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Verstappen Hamilton duel

Lewis Hamilton et Max Verstappen ne se gênent plus pour aller au contact, comme ici dimanche au GP d'Italie. Image: Keystone

Entre Hamilton et Verstappen, une escalade de violence

Les deux pilotes se sont encore accrochés (au sens propre) ce week-end à Monza. Le nouvel épisode d'une rivalité qui dure depuis trois ans et ne cesse de croître. Retour en cinq rounds.

Julien Caloz
Julien Caloz



Les prémices du duel

La première empoignade remonte au Grand Prix des Etats-Unis en octobre 2018. Ce jour-là, l'inoxydable Kimi Raïkkonen (39 ans) file vers la victoire. Derrière sa Ferrari, deux pilotes se livrent un duel âpre pour la 2e place: Max Verstappen et Lewis Hamilton.

Race winner Mercedes driver Lewis Hamilton prepares to pour champagne on third placed Red Bull Racing driver Max Verstappen at left as they celebrate on the podium at the Japanese Formula One Grand Prix at the Suzuka Circuit in Suzuka, central Japan, Sunday, Oct. 7, 2018. (AP Photo/Ng Han Guan)

Ils avaient déjà une drôle de façon de partager le champagne. Image: AP

Le Néerlandais (parti de la 18e place sur la grille) est harcelé par le Britannique, en quête de points pour fêter son titre mondial au Texas. Hamilton tente finalement sa chance dans un virage serré, mais ne parvient pas à dépasser Verstappen. Une rivalité est née: elle oppose un surdoué poli et bientôt anobli par la Reine (Hamilton) à un enfant terrible, élevé dans la haine de la défaite (Verstappen). Moteurs, action!

Les premières frictions

Qualifié pour la pole du GP du Mexique un an plus tard, Max Verstappen (Red Bull) est rétrogradé de trois places sur la grille de départ pour ne pas avoir ralenti sous drapeau jaune en Q3. Le jeune talent admet d'abord son erreur, reconnaissant que la règle était «très claire», avant de changer d'état d'esprit et de s'en prendre à Lewis Hamilton, sans le nommer directement.

«La seule chose que je veux dire de mon côté, c'est que j'aurais dû lever le pied bien sûr, mais tout le monde doit faire la même chose. Or, une voiture argentée (ndlr: sous-entendu la Mercedes d'Hamilton) ne l'a pas fait et elle n'a pas pris de pénalité. Ça, ça m'énerve. Mais c'est comme ça, je ne peux pas décider des règles pour les autres pilotes.»

Cette joute verbale trouvera son prolongement sur la piste, puisque les voitures de Lewis Hamilton et de Max Verstappen se toucheront peu après le départ, sans pour autant que les deux pilotes ne terminent hors course.

Un duel au sommet

Le Grand Prix d'Emilie-Romagne 2021 marque un tournant: «dès la 2e course de la saison, le pilote Red Bull montre qu'il est enfin prêt à rivaliser avec le Britannique», relate L'Equipe après le GP, remporté de haute lutte par Verstappen.

Bild

Les deux stars ont parfois été roue contre roue durant la course, mais Max Verstappen a tenu tête à son aîné, l'obligeant à partir à la faute. Sur les onze victoires du Néerlandais, c'est seulement la troisième obtenue juste devant le Britannique. Mais elle annonce un rééquilibre des forces.

La tension monte d'un cran

Cette saison toujours, mais à Silverstone, Verstappen et Hamilton s'accrochent violemment dès le premier tour, la voiture du pilote Red Bull allant s'encastrer dans le mur après une touchette avec celle du Britannique.

Leur affrontement était jusque-là toujours viril, mais correct. Cet épisode, ponctué par la victoire de Lewis Hamilton malgré une pénalité de 10 secondes, ouvre une période de tension et promet de nouvelles étincelles. Surtout après le message de Verstappen publié le même jour depuis son lit d'hôpital.

«Je suis heureux d'aller bien. Et très déçu d'avoir été mis hors-course comme ça. La pénalité qu'a reçue Lewis ne nous aura aidé en rien, et n'est pas à la hauteur du mouvement dangereux de Lewis en piste. Je l'ai vu célébrer sa victoire, alors que j'étais encore à l'hôpital. Quel manque de respect. C'est un comportement anti-sportif. Mais bon, passons à autre chose...»

Une guerre d'egos

Comme d'habitude désormais entre les deux hommes, tout commence par un accrochage sur la piste, puis se poursuit par un échange d'amabilités en coulisses. Mais le choc est cette fois encore plus violent que les précédents. Car sur le circuit de Monza dimanche, la tête d'Hamilton aurait pu être écrasée par la roue arrière de Verstappen sans le halo protégeant le cockpit.

epa09463599 Dutch Formula One driver Max Verstappen (R) of Red Bull Racing collides with British Formula One driver Lewis Hamilton (L) of Mercedes-AMG Petronas during the Formula One Grand Prix of Italy at the Autodromo Nazionale Monza race track in Monza, Italy, 12 September 2021. EPA/MATTEO BAZZI

Image: EPA ANSA

À Silverstone, les commissaires avaient jugé Hamilton coupable et lui avaient infligé 10 secondes de pénalité; à Monza, ils ont cette fois puni Verstappen en le faisant reculer de trois places sur la grille de départ du prochain GP (en Russie).

Une décision qui n'a pas empêché Hamilton de faire un petit commentaire sur l'attitude de son adversaire.

«J'ai vu Max sortir (ndlr: de sa voiture) et passer devant. J'ai trouvé ça un peu surprenant, parce qu'en fin de compte, je pense que lorsque nous sortons et que nous avons un accident, la première chose que l'on veut faire est de s'assurer que le gars que l'on a percuté ou avec qui on est entré en collision va bien.»

Il reste 7 courses à disputer cette saison, et la bataille au sommet du classement fait rage (Verstappen a 226,5 points contre 221,5 pour Hamilton). C'est à la fois beau, car la mythologie du sport se nourrit des grands duels, et inquiétant, parce qu'on ne sait pas très bien jusqu'où les deux stars du paddock sont prêtes à aller pour asseoir leur domination.

Leurs patrons ont d'ailleurs convenu qu'il faudrait rapidement trouver un moyen d'apaiser les esprits.

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