et de malheurs.

Les «Pandora Papers», ce sont des documents - ou plutôt, un ensemble de millions de documents. Des données confidentielles qui indiquent comment des personnalités du monde entier échappent toujours à l'impôt en ayant recours aux paradis fiscaux.

À l'origine de cette enquête hors norme, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), une cellule composée de:

  • 600 journalistes.
  • Répartis dans 150 journaux.
  • Et dans 117 pays (dont la Suisse).

Pendant des mois, ce groupe de journalistes a épluché les quelque 11,9 millions de documents qui constituent les «Pandora Papers».

Il s'agit en fait d'archives de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore. Comme l'explique Radio France, qui fait partie de la cellule d'investigation, ces firmes jouent un rôle central: elles permettent à certains détenteurs de grandes fortunes de dissimuler une partie de leur argent ou d'en investir, en se cachant derrière des sociétés-écrans.

Ça concerne qui?

L’enquête de l’ICIJ épingle plusieurs dirigeants politiques, des stars, des personnalités du cinéma, des sportifs, mais aussi des criminels de toutes sortes (vendeurs d'armes, narcotrafiquants, criminels sexuels, mafieux...).

Que du beau monde! La liste est longue: selon Le Monde, qui a participé à l'enquête, au moins 300 responsables publics du monde entier sont concernés, dont quelque 35 chefs d’Etat actuels ou passés.

Si vous êtes célèbre et voulez vérifier que vous n'en faites pas partie, c'est ici!

Pourquoi c'est grave docteur?

En soit, rappelle le Consortium, posséder une société offshore n'est pas illégal. Ces sociétés-écrans sont souvent installées dans des paradis fiscaux pour dissimuler l'identité de leur propriétaire.

Le problème, c'est que ce secret peut servir de couverture à des flux d'argent illicites, qui sont la porte ouverte à tout un panel de crimes:

  • Corruption.
  • Blanchiment d'argent.
  • Évasion fiscale.
  • Financement du terrorisme.
  • Traite des êtres humains.
  • Violations des droits de l'homme en tous genres.

Et même sans aller aussi loin, les centres offshore offrent une protection très efficace contre les taxes.

Cette dissimulation de richesses dans les paradis fiscaux «privent les trésors publics des fonds nécessaires au financement des routes, des écoles et des hôpitaux». Un argent utilisé pour plutôt acheter jets privés, yachts, manoirs, et autres œuvres d'art de grands maîtres. Chacun ses priorités.

Quel rapport avec les «Panama Papers»?

Et si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez peut-être des «Panama Papers», qui ont précédé les Pandora Papers au printemps 2016. Le concept est un peu le même. Les «Panama Papers» désignent une fuite de millions d’archives digitales du cabinet Mossack Fonseca.

Cette enquête, également effectuée par l'ICIJ, avait provoqué un vaste scandale. Elle a mis en lumière les pratiques financières et fiscales de tout un éventail de clients et suscité au moins 150 enquêtes dans 79 pays, sur de possibles situations d’évasion fiscale ou de blanchiment d’argent.

Ce nouveau dossier de l’ICIJ montre que malgré la publication des «Panama Papers» et ses retombées, la régulation du système de sociétés offshore reste inefficace.

Et la Suisse dans tout ça?

Selon la cellule enquête du groupe de presse Tamedia, «cette fuite concerne encore davantage la Suisse que les "Panama Papers". Sur quelque 20 000 sociétés offshore du grand cabinet panaméen Alcogal, plus d’un tiers était lié à des avocats, fiduciaires ou autres conseillers basés en Suisse.»

90 entreprises suisses seraient impliquées dans les «Pandora Papers», parmi lesquelles des cabinets d'avocats, des notaires et des sociétés de conseil.

Entre 2005 et 2016, au moins 26 entreprises helvétiques auraient apporté leurs services à des clients dont les sociétés offshore se sont retrouvées sous enquête pour blanchiment d'argent et autres délits financiers.

Le Conseil fédéral a tenté de lancer une réforme de la loi suisse contre le blanchiment d'argent. Le projet a échoué au parlement, où l'on a considéré la Suisse comme un «élève modèle» en la matière.

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