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Les hockeyeurs suisses ont terminé premier de leur groupe aux Mondiaux en Finlande, avec sept victoires en autant de matchs.
Les hockeyeurs suisses ont terminé premier de leur groupe aux Mondiaux en Finlande, avec sept victoires en autant de matchs. image: keystone

«La Suisse championne du monde? C'est l'année ou jamais!»

La Suisse réalise des Mondiaux de hockey sur glace exceptionnels. Elle est l'une des grandes favorites pour le titre. Elle devra continuer sur sa lancée pour battre les Etats-Unis en quarts jeudi, mais devra aussi corriger deux aspects cruciaux.
24.05.2022, 19:27
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7 matchs, 7 victoires. Avec sa victoire ce mardi contre l'Allemagne aux tirs au but (4-3), la Suisse a bouclé la phase de poules des Mondiaux sur un sans-faute.

Aucun drapeau rouge à croix blanche aux balcons ni klaxon dans les rues pour célébrer cette remarquable perf', mais l'effervescence pour cette Nati sur glace monte gentiment dans le pays. Avec une seule question sur toutes les lèvres. Celles – encore imbibées de bière – des clients du café du commerce comme celles des experts: cette équipe peut-elle devenir championne du monde pour la première fois?

«On ne va pas se le cacher, c'est l'année ou jamais», tranche d'entrée Michael Ngoy. Comme beaucoup, l'ex-défenseur international a été impressionné par les hommes de Patrick Fischer:

«C'est une équipe d'enfer! Il y a des buts, du spectacle. Tous les ingrédients sont réunis pour aller au bout. Si la Suisse n'atteignait pas la finale, ce serait une déception»
Michael Ngoy, ex-international suisse

Pas de melon mais un Champignac

L'ancien joueur du LHC, de Gottéron et d'Ambri a été frappé par un aspect très positif en particulier: l'état d'esprit du groupe. «On sent que le vestiaire est très soudé, qu'il y a une alchimie», se réjouit-il. «Des joueurs tels que Timo Meier ou Nico Hischier, qui gagnent pourtant des millions en NHL, n'ont pas du tout la grosse tête et se mettent au service de l'équipe.»

Pour illustrer son constat, l'ex-pro rappelle la fameuse scène qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, où on voit les Helvètes fêter un block de Scherwey comme s'il s'agissait d'un goal.

Le block de Scherwey en vidéo 📺

Paul-André Cadieux a lui aussi apprécié l'attitude des protégés de Patrick Fischer. «Ils ont montré beaucoup de maturité», applaudit l'ex-joueur et entraîneur légendaire.

«Il y a eu un gros changement de mentalité. Désormais, cette équipe est très sereine, elle ne panique jamais, même quand elle était menée 2-0 par la France. On sent qu'elle est sûre de sa valeur»
Paul-André Cadieux, ancien joueur et entraîneur de National League

«C’est la première fois que son potentiel réel est réellement exploité», sourit le journaliste Philippe Ducarroz, dont on a envoyé les coordonnées au jury du Grand prix du maire de Champignac. L'expert en hockey sur glace argumente son envolée lyrique:

«Les leaders de la Nati, issus de la NHL, jouent tous à leur meilleur niveau en même temps. Je n'avais pas vu ça depuis très longtemps.»
Philippe Ducarroz, journaliste

«L'équipe peut aussi s'appuyer sur des joueurs du championnat suisse en confiance et en pleine forme, qui ont disputé la finale des play-off, à l'image de Denis Malgin (réd: meilleur compteur du tournoi avec 5 buts et 7 assists)», complète Yves Sarault, entraîneur du HC Sierre.

Bien plus qu'un Kukan d'un soir.
Bien plus qu'un Kukan d'un soir. image: keystone

Et cet alignement des planètes a des effets concrets dans le jeu suisse. «Les défenseurs attaquent et marquent des buts, à l'image de Dean Kukan (réd: 6 points, dont 2 goals)», s'enthousiasme Paul-André Cadieux. «La Nati a une force de frappe comme rarement dans le passé», appuie Michael Ngoy, rejoint par son ex-coéquipier au Lausanne HC, Florian Conz:

«Les Suisses sont très efficaces, ils font la différence dès qu'ils accélèrent»
Florian Conz, ex-attaquant de National League

Si la Suisse a de loin la meilleure attaque (34 pions), elle est aussi solide défensivement (15 goals encaissés en 7 matchs). C'est le cas notamment en box-play, où elle n'a pris que deux goals en 26 infériorités numériques.

Des Vikings et des animaux blessés

Et heureusement que les Helvètes négocient bien ces périodes avec des hommes de moins sur la glace, parce qu'ils sont trop souvent pénalisés (plus de 12 minutes par match en moyenne).

Paradoxalement, c'est cette envie de bien faire qui pourrait lui jouer des tours. «Les joueurs suisses devront canaliser leur hypermotivation», prévient Paul-André Cadieux.

«C'est bien de vouloir marquer son territoire, mais il ne faut pas trop en faire ni rentrer dans le jeu de la provocation. D'autant plus contre les Etats-Unis, qui aiment utiliser ce registre.»
Paul-André Cadieux

L'ancien coach prend comme exemple la charge inutile de Timo Meier contre le Canada, sanctionnée par une pénalité de cinq minutes, heureusement sans conséquence.

Jamais cool, l'extraction des dents de sagesse.
Jamais cool, l'extraction des dents de sagesse. image; keystone

Evoluer en infériorité numérique, c'est bien sûr prendre le risque d'encaisser un but, quand on connaît l'armada offensive de certains adversaires, mais aussi s'épuiser pour la suite du tournoi. Autre point à corriger pour s'autoriser à rêver du trophée: les trop nombreuses erreurs individuelles en défense. «Peut-être sont-elles dues à la volonté d'accélérer le jeu?», s'interroge Philippe Ducarroz.

Le journaliste voit malgré tout la Suisse comme l'une des grandes favorites pour le titre. «Seule la Finlande a montré un niveau de jeu identique», tranche-t-il. Florian Conz, Yves Sarault et Michael Ngoy placent aussi le pays hôte comme le principal contradicteur de la Nati, avec la Suède. «Ces deux équipes sont très complètes», s'avance Florian Conz. «Et elles savent comment gagner des titres, ce qui manque à la Suisse», pointe Michael Ngoy. L'ancien défenseur ose l'analogie:

«Les Suédois et les Finlandais me font penser à Zurich, ou Berne à l'époque, en National League. Ils n'ont pas besoin d'être brillants dans le tour de qualification pour gagner ensuite dans les matchs décisifs. La Suisse, elle, ressemble à Fribourg-Gottéron: elle domine, mais manque d'expérience et de culture de la gagne dans ces matchs à élimination directe.»
Michael Ngoy

Paul-André Cadieux, lui, se méfie davantage des Nord-américains:

«Le Canada et les Etats-Unis ont de l'orgueil. Ils voudront réagir après leur début de tournoi mitigé»
Paul-André Cadieux

L'animal blessé en sera-t-il d'autant plus dangereux? Réponse jeudi donc, avec ce quart de finale très prometteur entre la Suisse et les Etats-Unis.

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