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Un fan de Newcastle brandit une liasse de billets après le rachat des Saoudiens.
Un fan de Newcastle brandit une liasse de billets après le rachat des Saoudiens.

Newcastle se rêve en nouveau riche du foot, mais il a encore du boulot

Le club anglais est devenu cet automne le plus riche du monde en étant repris par un fond d'investissement saoudien. Un statut qui tranche avec la réalité sportive très difficile que vit le club depuis quelques années.
12.01.2022, 11:4316.01.2022, 01:59
Jonathan Amorim
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Club emblématique de Premier League, fondé en 1892 et auréolé de quatre championnats et six Coupes d'Angleterre, Newcastle United est actuellement avant-dernier du classement. Il traverse une période compliquée qui dure depuis longtemps. Racheté par un fond d'investissement saoudien en octobre dernier, il est pourtant devenu mathématiquement le club le plus riche du monde, ce qui pourrait lui permettre de retrouver sa gloire d'antan.

Cette nouvelle perspective emballe les supporters des Magpies. Comme Christian Bavaud, Vaudois de 48 ans et supporter du club depuis plus de 25 ans :

«Je supporte Newcastle United depuis mon séjour à Londres pour apprendre l'anglais dans les années 90. C'était le grand Newcastle, celui de Keegan et Ginola. Depuis, je me rends entre six et sept fois par an en Angleterre pour supporter le club. Je me suis fait des amis sur place que je retrouve à chaque déplacement. L'arrivée des Saoudiens, pour nous, c'est surtout un soulagement car il signifie également le départ de Mike Ashley (ndlr : l'ancien propriétaire) et la fin de sa politique sportive minimaliste, qui nous a amené où nous sommes, c'est à dire au fond du classement.»
Christian Bavaud (à droite) avec son ami Alan Taylor lors d'un match à Villa Park contre Aston Villa
Christian Bavaud (à droite) avec son ami Alan Taylor lors d'un match à Villa Park contre Aston Villa

L'ancien président du FC Ependes (30 ans au service du club!) enchaine en affirmant que l'identité et la nationalité du nouvel acquéreur importe peu, tant que la nouvelle gestion se veut intelligente et ambitieuse. Un sentiment qui serait partagé par l'ensemble de la Toon Army (ndlr: les supporters de Newcastle United).

Newcastle, une ville, un club

Pour comprendre la Toon Army, il faut comprendre Newcastle : une ville du nord-est de l'Angleterre incarnée par sa forte communauté ouvrière. Un sentiment puissant d'appartenance et de fierté lie les habitants au club de football. Une situation similaire chez les voisins et rivaux de Sunderland, bien illustrée dans la série populaire à succès de Netflix, Sunderland 'Til I Die:

«Même si on n'apprécie pas Sunderland, on se reconnait dans la série car le caractère social des deux villes, et donc des supporters des deux clubs, est similaire. On peut s'identifier à eux. En plus de la dimension sociale, il faut ajouter le fait que Newcastle et Sunderland sont deux villes qui ne possèdent qu'un seul club, donc tous les habitants portent les mêmes couleurs.»
Christian Bavaud

Si Sunderland a eu droit à sa petite série Netflix, Newcastle United a connu ses heures de gloires cinématographiques bien avant, grâce au film Goal, sorti en 2005. Notre supporter vaudois s'en souvient: «Ce film a popularisé Newcastle au niveau mondial. Certains joueurs en parlent encore comme Callum Wilson, qui a affirmé avoir signé au club en repensant au film. D'ailleurs, on compte à présent dans nos rangs un joueur mexicain avec quasiment le même nom que le protagoniste du film, c'est assez drôle.»

Si le film trace le parcours d'un jeune footballeur mexicain qui atterrit à Newcastle en provenance de Californie, il met également en lumière la passion des habitants de la ville pour leur club. Une identification unique que l'on ne retrouve pas, par exemple, à Manchester, Liverpool ou Londres, des villes dans lesquels plusieurs clubs professionnels cohabitent.

Les supporters de Newcastle lors de l'officialisation de la reprise de leur club. De l'humour british certainement.
Les supporters de Newcastle lors de l'officialisation de la reprise de leur club. De l'humour british certainement. keystone

Le retour du grand Newcastle ?

Newcastle a construit son palmarès il y a longtemps, très longtemps. Le dernier succès en championnat remonte à 1927, la dernière Coupe à 1955. Toutefois, les Magpies ont également connu une belle période, dans les années 90.

Emmené sur le banc par Kevin Keegan et sur le terrain par des joueurs comme David Ginola ou Alan Shearer, Newcastle retrouve le haut du classement et l'Europe dès 1994 : «Je suis tombé amoureux du club à cette période. L'équipe jouait bien, je me suis rendu sur place et j'ai découvert une ville animée et des gens très chaleureux. Tout le paradoxe de la Grande-Bretagne: plus on monte, plus on va au nord, plus les gens sont sympathiques», se remémore Christian Bavaud.

Alan Shearer devant la <em>Toon Army</em> dans les années 90
Alan Shearer devant la Toon Army dans les années 90 keystone

Ces dernière années, c'est moins sympathique pour Newcastle, plutôt habitué au fond du classement. Les supporters mettent en cause la gestion du club de l'ancien propriétaire Mike Ashley. Christian Bavaud :

«Il a géré le club comme son entreprise (ndlr: Sports Direct, des magasins de vente d'articles de sport): en coupant dans les dépenses et avec une gestion minimaliste. En fait, il essayait juste d'éviter la relégation pour toucher les primes des droits TV et faire un coup sur le marché des transferts de temps en temps, comme avec Yohan Cabaye en 2014, qu'il a vendu au PSG pour 20 millions d'euros. Certains supporters s'en sont lassés et se sont éloignés de leur club de cœur. Son départ est une véritable délivrance.»

Une délivrance qui engendre également de l'espoir, mais toujours de manière mesurée. Les fans de Newcastle, contrairement à la planète foot qui voit déjà débarquer de grands noms à St James Park, gardent la tête sur les épaules: «Il va falloir du temps pour revenir au plus haut niveau. Même si l'on descend cette année, ce ne sera pas catastrophique. Je pense que le plan des nouveaux dirigeants repose sur le long terme. Avec le recrutement de Kieran Trippier, on ressent déjà une stratégie réfléchie car c'est un profil dont on avait besoin. C'est ce que les supporters veulent: des investissements sains et intelligents. On n'a pas besoin, pour le moment en tout cas, d'un Kylian Mbappé. Et de toute façon, il ne viendrait pas, on est avant-derniers!»

Quel visage pour le futur Newcastle United ?

Kieran Trippier, 31 ans, est donc la première recrue officielle de Newcastle depuis sa reprise. L'Anglais est arrivé en provenance de l'Atlético de Madrid.

En cette période de mercato, les rumeurs sont incessantes autour du nouveau riche du nord-est de l'Angleterre. On entend tout et surtout n'importe quoi. Certaines pistes paraissent plus crédibles que d'autres. Transfermarkt s'est par ailleurs amusé à imaginer la potentielle nouvelle équipe de Newcastle après le mercato hivernal:

Pas de Haaland, pas de Mbappé ou encore de Lionel Messi mais des joueurs solides qui sont soit en perte de temps de jeu ailleurs, soit à la recherche d'un nouveau défi.

On pourrait assister à une reconstruction étape par étape, à l'image de ce qu'a vécu le PSG ou Manchester City au début de leur nouvelle ère respective. C'est le rêve de Christian Bavaud, et de tous ses potes du nord-est du pays qui, depuis des années, soutiennent leur équipe malgré des résultats décevants.

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