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Guy Parmelin (à g.), président de la Confédération, et Lukas Engelberger, président des ministres de la Santé des cantons, ne sont pas d'accord sur la stratégie nationale sur le Covid.
Guy Parmelin (à g.), président de la Confédération, et Lukas Engelberger, président des ministres de la Santé des cantons, ne sont pas d'accord sur la stratégie nationale sur le Covid.source: keystone/shutterstock

Toi! Non, toi! La Confédération et les cantons se renvoient la balle

Dans une lettre, le conseiller fédéral Guy Parmelin met une forte pression sur les cantons. Ceux-ci estiment, en revanche, que la Confédération doit en faire plus.
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26.11.2021, 09:1926.11.2021, 10:55

Le fédéralisme, en Suisse, semble avoir atteint ses limites face à la hausse rapide du nombre de cas. Malgré une situation critique, divers appels de la part des scientifiques et des confinements à l'étranger, le Conseil fédéral ne veut toujours pas entendre parler d'un durcissement des mesures Covid à l'échelle nationale. La raison est simple: la situation épidémiologique est très différente d'un canton à l'autre.

C'est ce qu'a écrit le conseiller fédéral Guy Parmelin dans une lettre de quatre pages adressée aux cantons. Mais le Conseil fédéral y demande également de «prendre rapidement des mesures». La lettre a été envoyée mercredi et signée par le président de la Confédération et le chancelier Walter Turnherr.

Que demande le Conseil fédéral aux cantons?

Selon Guy Parmelin, les cantons doivent à nouveau se préparer à une charge très élevée pour le système de santé. Concrètement, ils devraient impliquer dans le traitement des patients Covid:

«Les hôpitaux privés, les anesthésistes indépendants et les spécialistes des centres de chirurgie ambulatoire.»

En outre, il faudrait maintenant que les cantons se préparent au report des opérations non urgentes.

Quand est-ce que le Conseil fédéral compte intervenir?

De son côté, le gouvernement n'enverra en consultation de nouvelles mesures à l'échelle nationale que lorsque les cantons auront pris toutes les mesures nécessaires et qu'ils auront épuisé, à leur niveau, les possibilités d'enrayer l'évolution négative de la pandémie.

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Les cantons ne sont pas d'accord avec la stratégie fédérale

Les cantons ont une autre vision de la situation. Les directeurs de la santé, qui tenaient aujourd'hui leur assemblée plénière, ont réagi à la lettre de Guy Parmelin.

Guido Graf.
Guido Graf.Image: sda

Ils ont renvoyé la responsabilité au Conseil fédéral. Ils organisent déjà la vaccination, élaborent des concepts de protection et introduisent des mesures comme le port obligatoire du masque. Ils ont suffisamment à faire. Guido Graf, directeur de la santé et des affaires sociales du canton de Lucerne, a déclaré au Tages-Anzeiger:

«J'ai parfois l'impression que le Conseil fédéral voit là un virus cantonal. J'aurais souhaité que la Confédération en fasse plus»

Selon la Conférence suisse des directeurs de la Santé (CDS), seules des mesures au niveau national pourraient empêcher une surcharge du système de santé. En raison de la dynamique actuelle de la situation épidémiologique, il faut s'attendre à:

  • Une nouvelle augmentation des hospitalisations.
  • Une charge croissante des unités de soins intensifs.

De nombreux cantons ont adopté, ces jours-ci, des réglementations visant à renforcer la protection contre les infections, et d'autres décisions suivront.

Et si on devait porter le masque à vie? Décryptage en vidéo.

Vidéo: watson

Qu'est-ce que les cantons demandent au Conseil fédéral?

Si les cantons sont déterminés à assumer leurs responsabilités, mais ont appelé le Conseil fédéral à prendre également, de son côté, les mesures nécessaires pour maîtriser la situation problématique au niveau fédéral dans toute la Suisse.

En effet, l'expérience de l'année dernière montre que des mesures cantonales différentes ne sont guère comprises par la population en cas d'évolution défavorable à l'échelle nationale.

De quoi pourrait-il s'agir?

  • D'une extension nationale de l'obligation de porter un masque, en premier lieu à l'intérieur des bâtiments.
  • D'une augmentation du télétravail.
  • De restrictions de capacité ou d'exigences plus strictes en matière de concepts de protection.

Quand est-ce que la limite sera atteinte?

La CDS a également pointé le fait que les capacités de soins intensifs dans les hôpitaux ne peuvent pas être augmentées à volonté. Certes, le nombre de lits a été continuellement augmenté au cours des dix dernières années, mais une forte augmentation à court terme, comme celle du printemps 2020, n'est plus possible. Cela s'explique notamment par le fait que le personnel est déjà fortement sollicité depuis très longtemps, ce qui entraîne des signes d'usure et des absences.

Et, la solution pour sortir de la crise est-elle toujours la même?

Outre un taux de vaccination plus élevé et les mesures de protection, les rappels de vaccination sont un moyen important de garantir le bon fonctionnement du système de santé. De nombreux cantons seront en mesure de commencer la vaccination de rappel pour toutes les personnes de moins de 65 ans avant la fin de l'année. Ils dépendent, pour cela:

  • D'une recommandation claire et rapide de la Commission fédérale pour les vaccinations
  • D'un nombre suffisant de doses de vaccin.

Le Conseil fédéral n'a pas encore réagi à la réponse des directeurs de la santé. Le suspense devrait donc rester entier. (adapté de l'allemand par jah/dfr/ats)

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source: keystone / jean-christophe bott
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