Le Népal bat un record qui risque de faire des morts sur l'Everest
Dès 2500 mètres d'altitude, les symptômes du mal des montagnes, comprenant maux de tête, vertiges et palpitations cardiaques, peuvent apparaître. Dans le pire des cas, cet état peut s'aggraver en œdème cérébral de haute altitude. Pour ce dernier, une carence prolongée en oxygène fait augmenter la pression intracrânienne et provoque une accumulation de liquide dans les tissus. Cette complication peut être fatale.
Chaque année, des centaines de personnes s'exposent à des altitudes dépassant 8000 mètres. Elles tentent de gravir l'Everest, le plus haut sommet du monde. En 2026, selon les autorités népalaises, un nombre record de permis d'escalade a été accordé. Des dizaines de ces alpinistes se sont ainsi retrouvés bloqués à des altitudes dangereuses, juste avant le camp numéro trois, à environ 8300 mètres, dans un véritable embouteillage.
Une saison perturbée et déjà mortelle
La vidéo d'un guide de montagne népalais montre des dizaines d'alpinistes contraints d'attendre dans ce que l'on appelle la «zone de la mort» (réd: l'altitude à partir de laquelle l'oxygène est trop rare pour que le corps humain puisse s'acclimater, même avec un équipement adapté) avant de pouvoir poursuivre leur ascension vers le sommet.
Voici la vidéo 👇
Pour ce pays d'Asie du Sud, le tourisme d'alpinisme représente une activité lucrative et économiquement importante. L'année dernière, le tarif des permis a été relevé de 11 000 dollars américains à 15 000 (de 8600 à 11 700 francs) pour l'ascension par la voie sud jusqu'au sommet.
L’augmentation du nombre de permis n’est pas la seule explication à la multiplication des embouteillages. La saison d'escalade de l'Everest a débuté cette année avec un retard considérable. Un sérac, un grand bloc de glace formé par la fracturation d'un glacier, avait obstrué l'itinéraire au niveau de la cascade de glace du Khumbu. En raison de ce phénomène, un effondrement était redouté dans ce secteur glaciaire déjà techniquement très exigeant, et l'itinéraire n'avait pas encore été ouvert. Normalement, la voie est accessible à partir de la mi-avril.
Au cours de la saison actuelle, deux alpinistes népalais ont déjà perdu la vie. Ces accidents témoignent de la dangerosité des ascensions de l'Everest.
(ats/hde)
