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Voilà 5 (très bonnes) raisons de ne pas rêver d'aller dans l'espace

De Space X à Mars, la conquête spatiale revient à la mode ces derniers mois. Pourtant, l'espace c'est surtout de gros risques pour votre santé physique et mentale, ainsi qu'un manque de confort criant.
23.04.2021, 17:2523.04.2021, 17:47
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Attention, rabat-joie. Si votre rêve absolu est d'embarquer pour l'espace, vous devriez bien considérer la lecture de cet article. Il risque de vous faire changer d'avis. Vous voilà prévenus.

Le Rover Perseverance, qui ouvre la voie à l'exploration martienne, Elon Musk (Space X) et Jeff Bezos (Blue Origins), qui se disputent la suprématie sur les étoiles et la «rockstar» française de l'espace, Thomas Pesquet, de retour sur la station spatiale internationale ce vendredi. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la conquête spatiale a fait un retour en force ces dernières semaines.

Aucun doute, l'espace, c'est sexy et ça déchaîne les rêves les plus fous de 7 à 77 ans. Voici pourtant cinq très bonnes raisons de ne pas quitter notre très cher plancher des vaches. Et on n'évoquera même pas le risque que votre fusée explose au décollage...

Votre cerveau va prendre cher...

C'est peut-être l'organe qui souffre le plus d'un passage prolongé dans l'espace: le cerveau. En 2017, la spécialiste américaine en neuroradiologie, Donna Roberts, a étudié les IRM des cerveaux de 34 d’astronautes, avant et après leur saut dans les étoiles. Résultat? Le cerveau a tendance à «s'entasser» et à se déplacer, réduisant l'espace entre son sommet et le crâne.

«Nous avons constaté une augmentation significative et généralisée du volume de liquide extracellulaire dans les lobes frontal, temporal et occipital, entre avant et après le vol spatial», poursuivaient les scientifiques d'une autre étude, deux ans plus tard. Au final, cette augmentation de la pression dans la boîte crânienne peut engendrer des lésions cérébrales.

... le reste de votre corps aussi

Mais il n'y a pas que votre cerveau qui va ramasser. En six mois, vos artères vont vieillir de 20 à 30 ans, vos chances d'être touché par une maladie cardio-vasculaire vont être multipliées par quatre ou cinq et votre système immunitaire va se dérégler.

Et n'oublions par les tumeurs. Selon une étude de l'Université du Nevada (USA), hors du champ magnétique terrestre, les cellules humaines sont deux fois plus exposées au risque de cancer. La faute aux rayonnements liés à l'activité nucléaire du soleil qui bombarde directement les astronautes.

Image: Shutterstock

Pour étudier tous ces phénomènes, la NASA a procédé à une étude comparative entre Scott Kelly, qui totalise 340 jours sur la station spatiale internationale, et son frère jumeau qui n'a jamais quitté la Terre. Grâce aux plus de 300 échantillons récoltés sur 18 mois, l'agence spatiale a pu se rendre compte que l'ADN de l'astronaute avait été modifié de 7%, suite à son passage dans l'espace.

«Quand je suis rentré, mon corps était vraiment douloureux, témoignait Scott Kelly en 2018. Ma peau n’avait rien touché pendant 340 jours, à part des vêtements. Quand elle était en contact avec quelque chose, elle brûlait.»

La gravité va vous manquer (et c'est grave)

On ne s'en rend même plus compte mais, sur Terre, notre corps est constamment soumis à la gravité. Son absence dans l'espace est un problème non-négligeable. Même si les astronautes tentent de maintenir une activité physique régulière, ils voient leur masse musculaire fondre rapidement.

«Là-haut, le corps est fortement modifié»
Thomas Pesquet, astronaute

Par ailleurs, leurs os se fragilisent: la NASA indique que le corps peut perdre jusqu'à 2% de masse osseuse par mois en apesanteur. Ces pertes vont également augmenter la quantité de calcium dans le sang et le risque de voir apparaître des calculs rénaux.

Mais ce n'est pas fini: près de 75% des astronautes se plaignent de troubles de la vision durant leur mission, un problème qui peut même persister une fois de retour sur terre. La cause? Le liquide céphalorachidien qui, en l'absence de gravité, remonte vers la tête et exerce une pression qui aplatit le globe oculaire, faisant gonfler le nerf optique.

Tout n'est pas à jeter pour autant, l'apesanteur va aussi vous permettre de grandir de quelques centimètres. En revanche, cet allongement de la colonne vertébrale peut causer des hernies discales...

Même dormir ou faire pipi est compliqué

Les raisons médicales ne vous ont pas convaincu? Peut-être que de savoir que vous allez devoir porter des couches vous fera changer d'avis. Eh oui, l'espace n'est pas aussi glamour que ce que nous vend Hollywood. Dans leur combinaison, les astronautes n'ont pour le moment pas d'autres solutions que de porter des couches. Ce qui avait poussé la NASA à lancer le «caca challenge» en 2016 pour trouver une solution.

Vidéo: Vimeo/HeroX

Mais même quand ils ne portent pas leur combinaison, aller aux toilettes n'est pas une partie de plaisir pour les astronautes qui doivent se débrouiller avec un tuyau aspirateur, un sac plastique et une grosse cuve. On préfère laisser une spécialiste vous expliquer...

N'oublions pas de préciser que dormir n'est pas de tout repos non plus. Les astronautes bénéficient d'un compartiment de la taille d'une cabine téléphonique, dans lequel ils «s'allongent» debout, sanglés à la paroi. Bon à savoir, sans pesanteur, le dioxyde de carbone peut former une bulle autour de votre tête, ce qui pourrait vous étouffer. Pour éviter tout problème, il est nécessaire de dormir à côté d'une bouche d'aération. Et tant pis pour le bruit.

Attention au
«blues de l'espace»

La santé mentale des astronautes est également mise à rude épreuve dans l'espace. L'enfermement dans une structure réduite et l'isolation peuvent provoquer des problèmes psychologiques ou cognitifs majeurs durant la mission, notamment des difficultés à se concentrer.

«Je pense que le deuxième séjour est plus difficile que le premier. Peut-être pas physiquement, mais mentalement, oui.»
Thomas Pesquet, astronaute, au micro d'Europe 1.

Mais le retour sur Terre ne résout pas tout, loin de là. Les astronautes sont très fréquemment frappés par le «blues de l'espace». «Ce rêve, ils le font depuis qu’ils sont gosses. A leur retour de mission, la vie terrestre peut leur sembler morose», expliquait la Dr. Godard, experte en médecine spatiale, à LCI.

Une fois sur le plancher des vaches, ils n'ont donc souvent qu'une idée: repartir. Ce qui peut causer des dépressions chez ceux qui se voient cloués au sol. «Je me suis terré. J'ai refusé d'évoquer mon passé pendant de nombreuses années. C'était trop douloureux», confiait Philippe Perrin, ephémère astronaute au début des années 2000.

Le premier vol de l'hélicoptère Ingenuity

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Le premier vol de l'hélicoptère Ingenuity
source: sda / nasa/jpl-caltech/msss / handout
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