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Geneve-Servette's General Manager Chris McSorley, left, next to Arnaud Cogne, right, Media Manager of Geneve-Servette HC, adjusts his tie, during the photo session of Swiss ice hockey club Geneve-Servette HC for the season 2017-2018 of National League A (NLA) Swiss Championship, at the ice stadium Les Vernets, in Geneva, Switzerland, Monday, September 4, 2017. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Quand il était le boss, en 2017-2018. Image: KEYSTONE

Le succès de Genève est-il aussi celui de McSorley?

L'ancien entraîneur, manager général, directeur sportif et propriétaire des Vernets, a façonné une partie de l'identité et du contingent grenat actuellement en finale des play-offs contre Zoug (acte II ce mercredi à 19h).

Julien Caloz
Julien Caloz



Chris McSorley a quitté les Vernets il y a un an mais il y est resté si longtemps (19 ans), il y a occupé tant de fonctions (toutes sauf joueur) qu'il est forcément pour quelque chose (mais pour quoi exactement?) dans les excellents résultats actuels de Genève-Servette. «Tout le passé du club fait ce qu'il est aujourd'hui», philosophe Goran Bezina, ex-capitaine des Grenat. «Tu ne crées pas un finaliste du championnat en deux ans. C'est un long processus, appuie Gianluca Mona, ancien gardien genevois. On retrouve la patte de Chris dans les bases de l'équipe, sa colonne vertébrale.»

L'Ontarien de 59 ans a laissé son empreinte dans trois registres au moins, et pas toujours pour de bonnes raisons.

Il a inscrit le fighting spirit dans l'ADN du club

«Cet «esprit de Genève», c'est McSorley qui l'a inculqué», affirme Bezina, évoquant la «combattivité» prônée par l'ancien gourou des Vernets. «Bien sûr, le hockey a évolué mais Genève bénéficie aujourd'hui de cette culture du fighting spirit.» Celle qui incite des leaders comme Tömmernes ou Richard à se coucher devant les pucks adverses. «McSorley a toujours oeuvré dans le sens du collectif: groupe sain, état d'esprit irréprochable. Son travail de longue haleine paie», souligne Florian Conz, Genevois entre 2008 et 2011.

Chris McSorley, centre, entraineur du Geneve-Servette HC, sert les mains de ses deux nouveaux joueurs Gianluca Mona, gauche, et Olivier Keller, droite, a l'issue de la conference de presse du Geneve-Servette HC, ce mercredi 1 juin 2006 a Geneve. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Mona, McSorley et Keller en 2006, quand on avait encore le droit de se toucher les mains. Image: KEYSTONE

Les joueurs du GSHC ne vont jamais seuls au combat. Ils ont toute une armée derrière eux. «Chris a créé un engouement dans cette ville. Il a fait de Genève une cité de hockey et ça lui a pris du temps, rappelle Mona. Son travail a offert de la visibilité au club, il lui a permis de renforcer son mouvement juniors et d'en bénéficier aujourd'hui.»

Les hockeyeurs sont follement aimés par des milliers de supporters. La semaine dernière au retour de Zurich, plusieurs d'entre eux les ont accueillis au milieu de la nuit. «Quand on est joueur, on est sensible à ce genre de choses», relève Florian Conz, finaliste avec les Aigles en 2010.

Il a bien choisi les recrues

«Genève est en finale grâce aux renforts de Chris, constate Olivier Keller, ancien défenseur de la maison grenat. Il a engagé des étrangers (ndlr: comme Omark, Fehr, Winnik ou Tömmernes) très forts individuellement et capables d'encadrer les jeunes.» «Il s'est rarement trompé dans le choix des mercenaires», reconnaît Florian Conz.

En 2018, le Canadien Tanner Richard avait expliqué dans Le Matin que sa venue en Suisse avait été motivée par la présence de son compatriote sur le banc.

«Chris est prêt à tout pour gagner. Son engagement est aussi grand que celui de ses joueurs. Il est capable de tirer le meilleur de moi rien que par l’émotion qu’il met au quotidien»

Tanner Richard

Les «disciples de McSorley» sont éblouissants depuis le début des séries éliminatoires:

L'entraineur genevois Chris McSorley enleve ses lunettes lors du match du championnat suisse de hockey sur glace de National League A, entre le Geneve-Servette HC et le EHC Biel, ce jeudi 12 decembre 2013 a la patinoire des Vernets a Geneve. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)

Le triptyque gagnant du «requin»: lunettes profilées, baguouze clinquante et montre en acier. Image: KEYSTONE

Le technicien nord-américain a aussi contribué à l'essor de plusieurs talents, en investissant chez les juniors élites (deux titres de champion sous son mandat) puis en oeuvrant pour un partenariat avec Sierre, où les meilleurs ont fini de grandir.

Au reste, le staff technique actuellement en place a bénéficié de son expertise: Louis Matte a été son adjoint, Jan Cadieux (assistant) son joueur, Jimmy Omer son chef matériel, Pat Emond le coach des juniors pendant dix ans. «Toutes ces personnes ont beaucoup appris à ses côtés», estime Conz.

Il a libéré les Grenat d'un système de jeu rigide

McSorley est pour beaucoup dans la qualité de jeu développé par les Aigles, et ce n'est pas forcément un compliment pour l'ancien mentor des Vernets. «Avec tout le respect que j'ai pour Chris, son départ a libéré les joueurs du carcan qu'il a imposé pendant des années», remarque Olivier Keller, certain que «l'équipe actuelle ne serait pas en finale si Chris était sur le banc». Il détaille:

«Il avait son système en tête et ne l'a jamais fait évoluer. Pfff... c'était tellement carré: passe défenseur-défenseur puis puck en fond de patinoire. Ensuite, il s'agissait d'aller gratter dans les arrondis et de mettre du trafic devant le but pour fatiguer la défense adverse. On ne pouvait pas sortir de ce schéma, au risque de se faire engueuler. Ce style de hockey n'est pas du tout celui retenu par Pat Emond. Lui privilégie le beau jeu, la fluidité des passes et la vitesse de patinage. »

Olivier Keller, pas vraiment nostalgique.

Gianluca Mona et Florian Conz sont moins rancuniers envers leur ancien entraîneur. Ils estiment tous deux que McSorley a su faire évoluer ses principes tactiques au fil du temps.

🤔 Au fait, qu'en pense-t-il?

On lui a envoyé un SMS avec cette promesse: «On ne te parlera pas de Lugano», le club où il est attendu sur le banc (info Watson). Chris McSorley s'en est amusé, il a rappelé et s'est révélé touché et ému par la question de son héritage au GSHC. Un club qu'il suit toujours de près et auquel il souhaite le meilleur, même si le meilleur sera sans lui: «J'espère qu'il pourra enfin remporter le titre cette saison».

Du Tessin, il observe une continuité dont il est fier. «Durant de nombreuses années, mon staff et moi avons inculqué aux Vernets une culture de la gagne. On attendait de nos gars qu'ils se battent à chaque match, qu'ils soient engagés physiquement.»

Chris McSorley, entraineur en chef du GSHC, pose a la place conducteur du nouveau tram aux couleurs du Geneve-Servette HC lors de la conference de presse d'avant saison du Geneve-Servette HC, GSHC, ce lundi 10 septembre 2012 a Geneve. (KEYSTONE/Yannick Bailly)

McSorley a mis le projet grenat sur les rails. Image: KEYSTONE

Le mérite, in fine, en revient autant à Chris McSorley qu'aux dirigeants en place. Ces derniers ont eu l'intelligence de ne pas tout bouleverser lors de son départ, plaçant le projet au-dessus des hommes, pile où naissent les rêves.

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