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La Finlande a un argument imparable pour draguer l'Otan: son armée

Malgré une population inférieure à celle de la Suisse et des dépenses militaires modérées, la Finlande dispose d'une armée aguerrie, nombreuse et bien équipée. Explications.
18.05.2022, 18:5919.05.2022, 06:41
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Ce mercredi, la Finlande a officiellement demandé son adhésion à l'Otan, après le feu vert du parlement, qui s'est exprimé avec 95% des votes en faveur. Effrayé par son voisin russe, le pays scandinave semble souhaiter ardemment rejoindre l'alliance. Mais que peut-il lui offrir? Jetons un coup d'oeil aux effectifs et aux capacités de son armée: la réponse pourrait vous surprendre.

A première vue, ça ne s'annonce pas particulièrement impressionnant. En 2020, la Finlande consacrait 1,5% de son PIB aux dépenses militaires, selon les données de la banque mondiale. C'est plus que la Suisse (0,8%), mais moins que la France (2,1%) ou le Royaume-Uni (2,2%).

Et pourtant, rappelle l'Express, Helsinki possède l'une des armées les plus puissantes d'Europe. Voici pourquoi.

280 000 hommes mobilisables en quelques jours

Tout d'abord, la Finlande peut compter sur une armée étonnement nombreuse. Et ce, malgré sa très faible population - environ 5,5 millions de personnes, soit 3 millions moins que la Suisse. Concrètement, ses troupes se composent de:

  • 12 000 soldats professionnels.
  • 280 000 soldats mobilisables immédiatement.
  • jusqu'à 900 000 réservistes.

A titre de comparaison, la France (67 millions d'habitants) dispose de 206 317 militaires opérationnels et de quelque 35 000 réservistes. L'Allemagne (83 millions d'habitants) peut compter sur 182 873 soldats actifs et 20 000 réservistes.

Même en chiffres absolus, l'armée finlandaise paraît plus que respectable par rapport à celles des puissances voisines, et encore plus si l'on considère le nombre de soldats par habitant. Pourquoi? Depuis la fin de la guerre froide, la plupart des pays européens ont réduit leurs effectifs en faveur d'armées petites, mais hautement spécialisées, expliquent deux experts finlandais dans un article publié dans la Texas National Security Review. Pas la Finlande.

Le pays a gardé une stratégie plus vieille-école: sa défense est basée sur la conscription, c'est-à-dire le service militaire obligatoire. C'est également le cas de la Suisse, mais ce système est très rare: seule une quinzaine de pays l'appliquent dans le monde, dont quatre en Europe.

Si le pays scandinave a opté pour cette stratégie, c'est à cause de sa situation particulière, poursuivent les experts: le pays a une population petite mais s'étend sur un territoire assez large, sa surface est en effet similaire à celle de l'Allemagne (338 440 km2). Le système de conscription permet de fournir un gros réservoir d'hommes dans lequel puiser en cas de nécessité.

Un armement technologique

L'armée finlandaise dispose d'un autre atout de taille: un équipement moderne et technologiquement avancé. En effet, au cours de ces dernières années, Helsinki a passé commande auprès de plusieurs pays. Les achats les plus importants comprennent:

  • 100 chars Leopard 2A6 hollandais, commandés en 2014.
  • 48 canons automoteurs K9 coréens achetés en 2017. Dix autres ont été annoncés fin 2021.
  • 64 avions de chasse américains F-35, les mêmes que ceux choisis par la Suisse pour remplacer les vieux Tiger, commandés en 2021.
Un Leopard 2A6 de l'armée finlandaise.
Un Leopard 2A6 de l'armée finlandaise.Image: sda

La marine a également été renforcée. Les navires de classe Hamina ont été modernisés il y a quelques années et les capacités de guerre sous-marine ont été améliorées.

Actuellement, Helsinki est en train de remplacer plusieurs navires plus anciens par quatre corvettes multirôles modernes de classe Pohjanmaa, qui seront construites en Finlande et seront opérationnelles pendant toute l'année.

«Prêts à défendre notre pays»

Il y a un dernier point, peut-être moins concret, mais tout aussi central et dont l'importance a, par ailleurs, été démontrée ces derniers mois en Ukraine: la volonté de la population. A ce propos, le chercheur finlandais Heljä Ossa avait expliqué au Monde:

«Nous venons avec une population prête à défendre son pays, ce qui n’est pas forcément le cas dans tous les pays occidentaux.»

L'ombre de l'histoire serait toujours bien présente dans le pays. Les Finlandais n'ont pas oublié qu'ils doivent leur indépendance à la résistance farouche opposée contre les Soviétiques pendant la Deuxième guerre mondiale, rappelle l'Express.

Contrairement à d'autres Etats, le système de conscription jouit d'un large soutien au sein de la population, affirment les experts finlandais. Il ne faut pas oublier que le pays partage une frontière de 1340 kilomètres avec la Russie. Le danger n'est, du moins géographiquement, pas très loin.

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