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Total a freiné la lutte contre le réchauffement climatique pendant des années

Le groupe pétrolier français Total avait connaissance des conséquences néfastes de ses activités pour le climat dès 1971.
Le groupe pétrolier français Total avait connaissance des conséquences néfastes de ses activités pour le climat dès 1971.Image: shutterstock
Le groupe pétrolier français Total aurait passé des années à entretenir le doute sur ses actions en défaveur du climat et l'environnement, pour ne pas menacer ses affaires.
20.10.2021, 05:2220.10.2021, 16:21

Le groupe pétrolier avait connaissance de l’impact «potentiellement catastrophique» de ses produits sur le réchauffement climatique pour le climat depuis 1971. C'est la révélation d'une étude, publiée mercredi par deux historiens et un sociologue.

Par la suite, malgré ses connaissances sur les changements climatiques - bien avant que le grand public en prenne conscience -, l'entreprise a cherché à combattre les efforts de limitation des énergies fossiles.

Une étude des archives du groupe

Ce minutieux travail d’enquête est le résultat d'une étude de longue haleine. Jamais une recherche sur les responsabilités des majors pétrolières n’avait été menée sur une si longue période, précise Le Monde.

Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS, Pierre-Louis Choquet, sociologue à sciences politiques, et Benjamin Franta, chercheur en histoire à l'université américaine de Stanford, ont étudié les archives du groupe pétrolier, devenu TotalEnergies.

Une publication dans la revue de Total, en 1971, expliquait que la combustion d'énergies fossiles conduit «à la libération de quantités énormes de gaz carbonique» dans l'atmosphère. «Une augmentation assez préoccupante», notait le texte de 1971. Ce qui n'a pas empêché le groupe de passer ce sujet sous silence.

Une campagne contre la science

Tout bascule au milieu des années 1980. Alors que les scientifiques s'accordent sur le fait que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines, les groupes pétroliers lancent la contre-offensive.

Ils mènent alors une vaste campagne de désinformation pour «contester la science climatique et affaiblir les contrôles sur les énergies fossiles», selon l'étude.

Total et Elf ont fait «pression, avec succès, contre les politiques qui visaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre». En parallèle, ils tentent de se donner une crédibilité environnementale avec des engagements volontaires, visant à «réduire à peu de frais les émissions»

Dans leur communication, les compagnies pétrolières françaises soulignent en parallèle les incertitudes des sciences du climat, pour mieux les décrédibiliser.

Mais à la fin des années 1990, l'approche change. Le GIEC, groupe d'experts climatiques de l'ONU, publie son tout premier rapport et bouscule les mentalités. Le protocole de Kyoto est adopté en 1997.

Une nouvelle stratégie dès le milieu des années 2000

Au milieu des années 2000, face aux avancées de la science et aux attentes de la société, les groupes sont forcés d'adopter une nouvelle stratégie:

  • Le groupe Total, qui a absorbé Elf en 1999, accueille une conférence sur le changement climatique en septembre 2006.
  • Son directeur de l'époque, Thierry Desmaret, reconnaît la réalité du changement climatique et les conclusions du GIEC.
  • Total commence à promouvoir une division des rôles entre la science et les affaires, où la science décrit le changement climatique et les entreprises prétendent le résoudre, mettant en avant sa «transition énergétique».
«L'industrie pétrolière française cesse de remettre en cause publiquement les sciences climatiques, mais continue à augmenter ses investissements dans la production pétrolière et gazière. Ils insistent sur l'incertitude, minimisant l'urgence climatique, tout en détournant l'attention des énergies fossiles comme cause première du réchauffement climatique mondial. »
Les trois chercheurs en charge de l'étude.

Une étude de 2017 a montré que le groupe pétrolier américain ExxonMobil savait depuis les années 1980 que le changement climatique était réel et causé par des activités humaines. Mais le groupe s'est évertué pendant des années à entretenir le doute sur cette réalité, trompant ainsi ses actionnaires et les citoyens. (ats/jch)

Un peu de légèreté: Un touriste laisse tomber son téléphone portable dans l'enclos des loutres.

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