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British corner

La Premier League défend les minorités sexuelles mais est incohérente

Raphaël Crettol, champion suisse de Fantasy Premier League (FPL) 2020, décrypte chaque semaine l'actualité du football britannique et vous donne ses bons plans FPL. Présentation de la 15e journée.
03.12.2021, 11:2603.12.2021, 12:17

La Premier League s'est parée des couleurs arc-en-ciel cette semaine. Des brassards de capitaine aux lacets des joueurs, en passant par les célébrations d'avant-match et les réseaux sociaux des clubs, vous n'avez pas pu les rater, les arcs-en-ciel étaient partout.

En effet, la Premier League s'est associée à l'association caritative de défense des droits des personnes LGBTQ+ Stonewall pour sa campagne #rainbowlaces (lacets arc-en-ciel en français). L'objectif? Promouvoir l'égalité, l'inclusion et la diversité au sein de la ligue de football la plus populaire du monde.

Tout au long de la semaine, les actions liées à la campagne se sont succédées. Les clubs ont créé une version arc-en-ciel de leur logo, qu'ils ont affiché sur leurs réseaux sociaux.

A l'image de Jürgen Klopp (voir ci-dessous), des joueurs et des entraîneurs ont également apporté leur soutien à la cause.

La campagne semble bien huilée et les couleurs arc-en-ciel apportent un peu de gaieté en ce mois de novembre grisâtre. Même Jürgen Klopp le dit dans son interview ci-dessus: «It looks good!» Mais le fond du message passe-t-il vraiment?

Anecdote évocatrice: mardi soir, Leeds reçoit Crystal Palace à Elland Road. Les joueurs locaux affichent leur soutien à la campagne en effectuant leur échauffement avec des t-shirts #rainbowlaces. Jusqu'ici, tout se déroule bien...

A la 39e minute de jeu, le joueur de Crystal prêté par Chelsea Conor Gallagher écope d'un avertissement. Un air bien connu dans le football anglais résonne alors dans les tribunes d'Elland Road: «Chelsea rent boy». Le problème? Ce chant dénoncé à plusieurs reprises par les clubs est à caractère homophobe.

Pendant un instant, les drapeaux arc-en-ciel, les belles paroles et les t-shirts de l'échauffement deviennent vides de sens. Un simple chant donne brusquement à cette campagne des allures de mise en scène grotesque, comme une claque qui nous fait soudainement revenir à la réalité.

Ce chant homophobe entonné dans un stade décoré aux couleurs arc-en-ciel illustre le décalage entre le message de la campagne et la réalité du terrain. Le stade reste un concentré de «masculinité» exacerbée. Et c'est particulièrement vrai en Angleterre, où le naturel gentleman ne suffit pas à masquer un profond machisme.

La campagne a toutefois le mérite de thématiser la problématique de l'acceptation des personnes LGBTQ+ dans l'univers du football. On ne doute pas que les messages accueillants des clubs et les paroles encourageantes de stars du ballon rond auront un effet positif sur l'affirmation de ces minorités.

La campagne #rainbowlaces fait aussi réagir hors des frontières de l'Angleterre. La légende du football égyptien Mohamed Aboutrika a ainsi tenu des propos d'un autre temps sur la chaîne qatarie BeIn Sport, enjoignant les joueurs musulmans à boycotter la campagne.

BeIN s'est empressée de se distancer officiellement des propos de son consultant.

Si elle ne peut pas être tenue pour responsable du comportement de certains supporters, la Premier League endosse un devoir d'exemplarité. L'histoire toute récente nous apprend pourtant qu'elle n'a pas été irréprochable à ce sujet.

Il y a deux mois en effet, la ligue a validé le rachat de Newcastle par l'Arabie saoudite (via son fonds souverain), un pays où l'homosexualité est encore criminalisée. En fermant les yeux sur ce déni des droits humains dans le seul but de s'enrichir, quel signal la ligue renvoie-t-elle à la communauté LGBTQ+?

Dans ce contexte, la campagne #rainbowlaces de la Premier League s'expose à passer pour un simple devoir moral ou une forme de «socialwashing». On ne peut évidemment pas attendre de la ligue qu'elle résolve seule le problème des discriminations dans le monde du football. Cependant, elle ne peut pas se permettre de se cacher derrière ses arcs-en-ciel pour mener ses transformations sociétales.

Le British Corner #FPL

Ca y est, nous sommes lancés dans la période la plus intense de la saison. Attention à ne pas rater les deadlines, les matchs vont s'enchaîner à un rythme infernal. Si la GW14 n'a pas donné lieu au turn-over redouté, les mises au repos de nos joueurs nous toucheront forcément tôt ou tard durant ce mois de décembre.

Pour survivre à cette période instable, il est important d'avoir un banc sur lequel on peut compter. C'est pourquoi, je vous présente mes meilleures options parmi les bien utiles bench fodders, soit les joueurs bon marché prêts à dépanner en cas de repos ou blessure d'un titulaire.

Nous étudierons les milieux de terrain et attaquants dans le British Corner de la semaine prochaine. Aujourd'hui, nous nous concentrons sur les défenseurs (< 4.5 millions):

Tariq Lamptey (à g.) échape à Declan Rice et Arthur Masuaku.
Tariq Lamptey (à g.) échape à Declan Rice et Arthur Masuaku.Image: sda
  • Tariq Lamptey (4.4): L'option la plus explosive en défense sous les 4.5 millions. Le latéral de Brighton est un des principaux atouts offensifs de son équipe lorsqu'il est sur la pelouse. Seul bémol: il est souvent préservé compte tenu de son historique de blessures.
  • Rayan Ait Nouri (4.3): Le calendrier à court terme de Wolverhampton est très compliqué, mais les Wolves ont démontré une grande solidité défensive récemment – ils restent sur trois clean sheets. Ait Nouri semble avoir clairement pris la mesure de Marçal au poste de latéral gauche. Bonus: il tire également les corners.
  • Ben White (4.4): Sécurité de titularisation quasiment assurée avec le défenseur central d'Arsenal. Le transfuge de Brighton n'offre cependant que très peu de potentiel offensivement.
  • Ben Johnson (4.0): Le défenseur de West Ham a profité de la blessure de Coufal pour s'approprier le poste de latéral droit. Mercredi, il a dépanné sur le flanc gauche en l'absence de Cresswell. Sa polyvalence devrait lui assurer passablement de temps de jeu cet hiver. De plus, le calendrier de West Ham s'éclaircit passablement ces prochaines semaines.
  • Max Aarons (4.3): Encore un latéral offensif, mais cette fois-ci avec une sécurité de titularisation assurée. Depuis le début de la saison, il est un des piliers d'une équipe de Norwich en reprise défensivement depuis quelques matches. Ses montées devraient lui valoir quelques assists au cours de la saison. Si le budget est trop serré, son pendant sur le flanc gauche Brandon Williams (3.9) semble avoir gagné la confiance de Dean Smith.

Le point sur la situation dans la ligue BC

Pour une fois, ce sont plutôt les milieux de terrain qui ont créé des différences lors de la GW14, et non les défenseurs (à l'exception de Reguilon). Hopium FC (Yoann Goy), FC Cata-Klopp (Laurent Savioz) et FC Friedlympique (Mateo FRD) ont tous les trois passé la barre des 80 points, ce qui leur permet d'intégrer le top 10 de la ligue.

De mon côté, je suis heureux que mon pari one-shot Pukki ait fonctionné et me permette de légèrement accroître mon avance sur mes poursuivants. Cependant, le duel entre Alonso et Reguilon tourne à l'avantage du latéral des Spurs pour le moment. J'espère qu'Alonso se retrouvera à nouveau rapidement dans les points.

Deux équipes se partagent le titre de la meilleure performance de la journée avec le score canon de 90 points: Sachipool (Lionel Varone) et Chicoceição Squad (Marc Delacrétaz). Les deux Managers de la semaine ont pu compter sur les retours de leurs différentiels pour faire un bond dans le classement.

La GW15 en bref

Le capitaine
Le déplacement de Wolverhampton pourrait s'avérer plus compliqué qu'il n'y paraît pour Liverpool. Cependant, Mohamed Salah est dans la forme de sa vie et je vois mal comment je pourrais ne pas lui donner le brassard dans ce contexte. Ailleurs, Tottenham accueille Norwich, ce qui aurait fait de Harry Kane et Heung-Min Son des capitaines par défaut si Salah évoluait à des standards moins élevés. Watford est une des victimes préférées de Manchester City. Mais les blessures et le turnover de Guardiola nous empêchent de sélectionner le candidat idéal pour le brassard. Un terrain miné qu'il vaut mieux éviter pour le moment.
Les différentiels
Maxwell Cornet (6.1): Le transfuge de Lyon n'a pas tardé à trouver ses marques en Premier League. L'Ivoirien a trouvé le chemin des filets à cinq reprises lors des huit matches qu'il a disputés avec Burnley. Sa ténacité pourrait être à nouveau récompensée ce weekend en déplacement à Newcastle.
Tariq Lamptey (4.4): Remplaçant mercredi à West Ham, le remuant latéral est entré à 20 minutes du terme. Son entrée a redynamisé Brighton et il a signé l'assist sur l'égalisation de Maupay. Il sera très certainement titulaire ce weekend à Southampton et présentera un potentiel intéressant de points des deux côtés du terrain.
Ollie Watkins (7.4): Au moment où les attaquants en forme sont denrées rares, Watkins vient se placer sur ma Watchlist. Il recommence à trouver régulièrement le chemin des filets (3 buts lors des 5 derniers matchs) et s'engage dans une série de matches favorables. Il pourrait déjà frapper ce weekend face à une équipe de Leicester suspecte défensivement.

Vous hésitez encore dans votre choix de capitaine? Vous n'êtes pas encore certain de votre prochain transfert ou de votre stratégie à plus long terme? Posez simplement votre question en utilisant la fonction commentaires ci-dessous.

Cheers mates!

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