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Hyper fair-play, ces sportifs ont préféré l'honnêteté à la victoire

Le coach du club de foot azerbaïdjanais Qarabag a fait annuler un but de son équipe jeudi soir contre Marseille, en avouant à l'arbitre la faute de son joueur. Comme lui, plusieurs sportifs ont eu des gestes de grande classe. Notre top 5.
26.02.2022, 08:4326.02.2022, 12:30
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Marseille s'est, finalement, facilement qualifié jeudi pour les huitièmes de finale de la Conference League face à Qarabag (3-1 et 0-3). Les Phocéens en découdront désormais avec le FC Bâle, les 10 et 17 mars. Mais le scénario aurait pu prendre une toute autre tournure sans un geste fair-play de grande classe de l'équipe azerbaïdjanaise.

Son attaquant Ibrahima Wadji pensait avoir égalisé à 1-1, à la 34e minute. Problème: le Sénégalais n'a pas repris le centre de la tête, mais bien de la main. L'arbitre, trompé, a validé le goal et n'a pas pu vérifier l'action avec la VAR, le dispositif étant absent. La scène a, logiquement, rendu furieux les Marseillais.

Mais l'entraîneur de Qarabag, Gurban Gurbanov, est allé avouer à l'arbitre le méfait de son joueur, après avoir discuté avec lui. Résultat? La réussite a été annulée, et les Français n'ont pas manqué d'applaudir le fair-play du coach adverse après la partie.

Dans l'Histoire du sport, il y a eu de nombreux gestes de grande classe comme celui-ci. Voici notre top 5:

Les remords d'un roublard

Les valeurs s'acquièrent très jeune. Beknaz Almazbekov l'a prouvé, en mars 2019. Lors d'un match de juniors en Turquie, le capitaine des M14 de Galatasaray s'effondre dans la surface après avoir dribblé un adversaire. L'arbitre siffle pénalty.

Mais voilà: le jeune prodige kirghiz du club stambouliote est tombé tout seul, sans qu'il n'y ait faute. Et il le sait. Alors, au moment de se faire justice lui-même et de tenter d'inscrire le 2-0, il fait exprès de rater complètement son pénalty, expédiant le ballon très loin du but. Et le karma ne se trompe jamais: Beknaz Almazbekov et Galatasaray ont malgré tout remporté la partie.

Fearnley n'a pas voulu chinoiser à Pékin

Les Jeux paralympiques sont souvent le théâtre de belles histoires. Ceux de Pékin, en 2008, n'ont pas fait exception. Celle racontée ici a été écrite par la délégation australienne, et plus particulièrement son athlète en fauteuil roulant, Kurt Fearnley.

David Weir (en blanc) s'adjugeant l'or juste devant Kurt Fearnley (à gauche).
David Weir (en blanc) s'adjugeant l'or juste devant Kurt Fearnley (à gauche). image: keystone

Il avait terminé 2e du 800 mètres, derrière le Britannique David Weir. Mais le Comité international paralympique (CIP) avait estimé que ce dernier avait mordu sur le couloir d'un concurrent. Conséquence: le CIP a ordonné de refaire la course. Mais Fearnley et les responsables australiens ont écrit à l'instance suprême pour lui demander d'annuler cette session de rattrapage et de rétablir les résultats initiaux. En perdant, donc, leur chance de glaner l'or. Kurt Fearnley a, par la suite, justifié son acte de bravoure:

«J'ai simplement pensé qu'à la fin de la journée, une course a été disputée, ce n'était peut-être pas la course qui était censée se produire, mais elle s'est produite et le meilleur a gagné»
Kurt Fearnley, athlète paralympique australien

Une histoire à rebond(issements)

Tous ceux qui ont fait un peu de tennis, peu importe le niveau, connaissent ce genre de moments. La fameuse hésitation quand il faut trancher, par exemple, si la balle est out ou in.

Et même les plus honnêtes d'entre nous ont vécu ce dilemme éthique: donner le point, proposer de le rejouer ou se l'octroyer, même dans le doute. Stan Wawrinka a, lui, eu l'attitude la plus noble. Au 3e tour du tournoi de Miami en 2015, le Vaudois a proposé à l'arbitre de rejouer un point, qu'il venait pourtant de gagner.

La scène, en vidéo 📺

Le scénario: après une jolie volée amortie, son adversaire, Adrian Mannarino, a juste réussi à relever la balle du bout de sa raquette. Stan a eu ensuite un coup très facile à jouer et a conclu le point. Mais l'arbitre avait interrompu l'échange juste avant, estimant que la balle avait rebondi deux fois avant que Mannarino ne la touche. Le Français a protesté, apparemment à juste titre, la balle n'ayant pas doublé.

Franchement, on en connaît beaucoup qui auraient eu un autre comportement que Wawrinka... Surtout qu'il était mené 2-4 à ce moment (15-15 dans le jeu) et que lui aussi aurait pu réclamer: le Suisse avait de toute façon remporté le point, son adversaire étant complètement battu sur le coup suivant son sauvetage miraculeux.

Roddick perd un match qu'il avait pourtant gagné

L'attitude d'un vrai gentleman. On reste en tennis, avec l'un des moments les plus fair-play de l'histoire de ce sport. Ce 5 mai 2005, Andy Roddick mène 7-6 5-3 0-40 contre Fernando Verdasco. Il a donc trois balles de match. L'Espagnol sert une deuxième balle tout près de la ligne centrale. Out, estime le juge de ligne. Et donc double faute. Roddick a gagné.

Mais au lieu d'aller, tout heureux, serrer la main de son adversaire, l'Américain se dirige vers la trace et... rectifie la décision, ce qui transforme la faute en ace, donnant le point à Verdasco. Qui s'accorde donc un sursis, avant de sauver trois autres balles de match et... de finalement remporter la partie! L'Espagnol la conclut en trois manches, 6-7 7-6 6-4. Hallucinant.

Droiture germanique

Aaron Hunt restera dans l'histoire de la Bundesliga. Il ne doit pas cet honneur à son relativement maigre palmarès (2 Coupes d'Allemagne), mais bien à son honnêteté. A la 75e minute de ce Nuremberg-Brême de mars 2014, le milieu brêmois s'écroule dans les 16 mètres après avoir passé son vis-à-vis. Pénalty. A vitesse réelle, beaucoup auraient pris la même décision que l'arbitre. Et bien avant l'apparition de la VAR, l'homme en noir va pourtant revenir en arrière. Grâce à Aaron Hunt!

L'Allemand est venu, de lui-même, expliqué au directeur de jeu qu'il n'avait pas été victime d'une faute mais qu'il avait trébuché. Hunt sera félicité à juste titre par ses adversaires pour son comportement exemplaire.

Et voici des tatouages moches, à ne pas reproduire...

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Et voici des tatouages moches, à ne pas reproduire...
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A Roland-Garros, les pères de Coco Gauff et Stefanos Tsitsipas sont soupçonnés de coaching illicite. Encore traumatisé par les drames familiaux de l'époque, le tennis surveille tout geste déplacé.

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