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Zelensky et Cassis ont parlé au WEF de Davos: voici les 3 points à retenir

Les présidents ukrainien et suisse, Volodymr Zelensky (virtuellement) et Ignazio Cassis (physiquement), ont pris la parole à l'occasion du lancement du Forum économique mondiale de Davos. Voici en substance le résumé de leurs discours très attendus.
23.05.2022, 15:4724.05.2022, 11:45

C'est devant tout le gratin de l'économie mondiale, réuni lundi au cœur des montagnes grisonnes pour le Forum économique mondial (WEF), que le président ukrainien a donné l'un de ses (innombrables) discours depuis le début de l'offensive. Ovationné à deux reprises par la foule enthousiaste, il a débuté sa prise de parole virtuelle par... une mise en garde:

«Il n'y aura plus de réunion comme celle de Davos» si «la force brutale l'emporte»

Accusant la Russie d'être un «Etat criminel, de criminels de guerre», le président ukrainien a dit qu'il ne serait pas surpris si Moscou utilisait l'arme chimique ou nucléaire.

Image: sda

Outre ces sinistres spéculations, Zelensky a formulé quelques attentes plus concrètes à l'égard de la Suisse: œuvrer pour la création d'un corridor qui permette d'exporter à nouveau davantage de blé ukrainien.

Et dans le cas contraire? «La pénurie aura des effets» sur de nombreuses régions. Et elle viendra s'ajouter à la crise énergétique observée ces derniers mois.

La (très discutée) neutralité suisse

Le maire de Kiev Vitaly Klitschko (à droite) et son frère, l'ex-champion du monde de boxe Wladimir Klitschko, ont pris la parole à Davos.
Le maire de Kiev Vitaly Klitschko (à droite) et son frère, l'ex-champion du monde de boxe Wladimir Klitschko, ont pris la parole à Davos.Image: sda

L'ouverture du Forum a également été marquée par l'intervention du maire de Kiev, Vitaly Klitschko. Lequel a réclamé, pour sa part, des sanctions supplémentaires et un arrêt total des affaires entre la Suisse et la Russie. C'est de l'argent du sang qui va directement dans l'armée russe, a-t-il dénoncé.

Pour le maire de Kiev, c'est évident: la Suisse doit choisir son camp:

Aujourd'hui, «on ne peut pas être neutre. Le monde est noir ou blanc. Soit on soutient l'Ukraine, soit la Russie»
Vitaly Klitschko, maire de Kiev

De son côté, le président de la Confédération, Ignazio Cassis a défendu sa vision et son approche de «neutralité collaborative», conforme aux intérêts de la Suisse. Selon lui, neutralité et sanctions envers la Russie ne sont pas incompatibles. «Le droit international est plus fort que l'assujettissement, le droit l'est davantage que la force», a-t-il insisté.

Image: sda

Ignazio Cassis a également précisé que la guerre en Ukraine ou encore la pandémie de Covid ont achevé de mettre un terme à la «sécurité apparente» qui était «trompeuse» depuis l'après-Guerre froide. Celle-ci «nous pousse à sous-estimer nos vulnérabilités», a-t-il aussi dit.

Rendez-vous est pris en juillet à Lugano

Une chose est sûre: rendez-vous est pris les 4 et 5 juillet prochains au Tessin, à Lugano. Une conférence très attendue par les présidents suisse et ukrainien et dont Ignazio Cassis et Volodymyr Zelensky attendent beaucoup.

Quarante Etats et 18 organisations internationales se réuniront pour la première fois afin de parler de l'Ukraine. Dans quel but? Lancer la reconstruction du pays au niveau international.

«Les guerres ont toujours leurs conséquences» et «il serait impardonnable d'attendre davantage», a affirmé le président de la Confédération.

«J'espère que nos pays partenaires et les grandes entreprises du monde pourront faire leurs propres propositions», a indiqué pour sa part Volodymyr Zelensky, qui a insisté sur le fait qu':

«Il y aura beaucoup de travail à faire»

Le président ukrainien envisage un modèle où chaque pays pourra accompagner une région ukrainienne. Certains ont déjà démarré ce dispositif.

Il a aussi profité pour défendre sa plateforme participative «United24», lancée il y a deux semaines, qui est censée financer la guerre et la reconstruction. Plus largement, le président ukrainien veut à l'avenir une coalition mondiale d'Etats prêts à aider rapidement ceux qui seraient victimes de désastres ou d'agressions comme celle de la Russie. Une approche de «nouvelles garanties de sécurité» mondiales.

Les scénarios envisagés pour l'économie mondiale

Et comme ce forum se centre avant tout sur des considérations économiques, Ignazio Cassis a esquissé trois scénarios possibles pour la scène internationale:

  1. Un renforcement «ciblé» du multilatéralisme qui permettrait, selon Cassis, d'être plus fort sur des questions comme la pandémie, le changement climatique, les crises économiques ou les conflits.
  2. Un «recul pondéré» de l'hyper-mondialisation, qui s'accompagnerait sans doute par des renationalisations de ressources critiques, de productions et de filières d'approvisionnement... et donc, par des augmentations des prix.
  3. Une mondialisation «sectorielle» qui provoquerait une «Guerre froide commerciale» et une atténuation des règles internationales.

(mbr/ats)

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