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epa05067242 French far-right political party National Front (FN) Marine Le Pen pose for Selfie as photographer fights for pictures after she casts her vote at a polling station during the second round of the regional elections in Henin-Beaumont, Northern France, 13 December 2015. EPA/OLIVIER HOSLET

Marine Le Pen, en 2015 et en séance photo de rue avec ses jeunes fans. Image: EPA

Présidentielle 2022

Voici les jeunes Français qui voteront pour Marine Le Pen

La candidate du Rassemblement national drague férocement les millenials, des études la donnent favorite chez les 25-34 ans et la gauche n'a (pour l'instant) aucune alternative fiable à offrir. Macron leur fait honte. Portrait de la génération Le Pen.



En 1985, la «jeunesse emmerde le Front national». Aujourd'hui, ce n'est plus le Front, mais le Rassemblement national, le groupe de punk Bérurier Noir a rangé son hymne contre l'extrême-droite et les études donnent Marine Le Pen favorite chez les 25-34 ans. Cette tendance est en hausse de 6% par rapport à 2017. Tout ça, à moins d’un an de la Présidentielle. La jeunesse française roule-t-elle vraiment de plus en plus à droite?

«Porcherie», Bérurier Noir, 1985

abspielen

Vidéo: YouTube/Michter Staples

«On ne peut pas le dire comme ça, non. Il faut surtout contextualiser les chiffres des instituts Ifop et Ipsos: ce sont 29% des jeunes VOTANTS qui se tourneraient aujourd'hui plus volontiers vers le Rassemblement national. Nous parlons ici d’intention, pas d’un bulletin dans une urne. Or, le problème majeur c'est l'abstention. La jeunesse française est de plus en plus volatile, dépolitisée et ce, à droite comme à gauche.» La politologue Christèle Marchand-Lagier, spécialiste du vote d'extrême-droite et chercheuse à l'Institut d'études politiques d'Aix en Provence, nous explique au bout du fil que la nouvelle génération passe sous la plupart des radars. Mais cela n’empêche pas la candidate Le Pen de la draguer, armée jusqu’aux réseaux sociaux.

Mais qui est ce jeune qui envisage de voter Marine Le Pen en 2022?🤔

«Il est plus volontiers instruit et en pleine carrière, il paie des impôts et a grandi dans une famille où la culture politique était très présente»

Christèle Marchand-Lagier, chercheuse et politologue.

Ça tombe bien: c’est précisément dans cette catégorie socio-économique que le site d'actualités Vice est allé faire ses courses il y a quelques semaines, en déposant dans son caddie une série de témoignages de nouveaux partisans du Rassemblement national. Trois jeunes tout juste majeurs qui voteront pour la première fois pour Marine Le Pen. Comme un certain Florian, 18 ans, étudiant en licence Administration Economique et Sociale.👇

«Ces personnes sur les plateaux TV ou sur les réseaux sociaux qui donnent des leçons de morale et d'humanisme, en nous parlant de valeurs républicaines, sont les mêmes qui ont justement bafoué ces valeurs en rejetant le principe d'assimilation.»

Le Covid a changé la donne

Dans Vice, ce Florian admet très vite ne pas être spécialement une groupie de Marine Le Pen, mais son amour pour l’Histoire de France (qu’il juge malmenée aujourd’hui) lui fera assurément déposer le tout premier bulletin de vote de sa vie en faveur du RN. Le «seul parti politique se rapprochant le plus de cet amour pour notre identité nationale». Et, la suite logique à cette passion pour le passé, c’est une obsession pour l’identité nationale et l’immigration. Il se dit aussi fatigué «des idées mondialisées et dites progressistes».

Bild

Ces jeunes sont juristes ou gestionnaires de paie. Loin des banlieues structurellement défavorisées. Ils ressentent «colère et honte» face à Emmanuel Macron. Ils pensent sécurité et emploi. Plus original (et plus récent): la santé. La pandémie a dévoilé selon eux les défaillances du gouvernement. «La crise liée au Covid-19 a révélé notre incapacité à produire sur notre territoire des choses de première nécessité, des choses vitales», raconte à Vice, Jeanne, 28 ans.

Un programme trendy

Il faut rappeler que Marine Le Pen s'est lancée la tête la première dans une stratégie de dédiabolisation de son mouvement (et de ses idées). Dernière preuve en date: le 1er mai dernier, dans une allocution particulièrement apprêtée pour cet électorat si «volatile». Le thème de la sécurité était évidemment de la partie, mais la candidate à l'élection présidentielle a surtout criblé son streaming de petites propositions alléchantes à l'heure où les jeunes actifs, mais de plus en plus désabusés, craignent pour leur avenir:

L'allocution en question👇

Jean-Marie Le Pen: euh qui?

Cette campagne de maquillage idéologique est aussi naturellement aidée par le temps qui passe, nous confirme la chercheuse Christèle Marchand-Lagier. La jeunesse made in 2021 n'a pas connu la politique plus radicale de Jean-Marie, père de Marine, mais aussi du Front National. Plus besoin de nettoyer les placards en public ou sur les plateaux TV. «Auprès des jeunes, le Rassemblement national est plutôt bien installé dans le paysage politique. Les jeunes recherchent aussi une certaine stabilité et la gauche vit une crise existentielle telle, qu'elle n'est d'aucune utilité pour leur offrir une figure alternative solide.»

«Marine Le Pen est une personnalité bien plus reconnaissable que d'autres. Oui, les jeunes votent moins, mais le RN en ressent beaucoup moins les conséquences»

Christèle Marchand-Lagier, politologue spécialiste du vote de l'extrême-droite.

Et la disparition du small talk politique autour de la table familiale en dit long sur l’abstentionnisme au sein de cette nouvelle génération. «Il y a une inculture politique croissante. Si les parents ne parlent pas de politique à la maison, il y a peu de chance que les enfants deviennent politisés à leur majorité. Et le système actuel n’a pas la cote auprès des jeunes.»

Les réseaux, malgré Trump

Pour séduire la jeunesse, l'extrême-droite a toujours été très en avance sur les autres en matière de stratégie de communication sur les réseaux sociaux. Et cette «normalisation» des idées par les algorithmes a commencé à se muscler entre 2012 et 2017. «Ils sont soutenus par de nombreux groupuscules très actifs en ligne, indépendants du parti officiel et qui ont fortement participé à propager la nouvelle image de Marine Le Pen», confirme Christèle Marchand-Lagier. En 2017, les militants du FN pouvaient suivre des formations pour mieux utiliser les réseaux, pour mieux séduire la nouvelle génération, pour renforcer la campagne virtuelle, pour choisir les bons hashtags et se détourner des médias traditionnels.

Mais en 2021, on inverse un peu la tendance. Le bannissement de Donald Trump par Facebook et Twitter fait suer les cadres du parti. La censure guette et la stratégie initiale pour toucher la nouvelle génération est un peu bousculée.

La question du moment:

«Que faire si Facebook décide demain qu’être contre l’immigration est contraire à leurs règles?»

Un cadre du Rassemblement national sur FranceInfo

Le parti semble vouloir utiliser «les élections régionales de juin comme crash-test». Et, sur FranceInfo toujours, on se demande déjà si la censure des géants du web ne pourrait pas devenir un thème de campagne populaire pour la Présidentielle.

Les réseaux sociaux demeurent néanmoins la meilleure arme pour tenter de draguer cette «génération volatile». Ce n'est d'ailleurs pas Emmanuel Macron qui dira le contraire, lui qui a passé quelques heures avec les Youtubeurs McFly et Carlito à l'Elysée pour simplement... faire les pitres.

Le succès est au rendez-vous, ça tourne en boucle sur TikTok et ça fait s'étrangler les plus vieux sur Twitter, mais comme le répète la chercheuse Christèle Marchand-Lagier: «Ça ne crée pas pour autant de bulletin de vote». Réponse en 2022.

Plongée dans la jeunesse pour Marine pour la Présidentielle de 2017

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Vidéo: YouTube/Les Haut-Parleurs

45office.com le site web de Donald Trump, en images

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45office.com le site web de Donald Trump, en images
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