Polémique: des militants auraient empêché les secours de sauver une cycliste
Lundi matin, une cycliste de 44 ans a été écrasée par un camion-bétonnière sur la Bundesallee dans le quartier de Wilmersdorf à Berlin. La victime s'est retrouvée coincée sous le véhicule. Selon le Tagesspiegel, les services de secours ont été alertés de l'accident vers 8h26.
Selon le porte-parole des pompiers, les équipes d'intervention, équipées d'un véhicule spécial permettant de soulever des charges lourdes, sont restées coincées un «certain temps dans les embouteillages» sur l'autoroute A100.
L'incident a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours et pour cause: le camion se serait retrouvé coincé dans un embouteillage déclenché par des activistes du climat. Selon un porte-parole de la police, les militants étaient collés sur l'A100. Depuis des mois, le groupe bloque régulièrement des tronçons de la circulation routière à Berlin et dans d'autres villes.
Mardi, la police a déclaré que sans ces activistes, il n'y aurait pas eu d'embouteillage à cet endroit. Des pompiers ont déclaré au Tagesspiegel que l'ambulance n'a pu «traverser que lentement la circulation dense». Jusqu'à ce que les activistes bloquent la route, le véhicule a «traîné les pieds».
Quelles ont été les conséquences du retard?
Il a donc fallu 19 minutes au véhicule pour se rendre du point A au point B, le lieu de l'accident, soit sept de plus que si l'ambulance avait eu la voie libre. Lorsque le véhicule est arrivé, la cycliste avait déjà été libérée de la bétonnière. On ne sait pas si le retard a aggravé les blessures de la femme.
Mardi, la police enquêtait sur deux personnes qui bloquaient l'A100. Un porte-parole a déclaré à l'agence de presse allemande qu'une enquête avait été ouverte contre un homme de 63 ans et un homme de 59 ans pour non-assistance à personne en danger ou entrave à l'action des personnes qui portent secours.
Comment va la victime?
Jeudi après-midi, la police berlinoise a d'abord annoncé que la cycliste accidentée avait succombé à ses blessures. Peu après, les autorités ont corrigé le tir et indiqué que la femme de 44 ans avait été déclarée en état de mort cérébrale. La femme est toujours sous traitement médical intensif. Ses chances de s'en sortir sont très minces.
Avant même que la mort cérébrale de la cycliste ne soit connue, les blocages de routes ont été critiqués par de nombreux politiciens berlinois et fédéraux. Jeudi, la ministre fédérale de l'Intérieur Nancy Faeser (SPD) s'est vivement opposée aux actions des activistes climatiques.
Elle a critiqué les blocages des activistes, les qualifiant d'antidémocratiques: «Tout cela n'a absolument rien à voir avec un débat démocratique. Les délinquants doivent être poursuivis rapidement et systématiquement».
Mardi, le chancelier allemand Olaf Scholz s'était également greffé au vif débat sur les protestations. Il a appelé les activistes climatiques à ne pas mettre en danger les autres par leurs actions.
Dass die Radfahrerin, die am Montag in Berlin bei einem Unfall von einem Betonmischer verletzt wurde, nun für hirntot erklärt wurde, trifft uns tief.
— Letzte Generation (@AufstandLastGen) November 3, 2022
Wir wünschen den Angehörigen viel Kraft.
La porte-parole du groupe de protestation climatique «Dernière génération», Carla Hinrichs, avait déclaré que le groupe espérait sincèrement que l'état de santé de la femme n'avait pas été aggravé par le retard du camion spécial des pompiers.
Le groupe d'activistes souhaite attendre un communiqué des pompiers de Berlin avant de prendre une nouvelle fois la parole publiquement. (svp avec t-online)
