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Total en Russie et la mort de Colonna minent la fin de campagne du candidat Macron.
Total en Russie et la mort de Colonna minent la fin de campagne du candidat Macron.image: shutterstock
Présidentielle 2022

Mort de Colonna, Total en Russie: fin de campagne minée pour Macron

A l'approche du premier tour de la présidentielle française, Emmanuel Macron chute dans les sondages. En cause: la colère en Corse et d'autres gros cailloux dans sa chaussure.
23.03.2022, 11:3923.03.2022, 13:36

«Macron reste en tête mais recule.» A dix-huit jours du premier tour de l’élection présidentielle française, le dernier sondage Elabe pour BFMTV n’est pas bon pour le président sortant, candidat à sa propre succession. Alors que la guerre en Ukraine l’avait propulsé haut dans les enquêtes d’opinion, d’autant plus que ses adversaires Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon semblaient devoir pâtir de leur sympathie pour Vladimir Poutine, le meurtre en prison du militant nationaliste corse Ivan Colonna, l’assassin du préfet Erignac en 1998, coûte manifestement cher à Emmanuel Macron. De 31%, il retombe à 27,5% d’intentions de vote, perdant 3,5% points en quelques jours à peine. Brutal.

Mais il n’y a pas que la situation en Corse, qualifiée d’explosive et motivant mardi les appels au calme du chef de l’Etat, qui risque d’être préjudiciable à ce dernier. L’enjeu n’est pas tant sa réélection que son autorité, alors que court chez les plus radicaux des anti-Macron le mot d’ordre «Pas de débat, pas de mandat». Ceux-ci le maudissent pour ses refus de débattre avant le premier tour et préviennent, qu'en conséquence, ils ne reconnaîtront pas sa victoire.

Jadot étrille Macron

Aux critiques sur sa gestion à retardement de l’affaire corse (sous la pression du cas Colonna, il céderait un statut d’autonomie aux nationalistes insulaires), s’ajoutent celles portant sur la présence embarrassante du pétrolier français Total en Russie, et d’autres, relatives à des dépenses somptuaires engagées par l’Elysée pour rétribuer des cabinets de conseil (McKinsey, Capgemini ou encore PwC).

C’est de bonne guerre (électorale), mais le coup peut faire mal en situation de vraie guerre, justement. Interrogé mardi matin par la radio France Inter, le candidat écologiste Yannick Jadot (4,5% d’intentions de vote selon Elabe, en recul de 0,5 point) a insinué qu’Emmanuel Macron s’était compromis en Russie avec Total, ainsi que le rapporte l’hebdomadaire Paris Match sur son site:

«Qui a aidé Total à être en Russie? Macron quand il était ministre de l’Economie. En 2018, avec son ami Poutine – il le tutoie – il signe des contrats pour favoriser la présence de Total. J’ai des concurrents qui soutiennent Total et le gaz russe. Je trouve cela indécent.»
Yannick Jadot, candidat écologiste

Sous les ors de Saint-Pétersbourg

Jadot, qui essaie de prendre des voix tant à Macron qu’à Mélenchon, lequel a selon lui «depuis longtemps démissionné sur le dossier russe», peut d’autant plus jouer les incorruptibles qu’il est certain de ne pas gagner la présidentielle. Ainsi prône-t-il «un embargo sur le gaz et le pétrole russes».

Les accusations de Yannick Jadot contre le président de la République sont-elles justifiées? Dans un article daté du 25 mai 2018, le journal économique Les Echos rapportait que «dès ses premiers entretiens en tête-à-tête avec Vladimir Poutine sous les ors du palais Constantin à Saint-Pétersbourg, Emmanuel Macron s'est félicité des nouvelles coopérations économiques franco-russes». Les ors, on vous les ressort toujours un jour.

Total présent depuis 1991

«Total prendra 10% d'Arctic LNG 2, le deuxième chantier d'usine de gaz naturel liquéfié de son partenaire (local) Novatek dans le Grand Nord russe», apprenait-on encore dans Les Echos. Renoncer à une affaire, c'est la laisser à la concurrence, rétorqueront les réalistes. La plupart des Etats démocratiques signent, eux-mêmes ou des sociétés privées dont ils couvrent généralement les risques à l’exportation, des contrats avec les grands régimes autocratiques, que ce soit la Russie ou la Chine.

Ce n’est pas la première fois que Jadot attaque Macron sur sa proximité supposée avec Poutine. Dans un fact-checking daté du 15 mars, l’agence de presse française AFP relativise les affirmations du candidat écologiste en rappelant que le pétrolier et gazier français est présent en Russie depuis 1991, l’année qui coïncide avec celle de la chute de l’URSS.

Un milliard d'euros pour des «prestations opaques»

Dernier gros caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron: les dépenses astronomiques de l’Elysée qui ont profité à des cabinets de conseil privés. «En 2021, l'Etat a dépensé plus d'un milliard d'euros pour des prestations de conseil particulièrement opaques», relate le magazine Marianne, s’appuyant sur le «rapport explosif» de la «commission d'enquête sénatoriale sur l'influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques», rendu le 17 mars dernier.

Le rapport décrit un «phénomène tentaculaire» et inédit en France. «Si elle n'est pas nouvelle, l'influence de ces acteurs privés semble s'être largement accentuée depuis le début du quinquennat Macron», relève Marianne.

Colonna, Total, cabinets de conseil: les opposants à Emmanuel Macron ont là de quoi l'embarrasser dans les derniers jours d’une campagne qu'il n’aura en définitive pas réellement faite. Faute de temps et peut-être aussi parce qu’il n’en avait pas très envie.

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