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Présidentielle 2022

La guerre en Ukraine sème le remue-ménage dans la campagne présidentielle

Lundi 7 mars, le président sortant, Emmanuel Macron, donnait son premier meeting en tant que candidat à Poissy, près de Paris.
Lundi 7 mars, le président sortant, Emmanuel Macron, donnait son premier meeting en tant que candidat à Poissy, près de Paris. Image: sda
Tandis que le président français effectuait son premier déplacement en tant que candidat à la présidentielle, le Conseil constitutionnel a dévoilé les noms des douze prétendants au titre. Lesquels se positionnent (difficilement) sur le conflit russo-ukrainien.
07.03.2022, 20:3308.03.2022, 07:04

Emmanuel Macron a observé un (très) bref intermède à la guerre en Ukraine, qui l'oblige à jongler entre campagne électorale et activité diplomatique. Toutefois, le président-candidat ne s'est pas beaucoup éloigné de la capitale pour son premier déplacement depuis l'officialisation de sa candidature à la présidentielle. C'était en région parisienne, à Poissy, pour «une conversation avec les habitants».

En plein conflit russo-ukrainien, il a reconnu la difficulté d'alterner entre la campagne présidentielle et son rôle diplomatique.

D'ailleurs, il n'a pas manqué d'en parler dans une interview le jour-même 👇

«La force de la France n'est ni dans le rétrécissement, ni dans le catastrophisme», a-t-il lancé, en soulignant qu'il reste «encore beaucoup à faire» notamment en matière de transition énergétique, sécurité et immigration.

Il a encore affirmé:

«Je serai président autant que je le dois et je serai candidat autant que je le peux»

Le président avait déjà d'ores et déjà prévenu qu'il ne pourrait pas faire campagne comme il l'aurait «souhaité». Mais cela ne semble pas le péjorer: pour le moment, les sondages le placent largement en tête au premier tour et gagnant au second, prévu le 24 avril.

Il a fait un bond ces derniers jours dans les intentions de vote, à la faveur de l'invasion russe en Ukraine, qui a renforcé sa stature alors qu'il multiplie les contacts diplomatiques, d'après les analystes. «Emmanuel Macron capitalise sur son triple statut de chef de l'Etat, protecteur des Français et de leurs valeurs, chef des armées et chef de la diplomatie», a souligné l'institut de sondage BVA, cité par Keystone-ATS.

Il ne débattra pas

Après son premier déplacement de campagne, le président de la République a également annoncé qu'il ne participera à aucun «débat avec les autres candidats avant le premier tour».

Questionné par un journaliste de LCI, le président-candidat a assumé sa position, estimant qu’«aucun président en fonction qui se re-présentait ne l’a fait. Je ne vois pas pourquoi je ferais différemment».

«Je ne me dérobe pas du débat. Plutôt que de faire des meetings où des gens vous applaudissent parce qu’ils sont déjà convaincus, je préfère le débat avec les Français, c’est ce que je leur dois», a-t-il encore précisé.

En tout cas, tous les candidats sont impactés

De leur côté, les onze adversaires du président sortant sont contraints de se positionner sur le conflit russo-ukrainien - et non sans contorsions.

La gauche est remuée

Confronté à de vives critiques pour ses positions prorusses, le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, en meeting dimanche à Lyon, a dit «stop à la guerre, stop à l'invasion de l'Ukraine». Il a plaidé pour une France «non alignée» qui «n'accepte pas un ordre du monde dans lequel il y aurait d'un côté l'Otan et de l'autre, un bloc russe» et chinois.

Ce qui lui a valu les foudres du candidat écologiste Yannick Jadot qui s'en est pris lundi aux «complaisances» de Mélenchon et à sa «capitulation» vis-à-vis de Vladimir Poutine.

La socialiste Anne Hidalgo et Yannick Jadot critiquent aussi l'opposition de Mélenchon à la livraison d'armes aux Ukrainiens. Quoi qu'il en soit, le candidat des Insoumis est en tête des intentions de vote à gauche.

Du côté de la droite, c'est aussi compliqué...

Eric Zemmour, qui a reçu le soutien dimanche de Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen, est lui aussi pris à partie pour son tropisme prorusse. Ce weekend, il a été mis en difficulté, après la révélation par Le Monde et le JDD, de liens avec l'ex-président de la Compagnie des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine.

Ses propos sur l'accueil des réfugiés ukrainiens en Pologne plutôt qu'en France ont également suscité des remous, y compris au sein de son entourage. (mbr/ats)

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source: sda / efrem lukatsky
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