DE | FR
Bild

Après avoir déboursé 400 millions d’euros pour racheter les contrats de Neymar (222) et Mbappé (180), le PSG n’aura aucune indemnité à verser à Lionel Messi. Shutterstock

Mercato

Même surpayé ou déprimé, Messi est une affaire en or

En dépit d'un déficit abyssal, le Paris Saint Germain met tout en oeuvre pour engager Lionel Messi, avec la certitude de réussir un grand coup politique et financier. Explications.



L'arrivée imminente de Lionel Messi au Paris Saint-Germain, au prix d'une grande créativité comptable et pour un salaire annuel de 40 millions d’euros, peut paraître insensée en regard de la situation du club, qui anticipe un exercice déficitaire (250 à 300 millions d’euros).

L'opération est également un sacrifice pour Messi, dont le salaire à Barcelone atteignait 74,9 millions d’euros, hors bonus.

Mais l'occasion est unique

A double titre:

Lundi, des centaines de supporters chantaient Messi (qui n'était pas là) dans le quartier d'Auteuil.

Une super affaire

Surtout, pour 40 millions d’euros, «Messi est une aubaine», explique Vincent Caillet, délégué général de l'Union Sport et Cycle, à l’AFP:

«On n’a pas idée du coup exceptionnel que pourrait réaliser le PSG. Avec Messi, on est sur une autre planète, c'est stratosphérique. On parle d’un événement comme il s’en est produit un ou deux dans le football, avec les arrivées de Maradona à Naples ou de Zidane au Real. Messi amène une dimension sportive, financière et diplomatique incomparable. L'opération est très réaliste si l’on tient compte des revenus qu'elle générera. Elle conforte le PSG dans son ambition, son statut, de franchise internationale. Pour moi, Messi est le deuxième étage de la fusée, après dix années de mise en place.»

Forbes classe le PSG parmi les cinquante marques les mieux valorisées du sport professionnel, devant le Real, le Barça, le Bayern ou encore Manchester City. En tant que valeur émergente, Paris revendique un fort attrait auprès des jeunes - d’où son intérêt actuel pour Paul Pogba, l’un des footballeurs les plus suivis au monde sur les réseaux sociaux, également contacté par l'émir.

epa07115434 Manchester United's Paul Pogba during the UEFA Champions League Group H soccer match between Manchester United and Juventus FC held at Old Trafford in Manchester, Britain, 23 September 2018. EPA/PETER POWELL

Paul Pogba, l'autre cible du PSG. Image: EPA

«Ça peut sembler paradoxal vu son âge (34 ans) mais Messi incarne l'avenir, à la fois économique et sportif, du PSG, poursuit Vincent Caillet. Son arrivée associerait trois marques iconiques: Paris, Jordan (l'équipementier du PSG, sous pavillon Nike ) et Messi.»

Au-delà des avantages purement sportifs, c’est pour asseoir sa réputation de nouveau riche internationale que le PSG avait recruté David Beckham et Zlatan Ibrahimovic, avant de s'assurer chèrement la fidélité de Neymar (36 millions d’euros par an) et Mbappé (25).

Messi propulse la fusée dans un autre univers. Son rayonnement socio-économique est sans commune mesure avec celui de ses prédécesseurs au PSG.

Lionel Messi soccer shirts on sale at Barcelona's merchandise store at the Camp Nou stadium in Barcelona, Spain, Thursday, Aug. 5, 2021. Barcelona announced Thursday that Messi will not stay with the club, saying that the Spanish league's financial regulations made it impossible to sign the Argentina star to a new contract. (AP Photo/Joan Monfort)

Lionel Messi pourrait «peser» 300 000 maillots vendus. Image: AP

La proportion ne sera vraisemblablement pas la même au PSG, mais les experts en marketing interrogés par Bloomberg et l’AFP anticipent «une hausse mécanique des revenus additionnels», que ce soit dans la billetterie (même si le Parc des Princes affiche déjà complet), l’hospitalité (tarifs ajustés), la vente de maillots (environ 300 000 pièces supplémentaires), le merchandising (croissance de 15 à 25%), le sponsoring (augmentation des prix de 20 à 30 %), les partenariats à l'étranger (Asie, États-Unis) et les tournées d’été.

Avec le transfert de Messi, Paris ne fait pas que renforcer son attaque: il envoie un signal fort au monde du football et au sport-business en général.

Quels sont les risques?

Jusqu'à sa rupture brutale avec Barcelone, Lionel Messi était l’homme d’un seul club. Il pourrait entacher sa réputation de joueur «normal», sage et loyal, en épousant la culture jet-setteuse du PSG.

Un spécialiste pondère

«Sa relation au Barça semblait fusionnelle mais la fidélité se raréfie dans tous les sports collectifs. Voyez LeBron James en NBA ou Tom Brady en NFL»

«Chez les jeunes, on constate parfois un attachement plus grand au joueur qu'à son organisation»

Jean-Philippe Danglade, directeur de départements à la Kedge Business Schoo, dans L’Equipe

Bild

Les larmes de Messi à l'heure de quitter Barcelone.

À 34 ans, Lionel Messi en a passé plus de vingt au Barça, où tout tournait autour de lui – comme l’Indien tourne autour du feu, parce qu’il est sacré. Les joueurs étaient à sa botte, les dirigeants à ses pieds. Barcelone tout entier gravitait autour de ce petit être étrange, aussi inhibé dans l’exercice oratoire qu’extravagant dans son expression technique. Messi, timide et casanier, peut-il s'adapter à son nouvel environnement?

«Un échec sportif à Paris gâcherait sa fin de carrière et remettrait peut-être en question son statut de présumé meilleur joueur de l'histoire, surtout si Ronaldo termine en beauté. À l'inverse, remporter la Ligue des champions avec le PSG serait un aboutissement exceptionnel»

Jean-Philippe Danglade

Reste la question plus incertaine des accointances et des egos. Neymar avait quitté Barcelone pour s’affranchir de la tutelle de Messi. Ces deux dernières années, il a œuvré activement à la venue de son ami, quand il n’a pas menacé de le rejoindre au Barça. Messi et Neymar peuvent-ils collaborer à nouveau sans prendre ombrage de leur émancipation respective, ni exclure leurs propres coéquipiers?

Bild

Neymar-Messi aimaient beaucoup jouer ensemble.

Plus jeune, mais peut-être plus ambitieux, Mbappé s’imagine en figure iconique du projet parisien, titi dégourdi, enfant de Bondy projeté au sommet de la Tour Eiffel, et postule au statut de meilleur joueur du monde. Autant de talents singuliers peuvent-ils rester sur la même ligne (probablement un 4-3-3, voire un 4-2-3-1), et cohabiter sans heurts?

La fortune de Messi

En septembre 2020, Lionel Messi est devenu le deuxième footballeur de l'histoire (après Cristiano Ronaldo) à dépasser le milliard de dollars de gains en carrière. Dans son dernier recensement, Forbes estime la fortune de l’Argentin à 600 millions de dollars. La prospérité du sextuple Ballon d'Or repose, outre son salaire, sur de nombreux contrats publicitaires (Mastercard, Pepsi Adidas).

Plus d'articles sur le sport

Une fighteuse trans met une rouste à sa rivale et crée la polémique

Link zum Artikel

Petkovic: «La méfiance de l'ASF a été difficile à accepter»

Link zum Artikel

Costaud, un peu fou, la Suisse a son nouveau patron de Coupe Davis

Link zum Artikel

Netflix entretient le mystère autour de Michael Schumacher

Link zum Artikel

Pour les sportifs, un petit joint ne fera bientôt plus de mal

Link zum Artikel

Berne était le Bayern du hockey, désormais il ressemble à Ajoie

Link zum Artikel

La Nati est virée du jeu FIFA, mais qui la pleure vraiment?

Link zum Artikel

Roger Federer réussit un coup de maître avec son entrée en bourse

Link zum Artikel

Young Boys a épaté tout le monde, à commencer par lui-même

Link zum Artikel

Novak Djokovic a dû attendre de perdre pour être aimé du public

Link zum Artikel

Née qu'avec 8 doigts, Francesca Jones est une pépite du tennis

Link zum Artikel

Lausanne-Sion? Laissez tomber, voici les cinq vrais derbys romands

Link zum Artikel

Les Suisses cartonnent en contre-la-montre, depuis un sacré temps

Link zum Artikel

Yann Sommer est le chouchou des Suisses et voici pourquoi

Link zum Artikel

Il distribuait des beignes mais au fond, il n'était pas si méchant

Link zum Artikel

Les supporters ont-ils attrapé la grosse tête?

Link zum Artikel
Montrer tous les articles

Mercato

Grealish, Lukaku, Kane, Mbappé... Des affaires en or grâce à la crise

Cet été, les transferts dans le football se négocient à des niveaux rarement atteints. L'assouplissement du fair-play financier, en raison du Covid, profite aux clubs riches (et vice-versa).

L'idée de l'UEFA part d'une bonne intention: aider les clubs à surmonter la crise en édictant des règles plus souples. Entre autres allègements, le nouveau fair-play financier permet d'étaler les pertes dans la durée, donc d'augmenter le niveau d'endettement. L'adéquation entre les dépenses et les recettes n'est plus une priorité. Résultat: C'est open bar, ou presque, pour les clubs fortunés. Exemptés provisoirement de tout équilibre budgétaire, les émirs, oligarques et autres …

Lire l’article
Link zum Artikel