DE | FR
La soirée dédiée aux fortes poitrines dans le Jura vaudois ne passe pas. Les jeunes organisateurs font marche arrière.
La soirée dédiée aux fortes poitrines dans le Jura vaudois ne passe pas. Les jeunes organisateurs font marche arrière.Image: Shutterstock

Le bad buzz d'une soirée vaudoise «gratuite pour les grosses poitrines»

Une soirée baptisée «Meules» aura lieu samedi à Molondin, localité du Jura nord vaudois située à 15 km d'Yverdon. L'affiche de cette 8e édition ne passe pas du tout. Elle a été retirée.
21.10.2021, 16:1021.10.2021, 18:06

Les températures se sont bien rafraîchies ces derniers jours. Mais le week-end prochain, à l'occasion de la huitième édition de sa traditionnelle soirée annuelle baptisée Meules, la société de jeunesse de Molondin a commandé du chaud. Et, comme d'habitude, elle voulait du monde au balcon. L'affiche de l'évènement rappelle que l'entrée est gratuite pour les «poitrines proéminentes» (sic).

Indignation générale

Les réactions outrées ont fusé. Des mouvements féministes à la Jeunesse socialiste vaudoise, en passant par la présidente du Conseil d'Etat vaudois, cette affiche sexiste a suscité des réactions d'indignation. «Non! Sérieux?», s'est offusquée Nuria Gorrite sur Instagram.

Humour d'un autre temps

«Le but, c'est de rire et faire la fête. Dans notre esprit, il n'a jamais été question de discriminer qui que ce soit», a tenté de dédramatiser Nelly Pittet, la présidente de la jeunesse de Molondin complètement dépassée par ce «bad buzz». Vice-présidente et responsable médias de la Fédération vaudoise des jeunesses campagnardes, Lucie Theurillat constate que des choses considérées comme de l'humour il y a encore quelques années ne passent plus aujourd'hui. «Il faut en prendre compte», admet-elle.

«Ce message est gênant et insultant pour les femmes qui, comme moi, participent à ces fêtes de jeunesse. Il est en plus super old school, rétrograde et ringard. Je condamne cette objectification du corps de la femme»
Géraldine Dubuisprésidente du Centre de liaison des associations féminines vaudoises

Même message depuis 2012

Preuve d'un changement radical des mentalités, le message qui a suscité autant d'indignation est reconduit annuellement sans que personne ne trouve rien à y redire. Le temps de la fête, avec l'afflux des jeunes des villages environnants, Molondin, 250 âmes, voyait sa population doubler. Lors de la première édition, en 2012, on pouvait lire ceci dans la réclame de cette soirée festive: «Et vive vive vive les gros nichons! Les paires de seins, comme du melon! En pomme, en poire, ovale ou rond, faut du volume sous l'téton (...) Les boilles sont à l'honneur cette année à Molondin. Entrée: 5.- / Gratuit pour poitrines proéminentes».

Depuis, le même message a toujours été seriné par les jeunes organisateurs. Mais, comme dirait l'autre, «le temps d'avant, c'est le temps d'avant...» La jeunesse campagnarde l'a tellement bien compris que samedi, les poitrines proéminentes devront, finalement, passer à la caisse. (apn)

Un quartier d'Yverdon-les-Bains transformé en ZAD

1 / 8
Un quartier d'Yverdon-les-Bains transformé en ZAD
source: sda / jean-christophe bott
Share on FacebookShare on TwitterShare via WhatsApp

C'est quoi un homme déconstruit ?

Plus d'article sur l'égalité femmes-hommes

Des stars comme Gigi Hadid et Dua Lipa dénoncent la nouvelle loi texane

Link zum Artikel

En matière de boulot, l'homme demeure toujours le premier choix

Link zum Artikel

50 ans du suffrage féminin, ça se fête au Parlement fédéral

Link zum Artikel

De la minijupe à la burqa, les femmes en Afghanistan

Link zum Artikel
«Ces métiers veulent un meilleur salaire, mais aussi de la reconnaissance»
L'initiative pour des soins infirmiers forts a été largement acceptée. Le secteur sera désormais davantage valorisé. Mais le bâtiment, la restauration ou encore l'agriculture sont autant de branches qui ont aussi besoin de plus de considération. Enrico Borelli, syndicaliste à Unia, répond à nos questions.

C'était attendu, ça s'est produit. Un grand «oui» a surgi des urnes dimanche dernier 28 novembre pour l'initiative sur les soins infirmiers, qui demandait à inscrire dans la Constitution une réglementation des salaires et aux cantons de garantir un nombre suffisant de diplômés et mettre en place une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Le secteur des soins souffre effectivement de conditions de travail critiques, mais ce n'est pas le seul. Enrico Borelli, syndicaliste à Unia, nous livre son analyse.

L’article