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L'Union européenne ne veut pas d'une adhésion rapide de l'Ukraine dans son clan

Les 27 dirigeants de l'Union européenne se sont réunis à Versailles, le 10 mars 2022.
Les 27 dirigeants de l'Union européenne se sont réunis à Versailles, le 10 mars 2022.Image: sda
Réunis en sommet à Versailles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont exclu jeudi toute adhésion rapide de l'Ukraine. Toutefois, ils n'ont pas exclu d'ouvrir la porte à des liens plus étroits.
10.03.2022, 20:4911.03.2022, 09:43

Les dirigeants des 27 se sont réunis pour élaborer les réponses économiques et militaires au choc de l'invasion russe.

Le président français Emmanuel Macron, en pleine campagne pour sa réélection, et qui assure la présidence tournante du Conseil de l'UE, a accueilli les dirigeants européens dans le cadre prestigieux du Château de Versailles.

Pas de procédure rapide qui fasse, même pour l'Ukraine

Concernant l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, «il n'existe pas de procédure rapide», a rappelé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, alors que Kiev a déposé une candidature dans l'espoir de la rejoindre «sans délai». Nous allons réaffirmer que «nous voulons travailler intensivement avec l'Ukraine», a-t-il néanmoins précisé.

«Est-ce qu'on peut aujourd'hui ouvrir une procédure d'adhésion avec un pays en guerre? Je ne le crois pas. Est-ce qu'on doit fermer la porte et dire jamais? Ce serait injuste», a résumé Emmanuel Macron.

Des changements sont attendus en Europe

Emmanuel Macron voit dans la crise actuelle la confirmation de la nécessité d'une Europe plus souveraine.

«L'Europe a changé sous le coup de la pandémie, elle va changer plus vite et plus fort sous le coup de la guerre»
Emmanuel Macron

Cette guerre va conduire les 27 à prendre «des décisions historiques» pour «complètement redéfinir l'architecture de notre Europe», a-t-il affirmé, en souhaitant notamment «des décisions en matière d'énergie» qui aboutiront à des propositions fin mars lors d'un prochain sommet. Il a aussi appelé à «des décisions en matière de défense» avec «vraisemblablement un conseil exceptionnel» sur ce dossier en mai.

La guerre a mis en évidence des manques

La guerre déclenchée par Vladimir Poutine a souligné plusieurs vérités sur l'Europe:

  • Le manque de capacités militaires européennes, les 27 Etats membres ayant très largement réduit leurs budgets depuis la fin de la guerre froide.
  • L'extrême dépendance de l'UE envers le gaz importé de Russie, qui représente 40% de sa consommation et limite sa capacité d'action contre Moscou.

En effet, même si elle a adopté un paquet de sanctions inédit, l'Europe continue de financer la Russie par ses achats énergétiques dont elle est incapable de se priver à très court terme. Cette dépendance menace aussi son économie qui doit se consolider après avoir déjà subi le choc historique de la pandémie de Covid-19.

Pas de décisions attendues

Le sommet ne devrait pas accoucher de décisions, mais plutôt fixer des orientations politiques qui seront mises en oeuvre dans les mois à venir. Toutefois, voici quelques points qui seront examinés:

  • Investir «plus et mieux dans les capacités militaires» et publier une stratégie de défense avant la fin du mois.
  • Examiner le projet de la Commission de réduire des deux-tiers la dépendance au gaz russe dès cette année.
  • Diminuer les importations de charbon et pétrole de Russie, en diversifiant les fournisseurs et en développant des énergies alternatives comme les renouvelables ou l'hydrogène.
  • Renforcer stockage de gaz, mais aussi «l'optimisation du fonctionnement du marché de l'électricité».
  • Engager de nouvelles mesures urgentes destinées à amortir l'impact de la hausse des prix de l'énergie pour les consommateurs européens.

Un dîner de travail est prévu dans la Galerie des Glaces, où fut signé le traité mettant fin à la Première Guerre Mondiale. La deuxième journée du sommet, vendredi, sera consacrée aux discussions sur le renforcement du modèle économique de l'UE, avant une conférence de presse finale dans l'après-midi. (mbr/ats)

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