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Des élus démocrates pressent Biden de libérer des détenus à Guantanamo

Certains députés européens qualifient la prison de Guantanamo comme une «zone de non-droit». Image: keystone/shutterstock

Des élus pressent Biden de libérer les derniers détenus de Guantanamo

Plus de 70 élus démocrates ont pressé jeudi le président américain de fermer la prison militaire de Guantanamo et de libérer ou juger devant les tribunaux fédéraux les 39 derniers détenus présumés complices d'Al-Qaïda.



A l'approche du 20ème anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, 75 élus de la Chambre des représentants ont invoqué dans une lettre ouverte au président le coût excessif de ce centre de détention controversé.

«La prison de Guantanamo a abrité jusqu'à 800 prisonniers mais elle ne détient actuellement que 39 hommes, dont beaucoup sont âgés et de plus en plus faibles», soulignent-ils dans cette lettre.

«Selon des informations de presse, la prison coûte plus de 500 millions de dollars par an, soit un coût annuel exorbitant de 13 millions de dollars par prisonnier»

Les élus de la Chambre des représentants dans une lettre ouverte

Mais Guantanamo, c'est quoi?

La prison de Guantanamo a été ouverte début 2002 pour notamment détenir des membres d'Al-Qaïda et complices présumés des auteurs des attentats du 11-Septembre 2001. Basée dans le sud-est de Cuba, les personnes détenues sont des «combattants illégaux». Dans l'attente d'un jugement, les plus hautes tortures y sont réalisées dans des sites secrets de la CIA, alors même que certains y sont capturés malgré des preuves fragiles. Certains députés européens qualifient même cette prison comme une «zone de non-droit».

Dans cette image examinée par l'armée américaine, des menottes aux chevilles sont montrées verrouillées à la chaise et au sol dans une salle d'interrogatoire au Camp V, le samedi 25 juin 2005 à la base navale de Guantanamo Bay, à Cuba.

Un interrogatoire dans une salle du camp V de la prison de Guantanamo le 25 juin 2005. Image: AP

Le fait qu'elle n'ait toujours pas été fermée 20 ans plus tard «entache notre réputation à l'étranger et sape notre capacité à défendre les droits humains et l'Etat de droit», notent les élus.

L'heure des décisions

«Nous reconnaissons que fermer la prison va prendre du temps, mais nous pensons qu'il est temps que vous preniez des décisions», écrivent les élus démocrates à Joe Biden. Voici, concrètement, ce que ceux-ci proposent pour certains détenus:

Des manifestants détiennent des photos de personnes détenues dans le centre de détention américain de Guantanamo Bay, à Cuba, lors d'une manifestation lors d'un sommet de l'OTAN à Bruxelles, le lundi 14 juin 2021.

«Aller Joe! Ferme Guantanamo!» Une manifestation a eu lieu le 14 juin 2021 à Bruxelles lors du premier sommet de l'OTAN de Joe Biden. Les manifestants ont exhorté le président des Etats-Unis de libérer les détenus de Guantanamo. Image: keystone

Libérations discrètes

Barack Obama avait ordonné la fermeture de la prison en janvier 2009, à son arrivée au pouvoir, dans l'idée de faire juger les prisonniers par des tribunaux civils. Mais la décision, très impopulaire, avait été bloquée au Congrès.

Le 44e président des Etats-Unis a alors préféré faire libérer discrètement des centaines de détenus dont la sortie avait été approuvée par la Commission de révision de la présidence. Ces libérations ont été interrompues sous Donald Trump et ont repris sous Joe Biden. Depuis janvier 2021, cinq détenus ont vu leur libération approuvée.

Douze détenus de Guantanamo, dont Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 Septembre, attendent d'être jugés par une commission militaire, qui n'a émis que deux condamnations en deux décennies. (ats/mndl)

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