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La Russie a expliqué avoir «évacué» plus de 300'000 enfants des zones de conflit en Ukraine.
La Russie a expliqué avoir «évacué» plus de 300'000 enfants des zones de conflit en Ukraine.image: shutterstock

La Russie accusée de kidnapper des centaines de milliers d'enfants ukrainiens

L'ONU s'inquiète de supposés vols d'enfants dans les orphelinats ukrainiens par les troupes russes. Ils seraient voués à l'adoption en Russie. De son côté, le Kremlin parle d'«évacuation» de 300 000 enfants hors des zones de conflit.
23.06.2022, 10:0723.06.2022, 11:28
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Il y a la guerre telle qu'on se la représente: violente, meurtrière, sanglante. Mais un conflit armé cache aussi des stratégies sournoises pour dominer l'adversaire. Pour le réduire à néant, lui et sa culture. Parmi elles, le vol d'enfants et leur acheminement vers son propre pays. En plus de participer à un ethnocide – destruction d'une culture – ce déracinement fait épouser les mœurs et l'idéologie de la patrie d'accueil. En l'occurence ici, l'ennemi.

Il y a quelques siècles, les Ottomans avaient recours à ce stratagème en amenant de jeunes garçons balkaniques à Istanbul, par exemple. Plus proches, les dictateurs Franco en Espagne et Videla en Argentine, pour ne citer qu'eux, dépossédaient leurs opposants politiques de leur progéniture dès la naissance, histoire de la placer dans des familles en phase avec leur régime et son idéologie.

Ce sont des actes similaires qui sont reprochés par l'Ukraine à la Russie. Plus précisément: des enlèvements de milliers d'enfants ukrainiens – orphelins ou sans protection parentale – dans les pensionnats du pays, en guerre, et acheminés en Russie afin d'y être adoptés par des familles russes.

ONU et Unicef sur le qui-vive

Pour le gouvernement ukrainien, ces enlèvements «sont une manière de détruire l'avenir de la nation ukrainienne», comme le rapporte la RTS. Il craint qu'ils servent à «russifier» les enfants qui en sont victimes. Kiev reproche à la Russie de ne lui fournir aucune information sur les enfants qu'elle aurait pris de force.

Ces accusations sont prises très au sérieux par l'ONU, comme l'a affirmé la semaine dernière la Haute-commissaire aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet. Sans pouvoir les confirmer, elle a assuré que ses services «se penchaient sur les accusations de déportations forcées d'enfants de l'Ukraine vers la Fédération de Russie». L'Unicef a également affirmé travailler «étroitement» avec des médiateurs et ses réseaux pour enquêter sur ces accusations.

En mars, l'ONU avait déjà mis en garde contre le risque d'adoption forcée de 91 000 enfants dans des foyers en Ukraine, plus particulièrement dans l'Est du pays (en guerre depuis 2014).

Protocole pas respecté

De son côté, la Russie a officiellement confirmé, samedi, l'«évacuation» de plus de 300 000 enfants loin des zones de guerre. Moscou invoque une opération humanitaire pour justifier ces déplacements. Il n'en est rien pour le gouvernement ukrainien, qui reproche au Kremlin d'avoir ouvert des couloirs humanitaires uniquement vers la Russie et non pas vers l'Ouest de l'Ukraine, où les enfants auraient pu se réfugier, dans leur propre pays donc.

C'est pourtant ce qu'exige la Convention relative aux droits de l'enfant, qui stipule que l'adoption à l'étranger n'est envisageable que si l'enfant ne peut pas trouver refuge dans sa patrie d'origine.

Fin mai, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret pour faciliter l'octroi de la nationalité russe aux orphelins ukrainiens. Un mois plus tôt, la Russie annonçait avoir recueilli 1500 d'entre eux, dont une partie pourrait être adoptée.

L'historien américain et spécialiste de l'Ukraine, Timothy Snyder, explique à la RTS que le transfert forcé d'enfants d'un groupe à un autre est considéré comme un génocide, si l'on se fie à la convention de l'ONU pour la prévention et la répression du crime du génocide. De quoi créer de gros problèmes au Kremlin si ces accusations contre lui sont vérifiées.

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