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Ici ce sont des manifestants en faveur de la levée des mesures anti-Covid qui manifestaient à Genève
Ici ce sont des manifestants en faveur de la levée des mesures anti-Covid qui manifestaient à Genève Image: sda

La colère des vaccinés pourrait exploser en cas de nouvelles restrictions

Des experts fédéraux s'attendent à des protestations de la part des personnes vaccinées contre le Covid-19 si de nouvelles restrictions devaient être prises. C'est ce que nous montre un document interne.
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04.08.2021, 05:5504.08.2021, 16:40
sven altermatt / ch media

Ils ont scandé «Ensemble pour la liberté et les droits fondamentaux» ou encore «Mon corps, mes règles.» Samedi, des milliers de personnes ont à nouveau défilé à Lucerne pour manifester contre les restrictions liées au Covid-19 et la campagne de vaccination. Ils étaient 600 à Genève.

Les manifestants ont notamment accusé Berne de vouloir indirectement créer une société à deux vitesses avec les vaccinations.

48,2 % de la population suisse est entièrement vaccinée.
48,2 % de la population suisse est entièrement vaccinée.Image: keystone

Jusqu'à présent, ce sont surtout les personnes sceptiques du Covid-19 ou les antivax qui descendaient dans la rue. Cependant, il se pourrait qu'un autre motif provoque des soulèvements: le mécontentement des personnes vaccinées. Les experts s'attendent à une augmentation du nombre de cas en automne, et peut-être aussi à une nouvelle hausse de l'occupation des hôpitaux.

Crainte pour cet automne

C’est aussi l’avis du Service sanitaire coordonné (SSC), qui joue un rôle central dans la gestion des crises au niveau fédéral. Ces experts surveillent les soins de santé à l'échelle nationale et gardent un œil sur l'utilisation des lits d'hôpitaux. Et leurs jugements ont du poids.

Dans une évaluation interne de la situation, mis à la disposition de CH Media, le SSC dresse un tableau saisissant:

  • D'une part, le variant Delta, plus contagieux, s'est propagé plus rapidement en Suisse qu'on ne le pensait.
  • D'autre part, moins de personnes ont été vaccinées par rapport à ce qui était prévu initialement.

Dans ces conditions, il sera «très difficile d'empêcher une nouvelle augmentation de l'occupation des hôpitaux due au Covid-19 en automne.»

Si ce scenario devait se confirmer, de nouvelles mesures sanitaires deviendraient à nouveau nécessaires. Ce qui impliquerait de nouvelles restrictions dans la vie publique. Des confinements sont également mentionnés explicitement. Et cela pourrait «à son tour conduire à de nouvelles protestations, cette fois-ci de la part des personnes vaccinées», selon l'évaluation de la situation actuelle. Le document date de la semaine dernière.

Pénaliser les non-vaccinés

Les propos des experts fédéraux conduisent à des questions d'une importance fondamentale:

  • Les restrictions éventuelles doivent-elles concerner uniquement les personnes qui n'ont pas été vaccinées?
  • Faut-il mieux protéger les libertés de ceux qui ont été vaccinés et de ceux qui ont guéri? D'autant que le risque d'infection est moindre.

Lukas Engelberger: «Quand il fera plus frais dehors, nous verrons si nous sommes en bonne posture».
Lukas Engelberger: «Quand il fera plus frais dehors, nous verrons si nous sommes en bonne posture».Image: keystone

Les autorités et les politiciens de tous bords discutent actuellement des mesures à prendre pour l'automne 2021. Lukas Engelberger, membre du gouvernement du canton de Bâle et président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, estime qu'il est tout à fait possible que les mesures se renforcent à nouveau. Ceci afin d'éviter une surcharge du système de santé. «Quand il fera plus frais dehors, nous verrons si nous sommes en bonne posture», a expliqué Engelberger dans le Sonntagszeitung.

Il reste à voir quels inconvénients les non-vaccinés devraient alors accepter. Ce week-end, le président Guy Parmelin s'est demandé publiquement si les tests Covid-19 devaient rester gratuits une fois que tous ceux qui veulent être vaccinés l'auront été. Il est probable que le certificat Covid devienne obligatoire dans d'autres lieux, si le nombre d'hospitalisations augmente.

Le conseiller national PRD Philippe Nantermod s'est récemment exprimé sans détours.
Le conseiller national PRD Philippe Nantermod s'est récemment exprimé sans détours.Image: keystone

Les trois catégories de personnes - guéries, vaccinées et testées - sont actuellement sur un pied d'égalité. Les déclarations des politiciens montrent cependant que ce constat peut changer. Le conseiller national PRD Philippe Nantermod s'est récemment exprimé sans détours. En cas de nouvelle vague, les personnes qui ne sont pas vaccinées devront accepter des restrictions, du moins au début, a-t-il déclaré à ce journal. «Et non les personnes qui ont été vaccinées».

Des restrictions uniquement pour les personnes non vaccinées

Récemment, Lorenz Hess, membre du Conseil national du Centre, a lui aussi évoqué un possible renforcement des restrictions en cas de nouvelle augmentation des chiffres:

«Le fait que seules les personnes guéries et vaccinées aient accès aux grands événements pourrait devenir un problème. Le risque, c'est que les tests deviennent la nouvelle vaccination, et ce n'est pas juste»

En réalité, de tels débats existent déjà au sein de l'administration fédérale. Dans son évaluation interne de la situation, le Service sanitaire coordonné (SSC) fait référence aux chaînes de transmission lors de grands événements. Les visiteurs testés pourraient être infectés même après avoir reçu le certificat Covid, d'autant plus que le variant Delta est plus facile à transmettre et qu'un résultat de test négatif est valable jusqu'à 72 heures.

Les experts suggèrent ainsi, qu'au moins pour les grands événements, l'admission soit limitée aux personnes vaccinées et guéries. En d'autres termes, il n’y aurait plus que deux catégories de personnes au lieu de trois. (bzbasel.ch)

Article traduit de l'allemand par Anne Castella

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