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Pékin 2022

Pas de Conseil fédéral aux JO: «C'est la solution de facilité»

Le Conseil fédéral ne se rendra pas à Pékin pour les Jeux olympiques, officiellement à cause du Covid-19. Même si la raison est considérée comme un prétexte, cette décision ravit les détracteurs de la Chine.
26.01.2022, 17:0526.01.2022, 20:50
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Le Conseil fédéral a tranché: il n'enverra aucun de ses représentants aux Jeux olympiques de Pékin. Comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, pour ne citer qu'eux. Mais la raison, officielle du moins, n'est pas la même que celle de ces deux pays qui boycottent le gouvernement chinois pour sa politique envers les minorités, ouïghoure notamment.

La Suisse, elle, invoque la pandémie de Covid-19:

«En raison de la situation sanitaire incertaine en Suisse et des mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus en Chine qui empêchent les rencontres bilatérales substantielles et les contacts avec les athlètes suisses, le Conseil fédéral a décidé de renoncer à se rendre aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2022 de Pékin»
Communiqué du Conseil fédéral

La solution «la plus facile»

Pour Nicolas Walder, conseiller national genevois (Les Verts), aucun doute: la situation sanitaire est un prétexte. «Il y avait un véritable malaise pour le gouvernement suisse de se rendre à Pékin», s'avance le politicien. «A court terme, il a choisi la solution la plus facile: d'un côté, la Suisse risquait de subir des conséquences politiques de la Chine si elle boycottait les JO. De l'autre, elle aurait pu écorner son image en s'y rendant, et, du coup, en cautionnant ce régime.»

Le Genevois, qui militait pour le boycott, est malgré tout satisfait:

«J'aurais préféré que la Suisse condamne officiellement, plutôt que de prétexter le Covid-19. Mais il y a seulement 10 jours, le Conseil fédéral disait vouloir aller aux JO, alors ce revirement est une très bonne nouvelle. Parce qu'on ne peut pas cautionner le régime de Pékin»
Nicolas Walder, conseiller national genevois (Les Verts)

Soulagement politique

Philippe Leuba, conseiller d'Etat vaudois (PLR), porte un tout autre regard. «Le Covid-19 n'est pas une excuse», tranche-t-il. «Le Conseil fédéral avait clairement et publiquement dit qu'il ne boycotterait pas les Jeux.»

Le politicien vaudois s'était clairement prononcé contre un boycott. Il arguait, notamment, dans l'émission «Forum» de la RTS du 25 janvier, que la présence de la Suisse à Pékin et la possibilité qui en découle de «discuter avec tout le monde» est «ce qu’il peut se faire de mieux pour les droits de l’homme et la paix dans le monde» de la part d'un pays neutre.

Philippe Leuba l'avoue, il aurait été «très déçu» si le Conseil fédéral ne se rendait pas aux JO pour des raisons politiques. Mais il estime l'argumentation sanitaire totalement légitime:

«Je comprends ces raisons, parfaitement objectives. Avec les mesures sanitaires à Pékin, c'est très compliqué d'avoir des relations diplomatiques sur place»
Philippe Leuba, conseiller d'Etat vaudois (PLR)

A tel point que le Vaudois n'ira, lui-même, finalement pas dans la capitale chinoise avant les Jeux, comme c'était pourtant prévu. «Il faut faire trois jours de quarantaine dans une chambre d'hôtel et l'accès aux zones communes du bâtiment est interdit», explique-t-il. Il enchaîne: «Je suis allé aux JO de Tokyo l'été passé, c'était déjà très contraignant. A Pékin, c'est encore pire».

Philippe Leuba doit se rendre dans la capitale chinoise en mai prochain pour la session du Comité international olympique (CIO), mais sa présence «est encore très incertaine» pour les mêmes raisons.

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